mardi 8 septembre 2026

ET DONC ?

 

Vérification des quatre affirmations

Affirmation de l'imageVerdictExplication
1« Elle est contre les homosexuels… elle est lesbienne »Faux / très trompeurAlice Weidel est effectivement lesbienne. En revanche, dire qu'elle est « contre les homosexuels » est beaucoup trop général. Elle défend notamment l'égalité de traitement des couples homosexuels et déclarait encore en juillet 2026 que les relations homosexuelles devaient être traitées comme égales.

2« Elle est contre l'immigration… sa partenaire est immigrée »🟠 Partiellement vrai, mais trompeurL'AfD est effectivement très hostile à l'immigration incontrôlée, à l'immigration de masse et à l'immigration clandestine. Sarah Bossard est née au Sri Lanka et a été adoptée bébé par un couple suisse. Elle est donc née à l'étranger, mais elle a été élevée en Suisse et est suisse. La présenter simplement comme une « immigrée » pour suggérer une contradiction avec toute politique migratoire est donc réducteur.

3« Elle est contre l'adoption d'enfants par les homosexuels… elle a 2 filles adoptées »🟠 Mélange de vrai et de fauxL'AfD défend effectivement un modèle familial traditionnel « père, mère, enfants » et s'est opposée à plusieurs reprises au mariage homosexuel et à l'adoption par les couples homosexuels. Mais les enfants de Weidel et Bossard sont deux garçons, pas deux filles. C'est donc une erreur factuelle évidente de l'image.

4« Elle joue la patriote allemande alors qu'elle vit en Suisse »🟠 Fond factuel réel, formulation polémiqueWeidel vit effectivement avec sa famille à Einsiedeln, en Suisse, depuis plusieurs années, tandis qu'elle est politiquement très active en Allemagne. Elle possède cependant aussi une résidence déclarée en Allemagne, à Überlingen, et son activité politique se déroule à Berlin. Dire simplement « elle vit en Suisse » n'est donc pas faux, mais la formulation cherche clairement à transformer une situation de résidence complexe en accusation d'hypocrisie. 

CA PIQUE GRAVE

RIEN A CARRER

 

LE BUREAU DES PLEURS

 Les progressistes de gauche aiment le maire de New York. Car il arrose à droite et à gauche transformant la municipalité en tirelire pour qui a juste besoin de tendre la main voir, venir pleurnicher à tord ou à raison sur ses conditions de travail ! Je dis bien "à tord ou à raison" car si des travailleurs ont une légitimité de dénoncer des conditions de travail, d'autres profitent du système pour tenter d'imposer une politique du "j'en foutisme".

Mamdani transforme l'hôtel de ville en une machine d'organisation syndicale socialiste

La ville de New York a créé un bureau gouvernemental pour aider les travailleurs à se syndiquer, suite à un décret annoncé par le maire Zohran Mamdani le jour de la fête du Travail. Le Bureau du maire pour le pouvoir des travailleurs vise à aider les travailleurs “à s'informer, à se connecter et à s'organiser” à faciliter la formation de syndicats. La mairie n'a pas encore publié d'informations sur le budget ou les effectifs du bureau, deux éléments importants à prendre en compte lors de la création d'une nouvelle entité gouvernementale.

 « Chaque jour, des travailleurs new-yorkais se présentent, font leur travail et font fonctionner cette ville. « Trop souvent, ils n’ont pas leur mot à dire sur les conditions dans lesquelles ils travaillent », a déclaré Mamdani dans un communiqué.

« Le Bureau du maire chargé du pouvoir des travailleurs veillera à ce que les travailleurs aient une place à la table des négociations avant que l'exploitation ne devienne une crise et que les violations ne deviennent courantes. Nous connectons les travailleurs à leurs droits, entre eux et aux organisations prêtes à les soutenir. Parce que lorsque les travailleurs ont le pouvoir, cette ville fonctionne mieux pour tout le monde."

Les fonctions déclarées du bureau comprennent la tenue d'audiences sur les questions liées au lieu de travail, la rédaction de propositions politiques basées sur les témoignages des employés, la diffusion d'informations sur les droits des travailleurs’ et la mise en relation des employés avec des groupes extérieurs équipés pour les aider à s'organiser.

Tony Perlstein, ancien docker, organisateur syndical et directeur adjoint des communications du Centre pour la démocratie populaire, dirigera le bureau. Il relèvera de la maire adjointe chargée de la justice économique, Julie Su.

“Ce bureau nous permet de devancer l'exploitation au lieu de simplement y répondre", a déclaré Su dans un communiqué.

« En établissant des relations avec les travailleurs, les syndicats et les centres de travailleurs, nous pouvons comprendre ce qui se passe sur le terrain et agir avant que les problèmes ne deviennent des crises. »

Le City Reporter, qui a révélé l'histoire, a déclaré que le bureau suivait le plan du Comité d'organisation des urgences sur le lieu de travail, un projet conjoint des socialistes démocrates d'Amérique et des United Electrical Workers. 

Les critiques se sont concentrés sur une disposition du décret qui va bien au-delà des audiences et des brochures. Il ordonne aux agences municipales, notamment le Département de la protection des consommateurs et des travailleurs, la Commission des taxis et des limousines et la Commission des droits de l'homme, d'élaborer des « procédures d'enquête dirigées » pour les violations sur le lieu de travail. Ces agences avaient l’habitude d’attendre une plainte avant d’ouvrir un dossier. En vertu du nouveau décret, ils peuvent cibler les entreprises qui emploient un grand nombre de travailleurs à bas salaires, qui ont des antécédents documentés de violations du droit du travail ou qui montrent d’autres signes que la ville considère comme des preuves de mauvaise conformité, que quelqu’un ait ou non déposé une plainte contre elles.

Et cela inquiète beaucoup de gens.

 « Il est remarquable que l’administration Mamdani confonde le fait d’être obligé de payer un syndicat avec le fait d’être protégé contre l’exploitation », a déclaré Ken Girardin, membre du Manhattan Institute. « La ville ne devrait pas mettre son pouce sur la balance pour soutirer davantage de cotisations aux travailleurs. »

Ashley Ranslow, directrice de la Fédération nationale des entreprises indépendantes de l'État de New York, a qualifié le bureau de « profondément préoccupant ».” 

