COMMUNIQUÉ DE PIERRE BARNERIAS
Fin de parcours et mise au point
Après 36 années de journalisme, j’ai fait le choix de mettre un terme à cette activité. Cette décision marque la fin d’un long parcours professionnel. Mais avant de tourner définitivement cette page, il m’apparaît indispensable d’apporter plusieurs précisions sur des événements qui ont profondément marqué ma vie publique depuis la diffusion du documentaire Hold-Up en 2020. Depuis plus de six ans, mon nom est régulièrement associé dans certains médias aux termes de « complotiste » ou de « conspirationniste », souvent sans contradiction, sans échange direct, et bien souvent sans même que je sois contacté avant publication. À de rares exceptions près, je n’ai pratiquement jamais eu l’occasion de répondre publiquement à cette mécanique de disqualification devenue, au fil du temps, une forme d’évidence médiatique autoalimentée. Je tiens donc aujourd’hui à rétablir plusieurs faits.
Rectification concernant certaines publications en ligne, notamment Wikipédia
Je souhaite revenir sur certaines affirmations diffusées en ligne, notamment sur ma page Wikipédia, créée le jour même de la sortie de Hold-Up. On peut notamment y lire qu’au cours du procès engagé par le Professeur Karine Lacombe, j’aurais été « incapable d’étayer mes dires » et que j’aurais « reconnu une confusion avec une homonyme ». Je conteste formellement cette présentation. Je n’ai jamais tenu les propos qui me sont attribués dans cette formulation. Ce qui a été dit à l’audience relève d’un tout autre cadre que celui qui a été ensuite résumé et simplifié dans certaines publications en ligne. Depuis plusieurs années, j’ai tenté, directement ou par l’intermédiaire de personnes travaillant avec moi, de corriger un certain nombre d’informations me concernant sur des plateformes collaboratives comme Wikipédia. Ces démarches se heurtent à une logique simple : seules les sources déjà relayées par des médias dits “reconnus” sont généralement considérées comme recevables pour modifier un contenu. Dans les faits, cela conduit à une situation où une information contestée ne peut être corrigée que si elle est déjà reprise ailleurs, alors même que c’est précisément cette reprise initiale qui pose problème. Je constate donc une difficulté structurelle à faire évoluer des contenus une fois qu’ils ont été installés dans l’espace public, même lorsqu’ils ne correspondent pas fidèlement aux faits.
Ce qu’a réellement jugé le tribunal dans l’affaire Hold-Up
Contrairement à ce qui a bien souvent été affirmé, la justice n’a jamais condamné Hold-Up comme film « complotiste ».
Une seule plainte a été déposée contre le documentaire. Celle du Professeur Karine Lacombe, portant sur cinq passages précis du film. Le tribunal correctionnel de Paris m’a relaxé ainsi que Martine Wonner et Christian Perronne sur quatre de ces cinq passages. Ces passages ont été considérés comme relevant du débat d’intérêt général, de l’expression d’opinions ou d’appréciations critiques dans le contexte de la gestion de la crise sanitaire. Le seul passage ayant donné lieu à condamnation concernait une affirmation relative au montant des liens financiers entre le Professeur Karine Lacombe et l’industrie pharmaceutique. Le tribunal n’a pas jugé que ces liens étaient inexistants. Il a estimé que les éléments disponibles au moment de la diffusion ne permettaient pas d’affirmer ce montant avec un degré de certitude suffisant et qu’une formulation plus prudente aurait dû être employée. Autrement dit, la condamnation porte sur un défaut de prudence dans une séquence précise d’un documentaire de 2h43, et non sur une entreprise globale de désinformation. Par ailleurs, certaines vérifications ultérieures ont montré que l’identifiant RPPS du Professeur Karine Lacombe correspondait bien à l’un de ceux utilisés dans les documents du film, et que les ordres de grandeur évoqués étaient proches de données publiquement accessibles.
Concernant le traitement médiatique et le rôle de Conspiracy Watch
Il convient également de replacer certains éléments dans leur contexte. Le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt, a été entendu comme témoin par la partie civile afin d’éclairer le tribunal sur son analyse du film. À la barre, il a décrit Hold-Up comme relevant d’une rhétorique complotiste, évoquant notamment un « millefeuille argumentatif » mêlant faits exacts et interprétations discutables, produisant selon lui un effet global de suspicion. Il a également présenté une lecture structurée autour d’un schéma qu’il qualifie de complotiste, incluant l’idée d’un système associant acteurs publics et intérêts privés. Ces éléments relèvent de son appréciation en tant que témoin, mais ne constituent pas une qualification retenue par le tribunal. La décision de justice ne reprend à aucun moment ces catégories dans sa motivation. Elle se limite à l’examen des passages visés par la plainte. Dans le prolongement du procès, certaines publications, notamment issues de Conspiracy Watch et relayées dans l’espace médiatique, ont pu laisser penser que la justice validait une lecture globale du film comme œuvre « complotiste ». Cette interprétation repose en réalité sur des analyses exprimées à la barre et non sur les motifs du jugement.
Conclusion
Je ne cherche ni validation, ni approbation de mes positions. Ce n’est pas le sujet. Ce que je refuse, en revanche, c’est d’être discrédité depuis plus de six ans sur la base de lectures biaisées, de citations tronquées et de récits reconstruits autour de ce qui a réellement été dit et jugé. Ce processus a eu des conséquences concrètes sur mon travail et sur ma capacité à exercer librement. Aujourd’hui, la seule manière pour moi de continuer à publier et à relayer mon travail sans subir ce filtre permanent, c’est de le faire via ma plateforme : https://citizen-v.com� C’est un espace où je peux diffuser mes contenus sans être systématiquement réduit à des étiquettes ou des lectures préfabriquées, et sans que chaque publication soit immédiatement recontextualisée ou discréditée avant même d’être lue.