Afin de vous évitez de vous farcir les 500 pages, voici ce qui est peut être le plus important, c'est à dire en conséquence des auditions et de la commission, les propositions du président et les recommandations du rapporteur
LISTE DES PROPOSTIONS DU PRESIDENT
Proposition n° 1 : Définir explicitement dans la loi la notion d'impartialité
applicable à l'audiovisuel public, assortie d'obligations précises et vérifiables, et
préciser que cette impartialité se décline concrètement à travers deux notions : la
neutralité des agents et le pluralisme interne.
Bruno Lasserre en a donné une première définition : « l’obligation de se mettre à
distance des partis pris, des préjugés, des opinions de chacun pour donner à voir
tous les points de vue, toutes les sensibilités. Un devoir individuel de s’arracher à
ses propres appartenances, préjugés, convictions ou opinions qui forgent une
personnalité pour retranscrire les faits dans leur exactitude, distinguer les faits des
commentaires, et sur les débats que les faits peuvent engendrer, donner à voir toutes
les sensibilités. »
Proposition n° 2 : Inscrire explicitement dans le cahier des charges de chaque
société nationale de programme un rappel de l'obligation de neutralité pesant sur
l'ensemble des collaborateurs, assorti de mécanismes de contrôle interne renforcés.
Proposition n° 3 : Renforcer les chartes et durcir les règles relatives à l’utilisation
des réseaux sociaux par les salariés de l’audiovisuel public en distinguant les
comptes professionnels (mention des fonctions professionnelles, utilisation du logo
de l’entreprise) et les comptes personnels qui ne sont pas soumis aux mêmes
exigences de neutralité.
Proposition n° 4 : Généraliser les formations obligatoires et périodiques à la
déontologie et aux règles de traitement de l'information pour l'ensemble des
personnels journalistiques et éditoriaux du service public.
Proposition n° 5 : Renforcer la fiabilité des chaînes de validation éditoriale,
notamment sur les éléments diffusés à l'antenne, en instaurant une double validation
systématique.
Proposition n° 6 : Formaliser, au sein de chaque rédaction, les procédures
applicables aux invitations de personnalités politiques et publiques.
Proposition n° 7 : Prendre en compte le statut des personnalités publiques dans
l’évaluation du pluralisme : lorsqu'un chroniqueur ou un invité a exercé des
fonctions électives ou assumé un engagement politique actif, cette circonstance doit
être prise en compte dans le décompte des temps de parole. La jurisprudence du
Conseil d'État est claire et le législateur doit la suivre en posant des critères objectifs.
Proposition n° 8 : Mentionner systématiquement à l’antenne les mandats électifs
passés ou actuels des invités
Proposition n° 9 : Préciser dans la loi les notions de pluralisme interne et de
pluralisme externe, en établissant clairement que le pluralisme interne constitue une
obligation renforcée pour le service public audiovisuel tout en s'imposant, selon des
modalités adaptées, à l'ensemble des éditeurs audiovisuels, publics comme privés.
Proposition n° 10 : Réformer l’évaluation du pluralisme par l’Arcom en
l’articulant autour de trois principes :
• Une règle de principe claire et lisible, applicable à tous les éditeurs audiovisuels,
établissant les grands équilibres à respecter ;
• Une capacité d'appréciation au cas par cas, exercée par l'Arcom sur la base d'une
grille et d'une méthodologie transparentes et publiées ;
• Une procédure de recours effective permettant aux parties prenantes de contester
les décisions du régulateur.
Proposition n° 11 : Garantir la transparence en publiant mensuellement, par chaque
éditeur audiovisuel, la liste des invités politiques et des thèmes abordés, dans un
format accessible au public, afin de renforcer le contrôle citoyen.
Proposition n° 12 : Refondre en profondeur les comités d'éthique des entreprises
de l'audiovisuel public tout en renforçant leurs moyens humains et financiers à la
hauteur de leurs missions. Il faut donner, pour chaque rédaction du service public,
un pouvoir d’auto-saisine au comité, afin qu’il examine précisément chaque
manquement et que ses avis soient rendus publics. Ils doivent produire des rapports
annuels détaillés, présentés aux conseils d’administration et rendus publics,
comportant une analyse substantielle des saisines traitées, des avis rendus et des
suites données. Leurs membres doivent bénéficier de garanties d'indépendance
renforcées et d'une protection contre les pressions internes.
Proposition n° 13 : Créer une procédure de saisine en urgence de l’ARCOM, un
mécanisme de référé “médiatique” permettant, en cas de manquement grave et
manifeste aux obligations des règles relatives à l’impartialité, à la neutralité et au
pluralisme de l’information, d'obtenir une décision rapide ordonnant des mesures
correctrices.
Cette procédure se déroulerait en trois étapes :
1. Saisine de l'Arcom, qui pourrait également s'auto-saisir (comme la loi le lui
permet déjà) ;
2. Consultation et avis du comité d'éthique et de pluralisme de l'information de
l'entreprise concernée ;
3. Décision du collège de l'Arcom dans un délai de huit jours.
Proposition n° 14 : Doter l’Arcom d’un pouvoir d’enquête sur pièces et sur place
pour constater le fonctionnement et l’indépendance des rédactions.