« Les lois fédérales protègent déjà le droit des travailleurs à s’organiser », a déclaré Ranslow.

Sa plus grande inquiétude concerne ce à quoi ressemble une application proactive de la loi dans la pratique : les petites entreprises sont soumises à un examen minutieux, a-t-elle déclaré, « même si aucune plainte n’est déposée contre elles »

Ranslow a soutenu que la mairie s'était insérée dans une relation qui n'a jamais été son affaire. « Le gouvernement municipal ne devrait pas interférer avec un processus qui se déroule entre les employés et l’employeur », a-t-elle déclaré. « Les petites entreprises devraient être soutenues, en particulier dans un endroit comme New York où il est inabordable de garder les portes ouvertes et les lumières allumées, au lieu d'avoir la terrasse empilée contre elles. »

Un récent rapport du CUNY a révélé que le niveau de syndicalisation dans la ville est plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale, révélant que le bureau n'est rien d'autre qu'une solution à un problème qui n'existe pas, une structure conçue pour créer des griefs même si le marché du travail a déjà clairement évolué en faveur du travail organisé.

LE TACLE

 Le passage de Tondelier à LCI est désastreux, car elle démontre un entre soit exacerbé et légitimé. Au point de ne même pas faire l'effort d'avoir un mot sincère et personnel sur les présidents de la 5 ème république, comme toutes personnalités qui se doit d'être, surtout avec une prétention de candidature à la présidentielle. Tondelier n'a fait que confirmer le côté guignolesque qui existe aujour'hui dans la sphère politique. Faisant évidemment réagir une Sarah Knafo bien plus aiguisée.

REVELATIONS

 

170 000 PAGES DE DOCUMENTS DECLASSIFIES

Alors que l'on va célébrer les 25 ans de l'attaque du 11 septembre 2001, 170 000 pages de documents d'expertises ont été déclassifiés, révélant que lors des actions et missions envoyer sur Ground Zero, on savait déjà la teneur des toxicités des fumées et poussières qui ont perdurées dans la zone durant plusieurs mois. Ce qui veut dire que les autorités étaient parfaitement au courant que l'air était vicié ! Pourtant des milliers de personnes, polices, pompiers, ouvriers, et voir même des civils, ont été exposer sans protections. L'urgence, la situation, la chaos, il fallait de l'action immédiates et certaines pour montrer au monde que l'amérique se retroussait les manches.... mais au mépris de règles sanitaires qui plus tard, se sont révélées désastreuse.

La publication, le 8 septembre 2026, de plus de 170 000 pages de documents municipaux sur le 11-Septembre apporte des éléments importants, mais il faut être précis : elle ne « découvre » pas que Ground Zero était toxique — cela est établi depuis longtemps par la recherche médicale et environnementale. Ce qui est nouveau est surtout ce que les autorités municipales savaient, à quel moment elles le savaient et comment elles ont communiqué ces informations au public.

Ce que les documents révèlent

1. Les autorités disposaient d'indices sérieux de contamination alors qu'elles rassuraient le public.

Les documents contiennent des rapports de qualité de l'air, analyses de contamination et échanges internes. Ils montrent notamment que la présence d'amiante était identifiée bien au-delà de Ground Zero.

Le New York Times indique par exemple que dix mois après les attentats, des analyses détectaient encore de l'amiante jusqu'à environ 800 mètres du site.

C'est particulièrement important parce que, parallèlement, les New-Yorkais et les travailleurs étaient largement rassurés sur la sécurité de l'air.

2. Le problème ne se limitait absolument pas à l'amiante.

Les poussières issues de l'effondrement et des incendies contenaient un mélange extrêmement complexe de contaminants : amiante, métaux lourds, produits de combustion, PCB, dioxines, fibres de verre et autres substances cancérogènes ou irritantes.

La ville estime que les poussières et fumées auxquelles les intervenants ont été exposés contenaient plus de 2 500 contaminants.

Il faut cependant distinguer deux choses : la présence d'un contaminant ne signifie pas automatiquement qu'une personne a reçu une dose suffisante pour provoquer une maladie. C'est justement l'exposition cumulée — durée, concentration, voie d'exposition et susceptibilité individuelle — qui détermine le risque.

Le document le plus explosif : le « Harding Memo »

Parmi les archives se trouve le fameux Harding Memo, une note interne d'octobre 2001.

Elle est particulièrement intéressante parce qu'elle ne traite pas seulement de toxicologie : elle montre que des responsables municipaux réfléchissaient également aux conséquences juridiques potentielles de la contamination et de la responsabilité de la ville.

Autrement dit, l'enjeu n'était pas uniquement :

« Est-ce dangereux ? »

mais également :

« Que risque la ville si elle reconnaît officiellement que c'est dangereux ? »

C'est l'un des éléments qui alimentent aujourd'hui les accusations selon lesquelles la communication publique aurait été influencée par la volonté de limiter la responsabilité juridique de la municipalité.

Et les « 68 boxes » ?

C'est probablement l'aspect administratif le plus troublant.

Une partie considérable des documents était conservée dans 68 cartons, restés hors de portée du public pendant plus de vingt ans. Selon la mairie, ils n'ont été localisés qu'en 2025 malgré des demandes répétées au titre de la législation sur l'accès aux documents publics.

La publication actuelle est donc également le résultat d'une longue bataille judiciaire menée par 9/11 Health Watch.


Mais attention à une nuance essentielle

Il serait excessif de dire : Responsable mais pas coupable !

« Ces 170 000 pages prouvent que la ville savait que tout le monde allait tomber malade et a volontairement caché la vérité. »

Ce n'est pas ce que démontrent les documents publiés à ce stade.

Ils semblent plutôt montrer quelque chose de plus nuancé mais potentiellement très grave :

→ les responsables disposaient d'informations montrant que la contamination était réelle et persistante ;
→ certaines informations étaient plus inquiétantes que le discours public ;
→ les autorités continuaient néanmoins à communiquer largement sur la sécurité de l'air ;
→ la question de la responsabilité juridique de la ville apparaît dans les échanges internes ;
→ une partie des archives pertinentes n'a pas été rendue publique pendant des décennies.

