Une accumulation de révélations sur les défaillances de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), conduit à une forte pression politique et médiatique.
Dans les faits :
- Des témoignages de jeunes placés décrivant des violences physiques, psychologiques ou sexuelles, des fugues, des placements successifs et un manque de suivi.
- La prostitution de mineurs issus de l'ASE, sujet particulièrement médiatisé après plusieurs enquêtes journalistiques. Des associations estiment que plusieurs milliers de mineurs pris en charge sont exposés à l'exploitation sexuelle, notamment via les réseaux sociaux.
- Une pénurie chronique de personnel, avec des dizaines de milliers de postes vacants selon les rapports parlementaires, entraînant un suivi insuffisant des enfants.
- Des disparités importantes entre départements, puisque l'ASE est gérée par les conseils départementaux, ce qui entraîne des niveaux de prise en charge très variables.
- Des difficultés à contrôler les antécédents des personnes travaillant auprès des enfants, ce qui a conduit le gouvernement à proposer un renforcement des contrôles judiciaires.
Cette succession de révélations a conduit le gouvernement à présenter un projet de loi sur la protection de l'enfance, examiné à partir de juillet 2026. Parmi les mesures annoncées figurent notamment :
- un contrôle renforcé des antécédents judiciaires des professionnels ;
- une meilleure coordination entre les services de l'État, les départements et la justice ;
- un renforcement de la prévention et du suivi des enfants placés.
Pourquoi parle-t-on d'une « crise de l'ASE » ?
Les rapports parlementaires et ceux du Sénat dressent un constat très sévère :
- près de 400 000 mineurs et jeunes majeurs sont suivis ou pris en charge ;
- les dépenses des départements dépassent 11 milliards d'euros par an ;
- malgré cette hausse des moyens depuis vingt ans, les indicateurs de qualité se sont dégradés ;
- les établissements peinent à recruter et à conserver leurs professionnels.
Le Sénat évoque ainsi une politique publique « en crise » nécessitant une profonde réorganisation.
Y a-t-il un événement déclencheur ?
Il n'y a pas, à ce stade, une seule affaire comparable à un scandale judiciaire isolé. La médiatisation actuelle résulte plutôt de la convergence :
- d'enquêtes journalistiques,
- de rapports parlementaires très critiques,
- de témoignages d'anciens enfants placés,
- et du débat sur le nouveau projet de loi consacré à la protection de l'enfance.