Proposition n° 15 : Revoir les critères de nomination des membres du collège de
l'Arcom préciser ces critères dans la loi afin de garantir la présence, au sein du
collège, de profils diversifiés et dotés d'une expertise reconnue dans les domaines
relevant de la compétence du régulateur. Le modèle de l'Ofcom britannique, dont
les membres sont recrutés par une procédure de recrutement ouverte sur la base de
leurs compétences, offre une piste intéressante.
Proposition n° 16 : Créer une procédure de liaison formalisée, prévoyant la
transmission systématique des avis des comités d'éthique à l'Arcom et la saisine des
comités d'éthique par l'Arcom en amont de ses décisions.
Proposition n° 17 : Confier aux conseils d'administration des entreprises de
l'audiovisuel public le pouvoir de nommer les présidents-directeurs généraux,
comme c'est la pratique dans la plupart des grandes entreprises, après avis des
commissions chargées des affaires culturelles des assemblées. Cette solution
présente l'avantage de professionnaliser la procédure de nomination, de l'affranchir
du calendrier politique et de responsabiliser les administrateurs.
Proposition n° 18 : Revoir la composition des conseils d’administration pour
renforcer le nombre et le poids des personnalités indépendantes et qualifiées.
Proposition n° 19 : S'inspirer du modèle de la HATVP, instauré par les lois de 2013
sur la transparence de la vie publique, pour créer au sein des entreprises de
l'audiovisuel public des procédures formalisées de déclaration d'intérêts et de
déport. Tout salarié de l’audiovisuel public ayant exercé un mandat électif ou des
fonctions politiques devrait faire l'objet d'une procédure de déclaration d'intérêts,
sur le modèle de ce qui existe pour les hauts fonctionnaires et les responsables
publics depuis 2013. Les salariés de l'audiovisuel public qui ont un engagement
politique actif seraient également soumis à cette procédure afin de prévenir tout
risque de conflits d’intérêts et éviter qu’ils n’utilisent les moyens de l’entreprise au
service de leur mandat électif.
Proposition n°20 : Imposer aux salariés de l’audiovisuel public ayant un mandat
électif de demander des décharges et des autorisations d’absence non rémunérées,
comme le prévoit la loi, lorsque le mandat politique est exercé sur le temps de
travail.
Proposition n° 21 : Faire contrôler par la HATVP les passages des cadres dirigeants
de l’audiovisuel public vers les entreprises privées (sociétés de production,
audiovisuel privé) à l’instar des hauts fonctionnaires et des responsables politiques.
Prévoir des clauses de non-concurrence dans les contrats de travail. Renforcer les
procédures de déport.
Proposition n°22 : Renforcer les procédures de déport pour les salariés des sociétés
de production recrutés par l’audiovisuel public.
Proposition n° 23 : Limiter le cumul d’activités autorisé pour les incarnations de
l’audiovisuel public et renforcer les exigences de neutralité et d’impartialité.
Proposition n°24 : Encadrer et limiter le cumul d’activités autorisé pour les salariés
à temps plein de l’audiovisuel public.
Proposition n° 25 : Interdire aux salariés de l’audiovisuel public à temps plein de
gérer ou de travailler pour une société de production qui contractualise avec
l’audiovisuel public.
Proposition n° 26 : Fusionner les entreprises de l’audiovisuel public pour permettre
un choc de gouvernance, avec un conseil d'administration réformé, des directions
opérationnelles organisées par missions plutôt que par canaux (information,
éducation, culture, divertissement, sport, création, etc.), et des garanties statutaires
renforcées pour les rédactions.
Cette approche par missions permettrait de dépasser les cloisonnements
institutionnels qui entravent aujourd'hui la coopération entre France Télévisions,
Radio France, France Médias Monde et l'INA.
Proposition n° 27 : Voter une loi de programmation pluriannuelle de l’audiovisuel
public afin de donner de la visibilité aux entreprises, de sanctuariser leur budget et
de garantir leur indépendance.
Proposition n°28 : Sanctuariser les budgets dédiés aux programmes, aux contenus,
à l’information et aux offres éditoriales.
Proposition n°29 : Exiger de l’État la finalisation et la présentation des contrats
d’objectifs et de moyens au Parlement avant l’été.
Proposition n°30 : Mettre en place, tous les 5 ans, un contrôle par la Cour des
Comptes des entreprises de l’audiovisuel public et le rendre public avant le
renouvellement des mandats des dirigeants.
Proposition n° 31 : Mettre en œuvre, dans les plus brefs délais, l’ensemble des
recommandations de la Cour des comptes relatives à la maîtrise de la masse salariale
et à la rationalisation des avantages annexes. Ces recommandations, formulées de
longue date, doivent enfin être appliquées.