Le New York Times souligne d'ailleurs que les 170 000 pages ne représentent qu'une partie des rapports de qualité de l'air réalisés à l'époque. Il est donc beaucoup trop tôt pour considérer cette publication comme le dossier complet.

Et les conséquences sanitaires ?

C'est ici que les nouveaux documents prennent toute leur importance.

Les maladies associées à l'exposition au World Trade Center sont aujourd'hui extrêmement bien documentées. Le World Trade Center Health Program, administré par le CDC, recense des milliers d'études et publications consacrées aux conséquences sanitaires du 11-Septembre.

Les personnes exposées présentent notamment des taux élevés de :

  • maladies respiratoires chroniques ;
  • asthme et autres troubles pulmonaires ;
  • certains cancers ;
  • maladies ORL ;
  • troubles gastro-intestinaux ;
  • diverses pathologies liées à l'exposition aux poussières et fumées.

Et le phénomène concerne bien davantage que les pompiers et policiers : habitants, employés, étudiants, travailleurs de nettoyage et personnes travaillant dans Lower Manhattan ont également été exposés.


Ce qui me paraît réellement important dans cette révélation

Il faut donc séparer deux histoires.

L'histoire scientifique :

Ground Zero était extrêmement contaminé et cette exposition a provoqué des conséquences sanitaires à long terme.

Cela est déjà solidement établi.

L'histoire politico-administrative :

Qu'est-ce que la mairie savait exactement en septembre-octobre 2001, quelles informations ont été transmises aux responsables politiques, lesquelles ont été communiquées au public, et dans quelle mesure la crainte de poursuites a influencé la communication ?

C'est cette deuxième histoire que les 170 000 pages peuvent considérablement éclairer.

Et elle est loin d'être entièrement analysée : la ville annonce déjà que d'autres documents seront examinés et publiés au cours de l'année qui vient

La question n'est plus seulement de savoir si la ville savait que des contaminants étaient présents. Elle est de savoir ce qu'elle savait de leur dangerosité, à quel moment, quelles incertitudes elle avait identifiées, et pourquoi elle a néanmoins donné au public des assurances aussi catégoriques.

Les documents publiés aujourd'hui ne permettent pas encore, à eux seuls, de conclure à une infraction pénale intentionnelle, et de fait, permettre de lancer des procédures pour :

  • une responsabilité civile pour négligence ;
  • une responsabilité administrative ;
  • une faute professionnelle ou institutionnelle ;
  • éventuellement une responsabilité politique ;
  • et, dans des circonstances beaucoup plus difficiles à établir, une responsabilité pénale.

  • Rappelons qu'encore aujourd'hui, des cas et dossiers sont toujours en cours pour tenter de définir des responsabilités sur des cas de personnes atteintes de maladies en lien directe avec une exposition à la zone, du fait que bon nombre de gens ont parfois perdus leurs bénéfices d'assurances santés à cause de prise en charge trop coûteuse, et qu'il est nécessaire pour celles ci d'établir une cause à effet avec une exposition à la zone contaminée.

    Pour mémoire !

    Dans les statistiques CDC disponibles au 31 mars 2024, on comptait notamment :

    Pathologie certifiée comme liée à l'expositionSecouristes/intervenantsSurvivants/exposés
    Cancers19 00616 949
    Maladies respiratoires/aérodigestives40 54614 655
    PTSD10 414+4 948+
    Asthme14 7306 546
    Troubles respiratoires chroniques liés aux fumées/vapeurs8 1681 382
    BPCO aggravée par le WTC3 6791 451

    Attention : une même personne peut avoir plusieurs certifications, donc on ne peut pas additionner les lignes.

    Et les cancers ?

    C'est probablement le chiffre le plus frappant.

    Au 31 mars 2024, 35 955 personnes vivantes avaient au moins une certification cancer dans le programme, auxquelles s'ajoutaient 2 925 membres décédés ayant eu une certification cancer.

    Parmi les cancers certifiés, on trouve notamment :

    • cancer de la peau non mélanome : 11 178
    • prostate : 8 938
    • sein : 3 330
    • lymphomes : 2 043
    • thyroïde : 1 856
    • poumon/bronches : 1 773
    • rein : 1 539
    • leucémies : 1 290
    • côlon : 1 244
    • vessie : 1 177

    Ce sont des cas certifiés par le programme, pas simplement des cancers observés dans la population exposée. C'est une distinction importante.

    Mais combien sont morts à cause du WTC ?

    C'est beaucoup plus difficile à déterminer.

    Le CDC fournit le nombre de membres décédés ayant une maladie certifiée, mais précise explicitement que les décès enregistrés comprennent toutes les causes de décès et pas uniquement les décès provoqués par l'exposition au WTC.

    Par exemple, en mars 2024, parmi les membres décédés :

    • 1 903 secouristes/intervenants avaient une certification cancer ;
    • 1 022 survivants/exposés avaient une certification cancer.

    Soit 2 925 personnes décédées ayant eu un cancer certifié. Mais on ne peut pas honnêtement transformer ce chiffre en « 2 925 morts du cancer causé par Ground Zero », puisque le décès peut avoir eu une autre cause.

    Il existe cependant des estimations beaucoup plus élevées

    Une estimation publiée à l'occasion du 25e anniversaire avance environ 9 700 décès de survivants et secouristes attribuables aux maladies liées à l'exposition, dont environ 5 900 décès par cancer.

    Mais je serais prudent avec ce chiffre de 9 700. Ce n'est pas le chiffre officiel du CDC permettant de dire « 9 700 personnes sont mortes de Ground Zero ». C'est une estimation issue d'un autre travail journalistique/statistique.

    Et ce phénomène continue : le nombre de nouveaux cancers certifiés augmente encore aujourd'hui. Un rapport récent du WTCHP concernant les pompiers et personnels EMS du FDNY indique par exemple qu'environ 26 % de cette cohorte a reçu un diagnostic de cancer, avec encore 461 nouveaux cancers enregistrés sur la dernière année étudiée.

