La question en France de l'ethnicité des émeutiers et pilleurs ne repose que sur des analyses de témoins, de professionnels qui ne peuvent évidemment pas prouver statistiquement et en chiffre leurs témoignages, tant cette pratique est souvent interdite, voir dénoncé lorsque des procédés d'entrecoupements et de croisements de données connues et fiables.
Mais chez les américains, il y a un intérêt a connaitre les risques possibles dans des pays comme la France lorsque des désordres et chaos sociétaux apparaissent.
Il y a donc des acteurs de l'informations qui sont en charge d'analyser en détail des données autant provenant des réseaux sociaux, que des vidéos, tant certaines sociétés ont des outils très puissant qui permettent ce genre de recherche. L'une d'entre elle, vous la connaissez : Palantir !
Une société comme Palantir Technologies possède techniquement les capacités nécessaires pour réaliser une analyse statistique des émeutes, des pillages et des personnes impliquées en France, y compris en croisant des données susceptibles de faire apparaître des origines ethniques ou géographiques.
Il faut cependant distinguer trois choses :
La capacité technique : Palantir peut agréger et croiser des bases de données très volumineuses.
La disponibilité des données : il faut que les autorités américaines disposent de données suffisamment précises et exploitables.
La légalité et la méthodologie : produire une statistique ethnique fiable n'est pas la même chose que déduire une origine à partir d'un nom, d'une nationalité ou d'une photographie.
Et surtout, l'interdiction française de certaines statistiques ethniques ne signifie absolument pas qu'une entreprise américaine serait techniquement incapable de les produire.
1. Pourquoi Palantir en serait capable
Les deux plateformes principales sont particulièrement adaptées à ce type de travail :
Palantir Gotham : conçue notamment pour les services de renseignement, la sécurité et l'analyse de relations entre personnes, événements et organisations.
Palantir Foundry : permet de réunir des données provenant de systèmes différents, de les structurer et de réaliser des analyses statistiques, géographiques et chronologiques.
Concrètement, on pourrait imaginer le croisement de plusieurs catégories de données :
Sources potentielles | Informations exploitables |
|---|
Police et gendarmerie | Interpellations, lieux, dates, qualifications |
Justice | Poursuites, condamnations, décisions judiciaires |
Données démographiques | Nationalité, pays de naissance, âge |
Réseaux sociaux | Publications, groupes, appels à rassemblement |
Vidéosurveillance | Identification éventuelle, déplacements, chronologie |
Données géographiques | Quartiers, zones de pillage, lieux de confrontation |
Palantir présente officiellement ses outils comme capables de connecter des données de formats et de sources variés, y compris des flux vidéo, puis d'effectuer des analyses géospatiales et temporelles.
2. La France interdit-elle réellement ces statistiques ?
Il faut apporter une nuance juridique importante.
La France ne prohibe pas toute étude statistique sur les origines. Elle interdit notamment les traitements de données personnelles révélant directement ou indirectement l'origine raciale ou ethnique, sous réserve des exceptions prévues par la loi et le RGPD.
L'article 6 de la loi Informatique et Libertés et l'article 9 du RGPD encadrent ces traitements.
L'INSEE précise notamment que des études sur la diversité des origines peuvent être conduites avec des variables objectives, comme :
le pays de naissance ;
la nationalité antérieure ;
l'origine géographique des parents ;
le ressenti d'appartenance, dans certaines enquêtes.
Ces études sont encadrées et soumises à des obligations de protection et d'anonymisation. Ce qui fait que ces outils permettent de bloquer toutes tentations d'établir des données ethniques précises sur des individus, tant cela serait contré par des organismes civils ou institutionnels.
La distinction est donc essentielle : une étude démographique des origines n'est pas équivalente à un fichier policier classant les individus selon leur origine ethnique.
3. Un élément particulièrement intéressant : Palantir travaille déjà avec la DGSI française
C'est un fait documenté.
La DGSI utilise Palantir depuis 2016. Le ministère de l'Intérieur a confirmé, dans une réponse publiée au Sénat le 14 mai 2026, que le contrat avait encore été renouvelé dans l'attente d'une solution technologique souveraine française.
Le ministère apporte toutefois une précision importante : les données sont hébergées dans les infrastructures françaises et Palantir ne dispose pas d'accès à leur contenu.
Cela démontre deux choses :
Les autorités françaises utilisent déjà cette technologie pour analyser des données sensibles et volumineuses.
La présence du logiciel Palantir ne signifie pas que l'entreprise possède ou consulte librement les données traitées.
4. Les autorités américaines pourraient-elles commander une étude sur les émeutes françaises ?
Oui, plusieurs scénarios sont techniquement envisageables.
Scénario A — Analyse de données publiques
Techniquement réalisable
Exploitation des comptes rendus judiciaires, statistiques publiques, articles de presse, images et publications sur les réseaux sociaux.
Scénario B — Analyse de données commerciales
Techniquement réalisable sous conditions
Croisement avec des données géographiques, démographiques et certaines données commerciales légalement accessibles.
Scénario C — Accès aux fichiers policiers français
Accès non automatique
Nécessiterait une transmission, une coopération ou un autre fondement juridique. Les États-Unis ne disposent pas d'un accès général aux fichiers de la police française.
Scénario D — Profilage ethnique des personnes interpellées
Méthodologie délicate
Des estimations pourraient être produites à partir de variables indirectes, mais elles ne constitueraient pas nécessairement une identification fiable de l'origine ethnique.
5. Ce qu'une telle étude pourrait réellement mesurer
Imaginons une étude portant sur les émeutes et pillages en France en 2023, ou sur des événements plus récents.
Elle pourrait chercher à établir :
Indicateur | Possibilité d'analyse |
|---|
Âge des personnes interpellées | Oui |
Sexe | Oui, si renseigné |
Nationalité | Oui, si disponible |
Pays de naissance | Oui, si disponible |
Origine des parents | Seulement si documentée |
Répartition géographique | Oui |
Origine ethnique déclarée | Sous conditions juridiques strictes |
Origine ethnique supposée par IA | Estimation très contestable |
Il faudrait également distinguer les personnes interpellées, les personnes poursuivies et celles condamnées. Ce ne sont pas les mêmes populations.
6. Une dernière distinction fondamentale : capacité et existence d'une étude
Il faut éviter de confondre trois affirmations :
Palantir possède la technologie pour effectuer ce travail : oui.
Les autorités américaines pourraient commander une telle étude à partir de données légalement accessibles : oui.
Les autorités américaines ont effectivement commandé ou réalisé une étude ethnique des émeutes françaises : je n'ai pas de preuve documentaire permettant de l'affirmer.
Le fait que les États-Unis disposent de capacités d'analyse de données et de renseignement ne prouve pas qu'une étude particulière existe.