Proposition n° 32 : Publier annuellement, par les entreprises de l'audiovisuel
public, un rapport détaillé sur leurs pratiques de rémunération, incluant les écarts
entre les plus hautes et les plus basses rémunérations, les éléments de rémunération
variable et les avantages en nature. Ce rapport devrait être soumis à l'examen de la
Cour des comptes et des commissions parlementaires compétentes.
Proposition n° 33 : Renforcer le contrôle de la politique d'achat de programmes,
notamment par la mise en place d'une comptabilité analytique permettant de
connaître le coût réel de chaque programme et de comparer systématiquement les
coûts de la production interne et de la production externe. Cette recommandation,
restée lettre morte, devrait être mise en œuvre sans délai.
Proposition n° 34 : Renforcer les règles de déontologie pour les salariés concernés
par les achats de programmes et assurer la traçabilité des décisions d’achat.
Proposition n° 35 : Renforcer la production interne des magazines d'information
et, a minima, garantir que les responsables éditoriaux de ces magazines soient
salariés de France Télévisions.
Proposition n° 36 : Étendre les compétences de l'Arcom aux contenus publiés par
les entreprises de l'audiovisuel public sur l'ensemble de leurs plateformes
numériques, y compris les réseaux sociaux.
Proposition n° 37 : Fixer, par l’Arcom, des règles spécifiques relatives à
l’utilisation des réseaux sociaux par les journalistes, en distinguant clairement
l’expression institutionnelle, soumise aux mêmes obligations d’impartialité que
l’antenne, de l’expression personnelle, relevant de la liberté d’opinion mais
encadrée par un devoir de réserve compatible avec les fonctions exercées.
Proposition n° 38 : Faire de la plateforme france.tv le cœur de la stratégie
numérique du service public. Avec ses quarante millions de visiteurs mensuels, elle
constitue un actif numérique considérable, mais cette plateforme fonctionne encore
largement comme un complément de la diffusion linéaire
Proposition n° 39 : Inscrire explicitement l’éducation aux médias parmi les
missions fondamentales de l’audiovisuel public, dans la loi comme dans ses cahiers
des charges.
Proposition n° 40 : En attendant la fusion, demander aux entreprises de
l’audiovisuel public de bâtir une stratégie conjointe d’éducation aux médias et de la
mettre en œuvre dans le cadre d’une coopération renforcée.
LISTE DES RECOMMANDATIONS DU RAPPORTEUR
Recommandation n° 1 (sociétés de l’audiovisuel public) : Appliquer
effectivement aux salariés de l'audiovisuel public l’obligation de neutralité
prévue par l'article 1er de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des
principes de la République, y compris sur les réseaux sociaux. À l'instar des
magistrats ou des enseignants, dont les expressions publiques à caractère
politique sont susceptibles de sanctions disciplinaires au titre du devoir de
réserve, les salariés participant à l'exécution d'un service public audiovisuel
financé par le contribuable ne sauraient bénéficier d'une immunité de fait que
la loi ne leur reconnaît pas. Les directions définissent, en concertation avec
l'Arcom, un cadre déontologique contraignant encadrant l'expression
publique de leurs salariés, assorti de sanctions disciplinaires graduées et
publiées.
Recommandation n° 2 : supprimer France TV Slash dont les contenus
militants sont incompatibles avec les missions du service public audiovisuel.
Toute offre numérique à destination des jeunes adultes devra être réintégrée
dans le périmètre éditorial des antennes existantes, sous le contrôle effectif de
l'Arcom.
Recommandation n° 3 : Inscrire dans le règlement intérieur de chaque
opérateur de l'audiovisuel public une grille de sanctions internes graduées et
publiées en cas de manquement aux exigences de neutralité, d'impartialité et
au devoir de réserve hors antenne, applicable à l'ensemble des salariés
participant à l'exécution du service public au sens de la loi du 24 août 2021.
Recommandation n° 4 : Instaurer un devoir de réserve renforcé applicable aux
présentateurs, animateurs-producteurs et décideurs éditoriaux de premier
plan de l'audiovisuel public, comprenant des obligations déontologiques
spécifiques sur les réseaux sociaux.
Recommandation n° 5 (Parlement) : Préciser dans la loi du 30 septembre 1986
la notion de « diversité de la société française » en la définissant sur le
fondement de critères objectifs, diversité des opinions, des sensibilités
politiques, des territoires et des milieux sociaux, à l'exclusion de tout critère
d'origine ethnique ou de couleur de peau, incompatibles avec le principe
constitutionnel d'égalité de traitement.
Recommandation n° 6 (France Télévisions) : Intégrer systématiquement, dans
tous les contrats de production signés par France Télévisions, une clause
d’éthique incluant une exigence de neutralité et d’impartialité pour tous les
salariés visibles à l’antenne.
Recommandation n° 7 (sociétés de l’audiovisuel public) : Revoir la composition
et les modes de désignation des membres des comités d’éthique pour que ceuxci soient véritablement indépendants. Cela peut passer par des nominations
échappant au conseil d’administration, éventuellement sur proposition
parlementaire, et par un renforcement des règles pour écarter au préalable les
conflits d’intérêts et interdire les nominations de personnalités proches des
dirigeants de l’entreprise.