    Si la question derrière tout cela est « peut-on aujourd'hui mesurer l'ampleur humaine réelle de la contamination que les autorités minimisaient en 2001 ? », la réponse est clairement oui, et l'ordre de grandeur est considérable. Et la publication de ces  170 000 pages peuvent relancer des procédures de mise en responsabilités afin de faire prendre en charge des gens qui ne peuvent plus payer leurs soins.

    lundi 7 septembre 2026

    PENSER ET ORGANISER L'EXILE

     80 % des immigrés vivant en Saxe-Anhalt envisagent de quitter l'État après la victoire de l'AfD : «Nous leur demandons de mettre en place des programmes d'accueil».

    La victoire de AfD dans l'État de Saxe-Anhalt, avec 43,8 % des voix le 6 septembre 2026, elle a ravivé la crainte que les organisations pour l'immigration exprimaient déjà des mois avant les élections. Le match de Ulrich Siegmund il lui manquait trois sièges pour obtenir la majorité absolue, mais le résultat a doublé son soutien en 2021 et il a laissé la CDU à son pire bilan historique du pays. Pour une partie de la communauté immigrée, notamment syrienne et d’origine arabe, la victoire de l'AfD remet tout en question sur leurs présences dans le lander.

    Quelques mois avant le vote, la Landesnetzwerk Migrantenorganisationen Sachsen-Anhalt (LAMSA) avait publié une enquête interne selon laquelle 80 % des personnes de son réseau envisageraient de quitter l'État si l'AfD venait a gouverner. Des représentants comme Batoul Nayouf  ont résumé l'atmosphère avec la phrase «nous sommes assis sur des valises emballées». Mamad Mohamad, alors directeur du réseau, est allé jusqu'à dire qu'il envisagerait lui-même de partir. Ces déclarations ne constituaient pas un exode déjà en cours, mais un avertissement concernant la plans d'expulsion et réductions de l'accueil que l’AfD avait mis par écrit.

    https://gaceta.es/europa/el-80-de-los-inmigrantes-que-viven-en-sajonia-anhalt-se-plantean-abandonar-el-estado-tras-la-victoria-de-afd-pedimos-que-establezcan-programas-de-acogida-20260907-1040/

    VOLCAN

     

    Le Krakatoa indonésien c'est réveillé ! 

    FORCER L'AMALGAME

     

    L’AfD est-il un parti nazi 2.0 ?

    Avec 43,8% des voix en Saxe-Anhalt, l’AfD vient d’obtenir le meilleur résultat régional de son histoire. Elle devance très largement la CDU et remporte 39 des 83 sièges du Landtag. La participation atteint 77,8%, un record. Depuis dimanche, un vieux spectre accompagne ce séisme électoral : celui des années 1930. L’AfD serait-elle en train de devenir un nouveau NSDAP ? 

    La comparaison oblige à regarder les programmes, les discours, les institutions et surtout les raisons qui poussent une partie croissante des Allemands vers ce parti. Des membres du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) réagissent après l'annonce des premiers résultats des élections régionales de Saxe-Anhalt à Magdebourg (Allemagne), le 6 septembre 2026. (RONNY HARTMANN / AFP) En Allemagne, chaque poussée de la droite radicale réveille inévitablement la mémoire du nazisme. 

    Depuis la percée de l’AfD, ce rapprochement nourrit une partie du discours politique européen. Il possède une force émotionnelle immense et une faiblesse analytique évidente : deux partis nationalistes allemands séparés par un siècle peuvent partager certains ressorts électoraux sans relever du même projet politique. La bonne question devient donc moins : "L’histoire se répète-t-elle ?" que : quels mécanismes rappellent effectivement Weimar, et où s’arrête la comparaison ? 

    1. Le déclassement nourrit la rupture 

    Le premier rapprochement concerne le terrain sur lequel prospèrent les partis de rupture. Le NSDAP reste marginal durant les années de relative stabilisation de Weimar. Aux législatives de 1928, il recueille seulement 2,6% des suffrages. Son explosion électorale intervient avec la crise mondiale : 18,3% en septembre 1930, puis 37,4% en juillet 1932. L’Allemagne compte alors environ 5,6 millions de chômeurs enregistrés en moyenne en 1932, soit près de 30% de la population active concernée. 

    Versailles joue également un rôle profond. La défaite de 1918, les pertes territoriales, les réparations, les restrictions militaires et le fameux article sur la responsabilité de guerre alimentent une humiliation nationale que les nazis exploitent méthodiquement. À cette blessure s’ajoutent l’hyperinflation de 1923, puis surtout la Grande Dépression à partir de 1929. 

    L’Allemagne de 2026 vit une situation incomparablement moins dramatique. Elle possède un État solide, une monnaie stable, un système social développé et connaît même un retour de la croissance : le PIB a progressé de 1% sur un an au deuxième trimestre 2026. Le traumatisme social de 1932 appartient à une autre dimension. Le sentiment de déclassement existe pourtant. 

    Il prend aujourd’hui la forme d’une inquiétude sur l’industrie, l’énergie, l’immigration, la sécurité, le fonctionnement de l’État et la capacité du pouvoir politique à maîtriser les événements. Avant l’élection, l’AfD était déjà la formation à laquelle le plus grand nombre d’électeurs de Saxe-Anhalt faisaient confiance pour résoudre les principaux problèmes du Land. Les études d’Infratest dimap plaçaient notamment l’immigration, l’éducation et l’économie parmi leurs grandes préoccupations. Le parallèle devient alors intéressant : dans les deux périodes, une partie de l’électorat finit par considérer les formations traditionnelles comme incapables de répondre à une crise qu’elle juge existentielle. 

    2. Entre fierté et mémoire 

    La question de la fierté nationale mérite elle aussi une comparaison prudente. Les nazis promettaient de rendre sa grandeur à une Allemagne humiliée par la défaite. L’AfD développe, dans un contexte entièrement différent, une critique de la culture mémorielle construite après 1945. 

