Depuis la guerre froide, on a toujours su que des têtes nucléaires étaient disponibles et opérationnelles en Europe, sous couvert de l'administration de l'OTAN, et donc des américains. En dehors de la France, (merci au Général) qui s'en était extraite du commandement, pour développer sa propre dissuasion, plusieurs pays membres ont accepté d'héberger non seulement des contingents militaires américains sur leurs territoires, (plus particulièrement l'Allemagne qui contrairement aux autres, n'avait pas le choix du fait que cela était acquis dans l'armistice de 1945) mais aussi une capacité de lancement missile ou d'embarquement en bombardier de bombes nucléaires. Mais l'OTAN n'a jamais admit l'existence de ces capacités. Même quand Kennedy a accepter le retrait de ces nouveaux missiles moyennes portées de Turquie, pour désamorcer la crise de Cuba (oui, ça aussi on ne vous l'apprend pas à l'école pour se prémunir du dogme que cette confrontation, c'est bien l'URSS qui l'avait emporté et non les USA). Ce qui d'ailleurs fut en partie l'une des raisons de la haine profonde de certains conservateurs envers lui, considérant qu'il avait faiblit contre l'ennemi et sans doute l'une des raisons de la motivations de son "élimination".
Si à l'époque, le contexte géopolitique pouvait justifier cette stratégie, la chute de l'Union Soviétique aurait du normalement mettre un terme a l'existence de cette organisation. Mais évidemment, on a trouver d'autres ennemis pour garder l'OTAN en l'état, et ainsi permettre aux USA de garder son hégémonie militaire et son influence sur l'unité coalisée européenne. Au point de réussir a faire revenir la France (merci Sarkozy) dans le commandement et ainsi pouvoir avoir un peu d'ascendance sur les gaulois réfractaires. On avait même imaginé dans les années 90 pouvoir y intégrer la Russie, du fait qu'elle était en pleine déconfiture après l'effondrement de l'empire, et du démantèlement de l'union soviétique. Mais c'était évidemment sans compté l'arrivée de Poutine au pouvoir en 2000 qui a finalement remit la Russie dans un autre chemin que la soumission au monde unipolaire occidentale. Et de ce fait, permettre de reposer l'argument d'une "possible menace russe" sur le monde occidental. Justifiant finalement que l'OTAN était de nouveau "nécessaire".
Mais voilas, là ou l'OTAN a toujours nié la présence de ces bombes, un sénateur canadien a fait la bourde du siècle.
Dans le document “A new era for nuclear deterrence ? Modernisation, arms control and Alien nuclear forces”, publié par le sénateur canadien Joseph Day pour le compte du Comité Défense et Sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le “secret” a été révélé. À travers la fonction “copié-collé”, le sénateur a par mégarde reporté dans son document le paragraphe suivant (numéro 5), extrait d’un rapport OTAN réservé :
“Dans le contexte OTAN, les États-Unis ont déployé dans des positions avancées en Europe environ 150 armes nucléaires, spécifiquement les bombes de gravità B61. Ces bombes sont stockées dans six bases étasuniennes et européennes – Kleine Brogel en Belgique, Buchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Voikel en Hollande et Incirlik en Turquie.
Dans l’hypothétique scénario où elles seraient nécessaires, les bombes B61 peuvent être transportées par des avions USA ou européens à double capacité”.
Le problème c'est que ce sénateur n'a fait que levé le voile sur ce que l'on appel "le partage nucléaire", une politique sous gestion de l'OTAN mais évidemment américaine, puisque étant le seul pays de l'OTAN à fournir, et géré ce déploiement. En novembre 2009, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie détenaient toujours des armes nucléaires américaines dans le cadre de la politique de partage nucléaire de l'OTAN. Le Canada a accueilli des armes jusqu'en 1984, et la Grèce sur la base aérienne d'Araxos jusqu'en 2001. Le Royaume-Uni a également reçu des armes nucléaires tactiques américaines telles que de l'artillerie nucléaire et des missiles Lance jusqu'en 1992 principalement déployés en Allemagne de l'Ouest, bien que le Royaume-Uni soit déjà une puissance nucléaire.
En temps de paix, les armes nucléaires stockées dans les pays non nucléaires sont gardées par des hommes de l'United States Air Force bien que précédemment certains systèmes d'artillerie et de missiles ont été gardés par des soldats de l'United States Army. Les codes du dispositif de sécurité et d'armement requis pour les armer restent sous contrôle américain. En cas de guerre, les armes doivent être installées sur les avions de guerre des pays participants. Les armes sont sous la garde et le contrôle d'escadron logistiques de l'US Air Force co-situées sur les bases principales de l'OTAN et travaillant en coopération avec les forces de la nation hôte6.
En 2005, 180 des 480 bombes nucléaires tactiques B61 américaines soupçonnés d'être déployées en Europe relèvent de l'entente sur le partage nucléaire. Les armes sont entreposées dans des hangars à avion renforcés à l'intérieur d'abri utilisant le Weapon Storage and Security System (en) de l'US Air Force. Les avions utilisés pour déployer ces armes sont des F-16 et des Panavia Tornado.
NDL : Concernant la Turquie, on sait que des têtes nucléaires ont été déplacée en Roumanie, suite à la tentative de coup d'état de 2016, du fait que l'instabilité naissante et le revers politique d'Erdogan pouvait mettre en péril l'intégrité de la base militaire américaine qui au moment des faits, avait été mise en alerte maximum du fait de manifestants qui s'étaient amassés aux portes de la bases. Mais depuis, on ne sait pas si cette base américaine n'a pas acquise de nouvelles têtes nucléaires plus récentes. A noté également, que suite à l'instabilité au moyen orient du fait de la guerre en Syrie et de l'Etat Islamique, dans lesquelles ce sont engagées des intérêts conflictuels entre occidentaux et alliés de la Syrie (Russie, Iran et Chine) l'Arabie Saoudite c'est vu prêter 7 bombes en accord avec leurs alliés américains via le fournisseur, pakistanais.
https://www.mondialisation.ca/gaffe-nucleaire-de-lotan/5635966
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