Recommandation n° 8 (Parlement) : Étendre la compétence du comité relatif
à l’honnêteté, à l’indépendance et au pluralisme de l’information et des
programmes aux prises de position publiques des dirigeants et salariés de
l’audiovisuel public.
Après le premier alinéa de l’article 30-8 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre
1986 relative à la liberté de communication, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Le comité mentionné au premier alinéa du présent article est compétent pour
se prononcer sur la compatibilité des déclarations publiques de tout salarié
d’une des sociétés mentionnées aux articles 44 et 45 de la présente loi au regard
de ses obligations de neutralité. »
Recommandation n° 9 (Radio France) : Assurer la publicité des saisines du
comité relatif à l’honnêteté, à l’indépendance et au pluralisme de l’information
et des programmes effectuées par un parlementaire et des réponses qui y sont
apportées.
À la deuxième phrase du premier alinéa de l’article 30-8 de la loi n° 86-1067
du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, après la seconde
occurrence du mot : « personne », sont insérés les mots :
« Les saisines effectuées par un député ou un sénateur sont rendues publiques
sur le site internet de Radio France, qui communique à leur sujet de sorte à en
informer toute personne suivant son activité. Les suites qui y ont été données par
le comité d’éthique, dont la réponse écrite apportée à la saisine, font l’objet de la
même publicité et de la même communication. »
Recommandation n° 10 (sociétés de l’audiovisuel public et Parlement) :
Étudier l’opportunité de fusionner les fonctions de médiation et les comités
d’éthique afin de simplifier les relations avec les spectateurs et les auditeurs,
afin également de rendre leurs missions plus visibles, plus lisibles et mieux
identifiées.
Recommandation n° 11 (Arcom) : Confier à l'Arcom la publication
trimestrielle d'un indice automatisé du pluralisme, élaboré avec l'appui de
l'intelligence artificielle, mesurant pour chaque opérateur public : la diversité
thématique des sujets traités, la part des sujets abordés sous angle
contradictoire, la représentation géographique des intervenants et la
répartition des angles éditoriaux par courant politique. Cet indice, rendu
public, permettrait à l'Arcom d'agir sur les tendances éditoriales structurelles
et non sur les seuls manquements ponctuels, comblant ainsi la lacune
documentée par la commission, qui a constaté l'absence de tout mécanisme
externe de mesure de la diversité des contenus financés sur fonds publics.
Recommandation n° 12 (Gouvernement) : Engager une révision du traité de
1990 instituant la chaîne Arte afin de la doter de garanties équivalentes à celles
de France Télévisions.
Recommandation n° 13 (Parlement) : soumettre LCP-AN et Public Sénat aux
obligations de la loi du 30 septembre 1986 et au contrôle de l’Arcom au même
titre que les autres chaînes, dans le cadre de règles définies par le Bureau de
chaque assemblée.
Recommandation n° 14 (France Télévisions) : À titre transitoire, adopter sans
délai un contrat d'objectifs et de moyens (COM) assorti d'une trajectoire de
retour à l'équilibre financier d'ici le 31 décembre 2026 au maximum et d'un
plan de reconstitution des capitaux propres conforme aux exigences du code
de commerce.
Recommandation n° 15 (Gouvernement) : Détacher la tutelle de l'audiovisuel
public de la DGMIC pour la confier à un nouveau Secrétariat général à
l'audiovisuel public, rattaché au Secrétariat général du Gouvernement, sous
l'autorité du Premier ministre, ce qui lui donnerait un caractère
interministériel plus affirmé.
Recommandation n° 16 (Parlement) : Imposer un contrôle de la Cour des
comptes au moins une fois tous les cinq ans, et en tout état de cause avant la fin
prévue de chaque mandat d'un dirigeant d’une société de l’audiovisuel public.
Recommandation n° 17 (Gouvernement) : Faire du développement des outils
de pilotage internes de France Télévisions une demande impérative de la tutelle
au titre du nouveau contrat d'objectifs et de moyens (COM), et conditionner
une partie des moyens financiers attribués à France Télévisions à la mise en
place de ces outils.
Recommandation n° 18 (France Télévisions) : Porter les effectifs de l'audit
interne à un niveau proportionné aux enjeux financiers (près de 40 auditeurs),
revaloriser la classification du métier d'auditeur interne, et envisager une
mutualisation de l’audit entre France Télévisions et Radio France
Recommandation n° 19 (Parlement) : Faire évoluer le mode de désignation des
dirigeants de l’audiovisuel public pour qu’ils soient nommés par le Président
de la République après avis des commissions des affaires culturelles du
Parlement, conformément à l’article 13 de la Constitution, et après avis
conforme de l’ARCOM.