    Björn Höcke en offre l’exemple le plus spectaculaire. En 2017, il dénonçait une Allemagne vivant encore dans "l’état d’esprit d’un peuple totalement vaincu" et réclamait une "réorientation à 180 degrés" de la politique mémorielle. Il appelait à redonner davantage de place aux grandes réalisations allemandes dans le récit national. Il existe ici un écho avec les années 1920 : l’idée qu’une nation aurait été durablement empêchée d’entretenir un rapport positif à elle-même. L’équivalence s’arrête pourtant très vite. Versailles était un traité international imposé après une guerre. La mémoire de la Shoah et du nazisme relève d’un travail historique et moral conduit par la République fédérale sur les crimes commis par l’État allemand lui-même. 

    Dans l’Est, une troisième histoire s’ajoute d’ailleurs aux deux précédentes. Quarante années de RDA, puis la transformation brutale des années 1990 ont produit une identité spécifique. Fermetures d’entreprises, déclassements professionnels, départ d’une partie de la jeunesse, faible représentation des élites orientales : ces expériences ont laissé des traces durables. Le sociologue Steffen Mau souligne également une confiance envers les institutions et une identification aux partis traditionnels plus faibles dans les nouveaux Länder. Réduire le vote AfD oriental à une résurgence du nazisme fait ainsi disparaître une large partie de son histoire réelle. 

    3. Deux programmes, deux projets 

    La différence devient encore plus nette lorsqu’on compare les textes. Le programme du NSDAP de 1920 définit explicitement l’appartenance nationale par le "sang allemand". Les Juifs sont nommément exclus de la citoyenneté. 

    Le parti réclame l’abolition du traité de Versailles, une Grande Allemagne, de nouveaux territoires et colonies, la nationalisation de grands groupes économiques et un État central doté d’une autorité considérable. L’expansion territoriale et la hiérarchie raciale appartiennent donc à son socle idéologique dès les origines. Le programme fédéral de l’AfD appartient à une autre famille. 

    Il défend une politique migratoire extrêmement restrictive, les expulsions des étrangers soumis à une obligation de quitter le territoire, la réduction de l’immigration, une conception culturelle de la nation, une politique familiale conservatrice, une forte décentralisation européenne et une restauration de la souveraineté nationale. En économie, il revendique la propriété privée, l’entrepreneuriat, la concurrence, des baisses de prélèvements et une réduction des réglementations. Sa doctrine officielle de "remigration" précise même que tous les citoyens allemands appartiennent au peuple allemand indépendamment de leur origine et rejette explicitement l’expulsion de citoyens allemands issus de l’immigration. Sur le plan international, l’écart est tout aussi considérable. Le NSDAP revendiquait ouvertement l’expansion territoriale allemande. L’AfD contemporaine souhaite au contraire réduire l’engagement allemand en Ukraine, restaurer les relations économiques avec Moscou et conserver l’Ukraine hors de l’OTAN et de l’Union européenne. 

    Son programme de 2025 maintenait l’appartenance allemande à l’OTAN jusqu’à la constitution éventuelle d’une architecture européenne de sécurité plus autonome. Nationalisme expansionniste d’un côté, souverainisme largement non-interventionniste de l’autre : la géopolitique produit ici davantage de contraste que de continuité. 

    4. Les accusations institutionnelles

     Certaines inquiétudes reposent sur des faits précis. Björn Höcke a été condamné pour avoir utilisé le slogan SA "Alles für Deutschland". Maximilian Krah a provoqué une rupture avec plusieurs alliés européens après ses propos sur les SS. Alexander Gauland avait relativisé les douze années du IIIe Reich dans l’histoire allemande. 

    La fédération de Saxe-Anhalt est par ailleurs classée comme organisation d’extrême droite avérée par le Verfassungsschutz régional. Cette qualification mérite toutefois d’être replacée dans son cadre institutionnel : le renseignement intérieur allemand dépend du pouvoir exécutif, tandis que la sélection des plus hauts magistrats comporte elle aussi une dimension politique. Surtout, le contrôle juridictionnel joue réellement son rôle. 

    En février 2026, le tribunal administratif de Cologne a empêché provisoirement le renseignement fédéral de qualifier l’ensemble de l’AfD d’organisation d’extrême droite avérée. La bonne méthode consiste donc à traiter ces classifications comme des éléments du dossier, puis à revenir aux faits : programmes, déclarations, rapport à la démocratie, aux minorités et à la violence politique.

    Derrière les 43,8%, un vote devenu populaire 

    5. Qui vote AfD ? 

    Les résultats de dimanche rendent difficile l’explication par une petite minorité idéologiquement marginale. L’AfD arrive largement en tête chez les hommes et réalise des scores considérables dans les catégories populaires. 

    Selon Infratest dimap, 51% des hommes ont voté pour elle, avec 58% chez les hommes de 35 à 44 ans. Surtout, elle a capté environ 83 000 anciens électeurs CDU et massivement mobilisé des citoyens qui s’étaient abstenus en 2021. Chez ses électeurs, immigration, criminalité et sécurité intérieure occupent une place particulièrement importante. C’est probablement ici que l’histoire de Weimar reste la plus utile. Le NSDAP n’a jamais obtenu seul la majorité absolue lors d’une élection libre au Reichstag. 

    Hitler arrive à la chancellerie après avoir transformé son parti en première force politique, puis grâce aux calculs d’élites conservatrices qui pensent pouvoir l’utiliser et le contrôler. La catastrophe nazie résulte d’une combinaison : crise économique gigantesque, nationalisme revanchard, antisémitisme racial, violence politique, institutions progressivement affaiblies et décisions individuelles désastreuses. 

    Aucune de ces variables ne peut être isolée et transposée mécaniquement à 2026. L’AfD constitue-t-elle donc un NSDAP 2.0 ? Les programmes, les objectifs géopolitiques, le rapport à la violence politique, les institutions et le contexte économique conduisent à une réponse très nette : NON. 

