mardi 12 février 2019

MANIPULATION

Dans l’après-midi, on apprend que celui qui a tagué « juif » sur des véhicules stationnés sur les avenues du Général-Clavery et Dode-de-la-Brunerie, un homme âgé de 73 ans, a été pris en flagrant délit la veille au soir. C’était en réalité la quatrième tentative d’un couple de septuagénaires (dont la femme est de confession juive), de se faire passer pour victime d’antisémitisme afin de changer de HLM…

En effet, le couple se rend une première fois au commissariat de police en juillet 2014 pour signaler la présence de croix gammées sur sa boîte aux lettres, sur son palier et sur la porte de son logement situé dans un immeuble de la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). En août, ils portent plainte pour dénoncer les mêmes faits. En décembre, de nouvelles inscriptions sont retrouvées dans le HLM : des croix gammées et des inscriptions « sale juif ». Et encore le mois suivant, en janvier 2015. Quand la police prend en flagrant délit l’auteur des tags « juif » sur les voitures, les enquêteurs comparent l’écriture avec celle des précédents « graffitis antisémites », notamment les tags retrouvés sur les murs et la boîte aux lettres de l’immeuble. Une source proche du dossier rapporte alors : « Ça commençait à faire beaucoup. Plusieurs personnes ont été interrogées et des tests d’écriture ont été réalisés… C’est là que les policiers ont estimé qu’il y avait quelque chose de vraiment bizarre dans cette histoire. Autre coïncidence, le couple B. a indiqué qu’il était parti un moment de son logement pour se protéger. Pendant cette période, il n’y a eu aucune inscription. Les policiers étaient convaincus que c’était lui, mais il leur manquait une preuve. Avec ce flagrant délit, ils ne pouvaient être mieux servis. […] Le couple voulait changer de logement. On ne sait pas pourquoi car il vivait à deux dans 59 m². Il avait fait deux demandes à la RIVP qui ont été refusées. Il s’agissait peut-être d’une stratégie pour obtenir gain de cause. » (Metronews, 10 février 2015)

Une question reste en suspend : les quatre plaintes précédant le flagrant délit ont-elles été comptabilisées dans les chiffres de l’antisémitisme en France ?

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