Recommandation n° 20 (Parlement, sociétés de l’audiovisuel public) :
Formaliser également les nominations aux principales fonctions de direction
dans l’audiovisuel public par une audition des trois finalistes devant le conseil d’administration sur des critères clairs et préalablement définis. Rendre
publics les comptes rendus de ces auditions.
Recommandation n° 21 (Parlement) : Soumettre les marchés de programmes
audiovisuels aux règles de la commande publique.
Recommandation n° 22 (Gouvernement et France Télévisions) : Internaliser
l’ensemble des émissions de « flux » à caractère d’information, de débat,
d’opinion, ou qui relèvent de la vie démocratique et politique, pour lesquelles
France Télévisions dispose des moyens techniques et humains nécessaires à
leur production.
Recommandation n° 23 (Gouvernement et France Télévisions) : Dans le
prolongement de la recommandation n° 21, et afin de permettre le
développement d’un tissu concurrentiel, promulguer une charte de la
commande publique audiovisuelle, reposant sur trois obligations.
Premièrement, la mise en concurrence effective par appel d'offres pour tout
contrat de production supérieur à un million d'euros, mettant fin aux
reconductions tacites. Deuxièmement, l'instauration d'un plafond de 10 % du
budget annuel de production pouvant être attribué à un même groupe.
Troisièmement, une préférence accordée aux entreprises de production
véritablement indépendantes, françaises ou européennes, au sens du critère
d'indépendance capitalistique fixé par la réglementation en vigueur, afin
d'éviter que l'obligation légale de recours à la production indépendante ne
profite principalement en réalité à des filiales de grands groupes intégrés.
Recommandation n° 24 (France Télévisons) : Modifier l’accord
interprofessionnel de juin 2024 afin de relever de 20 % à 33 % le plafond de la
part des obligations d'investissement de France Télévisions dans la production
audiovisuelle patrimoniale pouvant être consacrée à la production dépendante,
c'est-à-dire réalisée par sa filiale France TV Studio, conformément au plafond
fixé par le décret n° 2021-1926 du 30 décembre 2021 Cette évolution, qui porte
à un tiers la part pouvant être internalisée contre seulement un cinquième
aujourd'hui, permettrait à France TV Studio de voir son volume d'activité
croître significativement, renforcerait ainsi les capacités de production interne
du groupe, réduirait sa dépendance structurelle à l'égard des grands groupes
privés de production et dégagerait des économies sur les marges aujourd'hui
captées par les prestataires extérieurs.
Recommandation n° 25 (Gouvernement et France Télévisions) : Inscrire dans le
cahier des charges de France Télévisions une règle contraignante de répartition
des investissements dans la production audiovisuelle en trois parts égales : (i) un
tiers affecté à la production internalisée via France TV Studio ; (ii) un tiers
réservé à des producteurs indépendants relevant du tissu des PME et TPE, avec
une priorité donnée aux sociétés établies en régions ; (iii) un tiers ouvert aux
grands groupes de production, sous réserve du respect strict des obligations de
transparence, de mise en concurrence effective et d'accès à l'audit définies par la
charte de la commande publique audiovisuelle. Cette répartition a pour objet de
rééquilibrer structurellement la relation entre France Télévisions et ses
prestataires, de favoriser l'émergence d'un tissu de production diversifié et de
réduire la dépendance de l’audiovisuel public à l'égard d'un oligopole privé.
Recommandation n° 26 (Arcom) : Publier l’intégralité des lettres
d’observation, de mise en garde ou de mise en demeure sur le site de l’Arcom.
Recommandation n° 27 : Imposer dans les contrats avec les sociétés de
production une clause de neutralité des dirigeants et actionnaires permettant
de suspendre le contrat unilatéralement en cas de manquement.
Recommandation n° 28 (Parlement) : Prohiber le financement de productions
cinématographiques ou audiovisuelles par les sociétés audiovisuelles lorsque
leurs dirigeants ont des intérêts liés à ces productions.
Recommandation n° 29 : interdire aux salariés de l’audiovisuel public d’être,
par ailleurs, à la tête d’une société de production.
Recommandation n° 30 (sociétés de l’audiovisuel public, notamment France
Télévisions) : Mettre fin au système des animateurs-producteurs.
Recommandation n° 31 (sociétés de l’audiovisuel public) : Les sociétés de
l'audiovisuel public tiennent un registre des intérêts, rendu public
annuellement, dans lequel chaque dirigeant et responsable éditorial déclare ses
participations directes ou indirectes dans des sociétés de production, ses
mandats, ses liens contractuels passés ou en cours avec des producteurs, ainsi
que tout intérêt familial au premier degré. Aucun financement, préachat ou
accord de coproduction ne peut être conclu avec une entité figurant dans la
déclaration d'un membre impliqué dans la décision sans déport préalable
formalisé et approbation du conseil d'administration. L'Arcom est destinataire du registre et peut saisir le procureur de la République en cas d'irrégularité
constatée.
Recommandation n° 32 (France Télévisions) : Remplacer la procédure
renforcée par une approbation du comité des engagements du conseil
d’administration.