    Cela n’oblige nullement à fermer les yeux sur les courants radicaux de l’AfD, son vocabulaire identitaire, certaines déclarations sur le nazisme ou les conclusions extrêmement sévères du renseignement de plusieurs Länder. 43% des électeurs de Saxe-Anhalt viennent d’envoyer un message d’une puissance exceptionnelle au système politique allemand. 

    Les traiter collectivement comme les héritiers électoraux de 1932 permettrait surtout d’éviter la question qu’une démocratie devrait se poser en priorité : pourquoi autant de citoyens considèrent-ils désormais qu’un parti aussi radical répond mieux à leurs inquiétudes que toutes les formations ayant gouverné l’Allemagne depuis la réunification ?

    GROENLAND

     

    Quand t'as perdu l'Islande, tu renforces ta position sur le Groenland pour soutenir un territoire convoité par Trump. 

    LE CDU ACCULÉ

     LE CDU ALLEMAND VA T'IL CHANGER SON FUSIL D'EPAULE POUR CONTRE CARRER L'ASCENSSION DE L'AfD ?

    Avec une très forte participation de 78%, le scrutin se solde par des résultats définitifs spectaculaires :


    AfD : 43,8% (+23 points !) 39 sièges

    CDU : 17,2% (-20 points !) 15 sièges

    SPD : 9,3% (+0,8 point) 8 sièges

    Verts : 8,9% (+2,8 points) 8 sièges

    Die Linke : 8,6% (-2,4 points) 8 sièges

    BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) : 5,3% (nouveau parti) 5 sièges

    FDP : 2,6 % Éliminé du Parlement (<5%)


    Bien qu'ayant réalisé le score le plus élevé de son histoire dans un Land, l'AfD échoue à 3 sièges de la majorité absolue (39 sur les 42 requis).

    À moins que tous les autres partis se liguent pour l'empêcher de diriger le Land, ce qui serait périlleux car vécu comme un déni de démocratie, l'AfD va donc gouverner la Saxe-Anhalt, mais en devant composer avec d'autres partis.

    Un seul semble disposé à le faire : l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui est assez comparable à l'AfD, mais à l'extrême-gauche : anti-UE, anti-OTAN, anti-guerre, pro-russe, arrêt de l'immigration.

    Dans une alliance inédite que les européistes aux abois tenteraient de disqualifier en la traitant de "rouge-brun", la BSW pourrait participer à un gouvernement AfD, ou se contenter de ne pas le censurer sans y participer, le temps de voir et de juger ses premiers mois.

    Dans les 2 cas, ce serait un nouveau séisme politique qui briserait le «cordon sanitaire» (Brandmauer) mis en place par les partis pro-🇪🇺 contre l'AfD.


    CONSÉQUENCES A COURT TERME

    Ce scrutin est une gifle colossale pour le chancelier Merz (CDU), désormais d'autant plus sur un siège éjectable que sa popularité est encore pire que celle de Macron en France.

    Comme il va s'accrocher au pouvoir, il ne posera certainement pas la question de confiance au Parlement. Il risquerait de la perdre et d'être contraint de convoquer des élections législatives anticipées qui pourraient se traduire par une nouvelle progression fulgurante de l'AfD.

    Reste qu'il est tellement démonétisé que son éviction de la Chancellerie pourrait venir de son propre camp.

    Les chefs de gouvernement des Länder encore dirigés par la CDU peuvent en effet très bien organiser une fronde interne menant à son remplacement sans retourner aux urnes, via un mécanisme appelé le «vote de défiance constructif».

    Un candidat plus centriste, comme Hendrik Wüst (ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), pourrait être désigné par le Bundestag pour lui succéder à la chancellerie.

    https://ip-quarterly.com/en/troubled-merz-faces-crucial-elections-september


    CONSÉQUENCES A LONG TERME

    La Saxe-Anhalt est un ancien Land d'Allemagne de l'est, pauvre et dépeuplé, où une partie de la population regrette la RDA ("Ostalgie").

    Il se classe

    ▪️11e sur 16 en population (2,1 M.hab sur 83,5 M. d'Allemands)

    ▪️12e sur 16 en richesse (PIB de 81,7 Mds€, soit 1,9 % du PIB🇩🇪)


    Ce qui vient de se passer en Saxe-Anhalt ne préfigure donc pas nécessairement ce qui arrivera dans les 15 autres Länder lors des prochaines élections législatives nationales, prévues en mars 2029. Il n'est pas certain que l'AfD va accéder au pouvoir à Berlin dans 2 ans ½.

    Néanmoins, tous ses thèmes de prédilection, qui sont aussi ceux de la BSW d'extrême-gauche, ont le vent en poupe. Dans toute l'🇩🇪 comme dans le reste de l'🇪🇺 :

    - retour à la souveraineté nationale

    - sortie de l'UE

    - sortie de l'euro

    - lutte contre l'immigration torrentielle

    - rétablissement des libertés publiques.


    Force est de constater que, même si l'AfD a un passé un peu sulfureux et une réputation d'extrémisme très différents des nôtres, tous ces thèmes correspondent à ceux de l'UPR.

    Et certainement pas à ceux du RN, de Reconquête ou de LFI, qui refusent le Frexit et soutiennent l'Ukraine contre la Russie.

    CONSEQUENCES

     Voilà ce que BLM a engendré.....

    AfD, NAZI, MAIS EN UKRAINE ?

     Détester l'AfD allemande, soit, parce qu'on la considère "néo nazi" ! Mais alors, ceux qui s'offusquent aujourd'hui en France, ou en Europe, mais qui soutiennent inconditionnellement l'Ukraine, peuvent ils nous expliquer la "nuance" avec certaines personnalités ukrainiennes qui, par défaut, ils soutiennent !

    1. Andriy Biletsky : le cas le plus évident

    Andriy Biletsky est probablement le personnage le plus problématique lorsqu'on parle de liens historiques avec l'extrême droite.

    • Il fonde en 2014 le bataillon Azov.
    • Il dirige ensuite le parti National Corps (Natsionalnyi Korpus).
    • Il est député à la Rada de 2014 à 2019.
    • Son parcours politique est directement issu de la mouvance Patriot of Ukraine, organisation ultranationaliste.
    • Des déclarations racistes et ultranationalistes lui ont été attribuées avant 2014.
    • Azov a effectivement utilisé à ses débuts des symboles et références provenant de la mouvance néonazie/néopaïenne.

    Le point important est toutefois que Biletsky n'est pas aujourd'hui un responsable politique du gouvernement Zelensky. En revanche, il possède désormais une influence militaire considérable : en août 2026, Zelensky l'a nommé à la tête du 3e corps d'armée, l'une des importantes formations ukrainiennes.

    C'est donc un cas où le passé idéologique et la position actuelle doivent être examinés séparément.


    2. Dmytro Yarosh : le bandériste assumé

    Dmytro Yarosh est probablement le meilleur exemple de nationalisme explicitement bandériste.

    Il fut le dirigeant de Pravyi Sektor (Secteur droit) pendant Maïdan.

    Il a lui-même revendiqué son admiration pour Stepan Bandera. BBC le décrivait en 2014 comme un dirigeant nationaliste dont l'idéologie était fortement inspirée de Bandera.

    Il a ensuite été :

    • député ukrainien de 2014 à 2019 ;
    • conseiller du commandement militaire ukrainien ;
    • figure importante des réseaux nationalistes et militaires.

    Mais là encore, il faut éviter une simplification : Yarosh n'a jamais représenté à lui seul l'État ukrainien, et Secteur droit est resté électoralement très marginal.


    3. Andriy Parubiy : un cas beaucoup plus intéressant politiquement

    Andriy Parubiy est probablement le cas le plus important si votre question porte véritablement sur les sphères du pouvoir.

    Pourquoi ?

    Parce que contrairement à certains militants marginaux, Parubiy a occupé des fonctions institutionnelles extrêmement élevées :

    • cofondateur du Social-National Party of Ukraine (SNPU), ancêtre de Svoboda ;
    • responsable politique pendant Maïdan ;
    • député ;
    • président de la Verkhovna Rada de 2016 à 2019.

    Son passé dans le SNPU est indiscutable. Cette organisation avait initialement une orientation ultranationaliste et utilisait notamment une iconographie fortement inspirée de l'extrême droite européenne.

    Mais il faut également préciser que Parubiy a quitté cette mouvance en 2004 et a ensuite évolué vers des partis beaucoup plus conventionnels.

    Donc le qualifier simplement de « néonazi » aujourd'hui serait historiquement excessif. Dire qu'il possède un passé dans une organisation d'extrême droite nationaliste est en revanche parfaitement documenté.


    4. Svoboda : une vraie mouvance d'extrême droite, mais électoralement faible

    Svoboda est le parti qu'il faut absolument intégrer à l'analyse.

    Son ancien dirigeant Oleh Tyahnybok est associé à une tradition nationaliste radicale et à des déclarations controversées, notamment concernant les Juifs et les « Moscovites ».

    Svoboda a cependant connu un phénomène assez révélateur :

    une influence politique ponctuellement importante mais une faiblesse électorale durable.

    En 2012, le parti avait obtenu environ 10 % des voix aux législatives. Mais après Maïdan, son score s'est effondré. En 2019, il n'a obtenu qu'environ 2,2 % des voix aux législatives.

    Cela est essentiel pour comprendre l'Ukraine : l'extrême droite existe réellement, mais elle n'a jamais conquis électoralement le pouvoir national.


    5. Azov : le cas le plus complexe

    Il faut distinguer l'Azov originel et l'Azov actuel.

    À l'origine, en 2014, le bataillon était fortement lié à des militants d'extrême droite. Certains membres utilisaient effectivement des symboles associés au nazisme ou au mysticisme racial.

    Reuters rappelle cependant qu'Azov a été progressivement restructuré et intégré à la Garde nationale ukrainienne. En 2024, les États-Unis ont même levé l'interdiction qui empêchait l'unité de recevoir des armes et formations américaines, après examen des accusations de violations des droits humains.

    Aujourd'hui, dire simplement « Azov = unité néonazie » est donc historiquement incomplet.

    Mais dire que le mouvement Azov possède des racines d'extrême droite très documentées est parfaitement défendable. Une étude récente de l'OSW relève encore des continuités avec des milieux ultranationalistes et certains individus issus de la mouvance néonazie.


    6. Sergei Korotkikh : un cas particulièrement sulfureux

    Sergei Korotkikh, également connu sous le nom de Malyuta, est un personnage beaucoup plus radical.

    Il a été associé à diverses organisations d'extrême droite russes et biélorusses avant de rejoindre l'environnement Azov.

    L'OSW le décrit comme une figure issue de groupes d'extrême droite et indique qu'il a été accusé d'implication dans plusieurs crimes, dont le meurtre du journaliste biélorusse Pavel Sheremet — accusation qu'il nie.

    Il est donc important de le mentionner dans une cartographie des réseaux radicaux, mais il serait abusif d'en faire un représentant de l'État ukrainien.


    7. Denis Kapustin : un phénomène encore différent

    Le cas actuel de Denis Kapustin est particulièrement intéressant.

    C'est un Russe ultranationaliste, connu également sous le nom de Denis Nikitin / White Rex, et dirigeant du Russian Volunteer Corps, qui combat aux côtés de l'Ukraine contre la Russie.

    Il appartient clairement à l'histoire des réseaux de l'extrême droite européenne.

    Et l'affaire est particulièrement actuelle : son adjoint Stepan Kaplunov a été au centre du récent affrontement entre le SBU et le renseignement militaire ukrainien à Kyiv. L'affaire a provoqué une véritable crise interne entre les services ukrainiens.

    Mais là encore : Kapustin n'est pas un responsable politique ukrainien. C'est un combattant étranger intégré à l'écosystème militaire ukrainien.


    Et le « bandérisme » ?

    Il faut faire une distinction historique importante.

    Bandériste ≠ automatiquement nazi.

    Stepan Bandera et l'OUN ont effectivement eu des relations avec l'Allemagne nazie et certaines formations nationalistes ukrainiennes ont participé aux violences antijuives de 1941. Mais le nationalisme bandériste est aussi un mouvement indépendantiste ukrainien qui a combattu successivement les Polonais, les Soviétiques et, à certains moments, les Allemands.