Recommandation n° 33 (Parlement) : Soumettre les cadres de l’audiovisuel
public aux mêmes règles d’encadrement des reconversions vers le privé que les
fonctionnaires et donc au contrôle de la HATVP. À défaut, empêcher pendant
3 ans le passage vers une société de production avec laquelle un dirigeant de
l’audiovisuel public a signé des contrats, et lui interdire de revenir dans un
même délai de 3 ans suivant son départ de la société de production.
Recommandation n° 34 : Redéfinir le statut de producteur indépendant afin
de distinguer les filiales de groupes déjà installés et les sociétés de production
émergentes.
Recommandation n° 35 (Gouvernement, Parlement et sociétés de l’audiovisuel
public) : Défendre un audiovisuel public souverain par la création d’un label
« contenu original français ».
Recommandation n° 36 (France Télévisions) : Enclencher une réflexion sur le
positionnement de France Télévisions quant au financement d'œuvres
cinématographiques et faire preuve de transparence sur les critères de
sélection
Recommandation n° 37 (France Télévisions) : Développer une filière de
distribution internationale propre à France Télévisions sur le modèle de BBC
Studios
Recommandation n° 38 (Radio France) : Supprimer la station Mouv’.
Recommandation n° 39 (Radio France) : Remplacer les éditorialistes « service
public » par des éditorialistes issus de la presse privée d’opinion afin de
permettre aux auditeurs d’identifier plus clairement leur positionnement
éditorial et, par la même occasion, de renforcer le respect du principe de
pluralisme.
Recommandation n° 40 (France Télévisions) : réduire de trois quart le budget
des jeux et divertissements afin de réaliser 120 millions d’euros d’économies
par an, et concentrer l’offre de l’audiovisuel public sur les programmes
populaires et différenciants par rapport à l’audiovisuel privé.
Recommandation n° 41 (France Télévisions) : Ne pas diffuser sur le service
public d’émissions de télé-réalité.
Recommandation n° 42 (France Télévisions) : réduire d’un tiers le budget des
sports de France Télévisions et ainsi réaliser près de 50 millions d’euros
d’économies par an.
Recommandation n° 43 (sociétés de l’audiovisuel public) : Mettre en place une
« plateforme participative citoyenne pour l’audiovisuel public ».
Recommandation n° 44 (Gouvernement) : Conduire un audit stratégique
indépendant de l’ensemble des 54 chaînes et antennes du périmètre de
l’audiovisuel public et proposer au Parlement un schéma de rationalisation
incluant les fusions envisagées.
Recommandation n° 45 (France Télévisions) : Procéder à la suppression de la
chaîne France 4 de même que de l’offre numérique Francetv Slash, et
redéployer les moyens correspondants vers la création d’une offre interne
dédiée à la jeunesse, portée par le groupe France Télévisions en coordination
avec Radio France, diffusée prioritairement sur France.tv ainsi que sur les
plateformes les plus fréquentées par les jeunes publics, notamment les réseaux
sociaux et les plateformes de vidéo en ligne. Cette offre devra proposer des
contenus culturels, pédagogiques et scientifiques de qualité, adaptés aux usages
et aux attentes des jeunes publics.
Recommandation n° 46 (Gouvernement) : Fusionner France 2 et France 5
pour créer une grande chaîne généraliste de premier plan, dotée d'un cahier
des charges renouvelé au service d’une culture exigeante mais accessible à tous,
une place de référence donnée à l’information comme à l’investigation, une
valorisation des sports dans leur diversité, des documentaires et des émissions
culturelles de qualité, des contenus à vocation pédagogique.
L'opération devra être conduite sur une période de transition de trois ans, avec
un objectif d'économie nette récurrente d’environ 200 millions d'euros par an
en régime de croisière, sur la base d'un coût brut, évalué par la Cour des
comptes, de 130,4 millions d'euros pour France 5 et de 418,6 millions d’euros
pour France 2.
Recommandation n° 47 (Gouvernement) : Fusionner Franceinfo et France 24
pour créer une chaîne nationale et internationale francophone de premier plan,
assurant les missions spécifiques de représentation de la France et de ses
intérêts à l'étranger et dotant cette nouvelle chaîne d'une identité éditoriale
spécifique permettant de la différencier au sein d'un marché de chaînes
d'information en continu déjà largement dotés de chaînes privées aux lignes et
aux propositions éditoriales hétérogènes. Les économies estimées pourraient
s’élever à hauteur de la moitié du coût de France Info TV soit 20 millions.
Recommandation n° 48 (Parlement, Gouvernement, France Télévisions, Radio
France) : Fusionner totalement les réseaux France 3 Régions et ICI (France
Bleu) pour créer une chaîne unifiée de l'information et de la vie locale, en
mutualisant l'immobilier, les fonctions supports et les 650 personnels aux
compétences communes identifiés par l’inspection générale des finances. La
fusion devra être conduite sur trois ans selon un calendrier contraignant inscrit
dans les prochains COM, avec un objectif d'économies annuelles de
138,6 millions d'euros à l'horizon 2028, correspondant à un cinquième du coût
cumulé des deux réseaux estimés par la Cour des comptes à respectivement
439 millions d'euros pour France 3 Régions et 254 millions d'euros pour
France Bleu.
Recommandation n° 49 (Gouvernement, sociétés de l’audiovisuel public) :
Mettre en œuvre dans un délai de douze mois un plan de mutualisation des
fonctions supports entre France Télévisions et Radio France sur la base des
périmètres identifiés par l'IGF, pour un gain minimal de 10 millions d'euros
par an, et confier conjointement à l'IGF et à l'IGA une mission d'élargissement
de ce périmètre à l'ensemble des opérateurs de l'audiovisuel public dans les six
mois suivant l'adoption du présent rapport.
Recommandation n° 50 (Parlement) : Adopter une loi de programmation
pluriannuelle de l'audiovisuel public afin de sanctuariser les crédits alloués au
secteur et de garantir son indépendance financière. Sa déclinaison
opérationnelle demeurerait assurée par des contrats d'objectifs et de moyens
(COM) annuels, négociés sous l'autorité du Gouvernement.
Recommandation n° 51 (Gouvernement et conseil d'administration de France
Télévisions) : Refondre intégralement les critères de la part variable de la
rémunération du président de France Télévisions, fondée sur des indicateurs
de performance : résultat d'exploitation positif incluant les éléments non
récurrents, reconstitution des capitaux propres au-dessus du seuil légal, part
d'audience des chaînes en progression selon la trajectoire pluriannuelle fixée.
La part variable pourrait n’être versée en totalité qu'à la condition que les trois
indicateurs soient simultanément atteints, et ne pourrait excéder 50 % de son
montant maximal si le résultat d'exploitation devait être négatif, et ce quelle
que soit la performance sur les autres critères.
Recommandation n° 52 (France Télévisions) : Consolider le plan d'économies
de 200 millions d'euros présenté par la société elle-même à la lumière des
observations de l’inspection générale des finances, et définir pour chaque
mesure un calendrier précis, un responsable et un indicateur de suivi, et en
transmettant au conseil d'administration un rapport trimestriel d'exécution
rendu public.
Recommandation n° 53 (Radio France) : Rationaliser les formations musicales
de Radio France en fusionnant les deux orchestres afin de réaliser 13 millions
d’euros d’économies.
Recommandation n° 54 (Parlement) : Confier conjointement à l'IGF et à
l'IGAC, dans un délai de six mois suivant l'adoption du présent rapport, une
mission de préfiguration de la fusion de l'Institut national de l'audiovisuel et
de la Bibliothèque nationale de France, chargée de chiffrer précisément les
économies nettes réalisables, les coûts de transition et le calendrier
opérationnel de rapprochement. Sur la base de ces conclusions, engager le
processus législatif nécessaire à la fusion des deux établissements, avec un
objectif d'économies annuelles estimé à environ 10 millions d'euros en régime
de croisière.
Recommandation n° 55 (France Télévisions) : Renégocier l’accord collectif
du 28 mai 2013 afin de permettre davantage de polyvalence entre les salariés
et ainsi optimiser l’utilisation des ressources humaines en vue d’en réduire les
écarts d’ores et déjà constatés par la Cour des comptes pour 62 millions
d’euros.
Recommandation n° 56 : Développer la part des rémunérations variables liées
à la performance individuelle et collective au sein des sociétés de l'audiovisuel
public, en fixant un objectif minimal de part variable dans la masse salariale,
afin de substituer progressivement aux revalorisations automatiques liées à
l'ancienneté une logique d'intéressement aux résultats réels de l'entreprise.
Recommandation n° 57 (France Télévisions, Radio France, France Médias
Monde) : Instituer, par voie législative, un ratio maximal d'écart de
rémunération au sein des sociétés de l'audiovisuel public, en plafonnant la
rémunération totale, fixe, variable et avantages en nature inclus, du présidentdirecteur général par rapport au salaire médian des personnels permanents de
la société. Ce ratio, calculé chaque année sur la base des données certifiées par
le commissaire aux comptes et transmis aux commissions parlementaires
compétentes, se substitue à tout plafond fixé en valeur absolue.
Recommandation n° 58 (France Télévisions, Radio France, France Médias
Monde) : Instituer une obligation légale d'avenant contractuel précisant les
jours de présence effective pour tout cumul d’un emploi public à temps plein
avec un mandat électif rémunéré.
Recommandation n° 59 (France Télévisions, Radio France, France Médias
Monde) : Conduire, dans un délai de six mois suivant l'adoption du présent
rapport, un audit indépendant de l'ensemble des postes comportant les termes
de « directeur » ou de « secrétaire général » au sein de chaque opérateur de
l'audiovisuel public, en évaluant pour chacun la valeur ajoutée réelle, le
périmètre d'action effectif et l'absence de doublon avec un poste existant. Sur
la base de cet audit, supprimer l'ensemble des postes dont la justification
opérationnelle ne peut être établie, fusionner les directions redondantes, à
commencer par les deux directions des opérations spéciales de France
Télévisions, et ramener le ratio d'encadrement à un niveau cohérent avec celui
d'un groupe audiovisuel de taille et de mission comparables. Les économies
ainsi dégagées, estimées de manière prudente à au moins 6 millions d'euros par
— 78 —
an, devront être intégrées dans le prochain contrat d'objectifs et de moyens
comme objectif contraignant assorti d'un calendrier de mise en œuvre.
Recommandation n° 60 (France Télévisions) : Publier annuellement, en
annexe du rapport de gestion transmis au contrôle général économique et
financier et aux commissions parlementaires, la ventilation des indemnités de
départ entre indemnités légales, indemnités conventionnelles et indemnités
transactionnelles ou négociées individuellement, avec indication du nombre de
bénéficiaires par catégorie. Interdire expressément toute clause de
confidentialité dans les protocoles de départ conclus avec des salariés ayant
dénoncé ou subi des faits susceptibles de qualification pénale.
Recommandation n° 61 (France Télévisions) : Encadrer et auditer le règlement
de dépenses de fonctionnement par barter. Faire valider la liste des dépenses
de barter par le conseil d’administration, et publier chaque année le bilan
détaillé de ces dépenses ventilé par poste. Interdire le recours au barter pour
financer des dépenses d’hébergement ou de réception.
Recommandation n° 62 (France Télévisions) : Plafonner à 3 millions d'euros
les dépenses annuelles de France Télévisions au Festival de Cannes. Économie
estimée : 3 millions d'euros par an.
Recommandation n° 63 (France Télévisions) : Réévaluer l’utilité de chacun
des 53 véhicules de fonction dont bénéficient les cadres dirigeants de France
Télévisions, en particulier pour ceux basés dans des villes disposant d’un
réseau de transports collectifs particulièrement dense. Évaluer la pertinence
financière d’une suppression totale des véhicules de fonction au profit de la
mise à disposition des dirigeants en ayant véritablement l’utilité de véhicules
de service, à leur disposition exclusivement dans le cadre professionnel.
Recommandation n° 64 (France Télévisions) : Mettre fin au travail en silo des
équipes éditoriales et des équipes financières pour mieux prendre en compte
les aspects financiers des programmes produits par des sociétés externes au
moment de décider de leur éventuel renouvellement. Les données de marge
issues des audits de production devront être systématiquement transmises aux
directeurs éditoriaux concernés avant toute décision de reconduction ou de
résiliation d'un contrat. Chaque contrat de production supérieur à un million d'euros devra par ailleurs comporter une clause d'audience dont le non-respect
ouvre à France Télévisions la faculté de résiliation sans indemnité.
Recommandation n° 65 (commissions des finances de l'Assemblée nationale et
du Sénat) : Solliciter auprès de la Cour des comptes, au titre du 2° de
l'article 58 de la LOLF, une enquête portant sur les marges réalisées par les
sociétés de production dans le cadre de leurs contrats avec France Télévisions,
avec accès à la comptabilité générale des producteurs. Intégrer une analyse des
marges réalisées par les sociétés de production contractant avec les entreprises
de l’audiovisuel public lors de chaque rapport publié sur l’une de ces
entreprises.
Recommandation n° 66 (Radio France) : Renégocier l'accord d'entreprise de
Radio France afin de rationaliser le système des primes, réaligner le temps de
travail effectif sur les normes légales et développer substantiellement la part
variable de la rémunération liée à la performance, pour un gain estimé à
50 millions d'euros par an.
Recommandation n° 67 (Gouvernement) : Présenter et chiffrer l’abattement
d’impôt sur le revenu dont bénéficient les journalistes dans le tome II Dépenses
fiscales de l’Évaluation des voies et moyens annexée au PLF, et le rattacher aux
dépenses fiscales du programme 180 Presse et médias de la mission Médias,
livre et industries culturelles.
Recommandation n° 68 (Gouvernement) : recentrer la déduction forfaitaire
spécifique des journalistes en divisant son plafond par deux et en la réservant
aux contribuables dont les revenus sont inférieurs au salaire médian, afin d’en
renforcer l’équité et de réduire son coût pour les finances publiques.
Recommandation n° 69 (Ministère de la culture et sociétés de l'audiovisuel
public) : Étudier la possibilité de développer des partenariats public-privé
dans le domaine de l'information locale, en examinant notamment la faisabilité
d'un modèle de subvention de chaînes privées locales pour la réalisation de
missions d'intérêt général non rentables, afin de concilier qualité de
l'information et soutenabilité budgétaire.
Recommandation n° 70 (Parlement) : Utiliser les plus de 1 milliard d’euros
d’économies identifiés sur l’audiovisuel public pour augmenter de moitié les
crédits du programme budgétaire consacré à l’entretien du patrimoine et
affecter les 500 millions d’euros restants au désendettement de l’État.