    PARTIR




    https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-09-07/hedge-fund-titan-rokos-joins-ranks-of-billionaires-quitting-uk?utm_source=website&utm_medium=share&utm_campaign=twitter

    Un grand fond de pension britannique quitte Londres pour la Grèce. Chris Rokos a décidé de quitter la Grande Bretagne après avoir ouvert un bureau à Athènes pour facilité le transfert définitif de son entreprise. Coup dur pour la fiscalité londonienne et anglaise, puisque le groupe Rokos Capital Management était un des plus gros payeurs de taxes dans le pays.

    MAUVAISE PIOCHE

     

    Cameron Davis Capara, 33 ans était un activiste très actif dans l’association « les gays pour Gaza », défendant les islamistes du Hamas contre Israël.

    Il a été mortellement touché par balles lors d'une attaque devant un bar gay à Tucson (Arizona, USA).

    Attaque perpétrée par une ordure islamique originaire de Gambie, engagée pour Gaza et voulant trucider les homosexuels.

    Les LGBTQ engagés pour Gaza c’est un peu comme les moutons engagés pour l’Aïd.

    Et le paradoxe de son assassinat est parfaitement établi : il a été tué devant un bar gay dans une attaque que la police qualifie de crime de haine anti-LGBTQ+, alors qu'il était lui-même engagé dans les causes LGBTQ+ et pro-palestiniennes.

    CHERCHER LE DEMON

    Parfaitement documenté ?

    Le propos est il vrai, lorsqu'on sait que des gens vont évidemment tenter de convaincre le caractère pure et dure de l'AfD d'être "un parti néo nazi antisémite et raciste"?

     

    1. « L’AfD est d’extrême droite » : incontestable

    Le renseignement intérieur allemand (BfV) a classé l'AfD au niveau fédéral comme organisation d'extrême droite à caractère extrémiste en mai 2025, après une analyse de quelque 1 100 pages. Cette décision s'appuyait notamment sur des positions jugées racistes, xénophobes et contraires au principe d'égalité des citoyens.

    Le BfV avait auparavant déjà considéré l'AfD comme « Verdachtsfall » (cas suspect) d'extrémisme, décision confirmée en première instance par la justice administrative.

    Et plusieurs fédérations régionales, notamment celle de Saxe-Anhalt, sont directement classées comme extrémistes de droite avérés. C'est toujours le contexte politique actuel de l'élection de septembre 2026.

    2. « Antisémite » : oui, mais il faut distinguer l'AfD de l'ensemble de ses membres

    Il existe une documentation substantielle sur des formes d'antisémitisme présentes dans l'AfD : relativisation de la Shoah, théories conspirationnistes, utilisation de codes antisémites comme « globalistes », discours sur les « élites », etc.

    Le propre rapport 2024 du BfV explique que l'antisémitisme constitue une caractéristique historique du milieu d'extrême droite et qu'il apparaît notamment sous des formes codées.

    Des travaux consacrés spécifiquement à l'AfD documentent également l'usage de ces codes et la radicalisation idéologique d'une partie du parti.

    Mais il serait incorrect de dire que chaque membre ou chaque électeur AfD est antisémite. Même le BfV souligne l'hétérogénéité de l'AfD et distingue ses tendances extrémistes de l'ensemble de ses adhérents.

    3. « Néo-nazi » : c'est là que la phrase devient contestable

    C'est le point important.

    Il existe des liens documentés entre certains responsables/militants AfD et des milieux néonazis, ainsi que des contacts avec des organisations ou personnalités néonazies. Des responsables AfD ont notamment participé à des événements auxquels étaient présents des néonazis.

    Mais dire :

    « l'AfD est un parti néo-nazi »

    est beaucoup plus fort que dire :

    « l'AfD comporte des courants, responsables et militants ayant des liens avec des milieux néonazis et dont certaines positions reprennent ou relativisent des éléments de l'idéologie nazie. »

    La seconde formulation est beaucoup plus rigoureuse.

    4. Donc, concernant la phrase que vous citez

    « Knafo Sarah incapable de reconnaître le caractère antisémite et néo nazi de l'AfD pourtant parfaitement documenté »

    Je la qualifierais ainsi :

    ÉlémentÉvaluation
    AfD = parti d'extrême droiteVrai
    AfD = parti officiellement considéré comme extrémiste par les autorités allemandesVrai
    Présence de courants/personnalités antisémitesTrès largement documentée
    Présence de discours antisémites codés/conspirationnistesDocumentée
    Liens entre certains cadres/militants et des milieux néonazisDocumenté
    AfD = « parti néo-nazi » au sens strictTrop catégorique
    Tous les membres/électeurs AfD sont antisémites ou néonazisFaux

    Donc le « pourtant parfaitement documenté » est défendable si l'on parle de la présence de phénomènes antisémites et de réseaux/personnalités proches du néonazisme au sein de l'AfD. En revanche, présenter comme un fait juridique établi que « l'AfD est un parti néo-nazi et antisémite » simplifie excessivement la réalité.

    Et il y a une distinction importante : « extrême droite », « extrémiste de droite », « antisémite », « néonazi » et « parti anticonstitutionnel » ne sont pas des synonymes.

    Mais alors, l'inverse est il vrai dans l'analyse vis à vis des mouvances ultra gauche en France ?

    On peut faire exactement la même démarche, à condition d'appliquer les mêmes critères aux deux camps et de ne pas confondre plusieurs notions.

    Et les sources institutionnelles françaises montrent justement qu'il existe un problème réel d'antisémitisme à la gauche radicale, même si la CNCDH précise qu'il reste, statistiquement et politiquement, différent de celui observé à l'extrême droite.

    1. L'antisémitisme à l'ultragauche est documenté

    Ce n'est pas seulement une accusation provenant de la droite.

    La CNCDH, dans son rapport 2024, écrit explicitement qu'« aucun parti, aucune tendance politique » n'est exempt d'antisémitisme et identifie particulièrement la gauche de la gauche, notamment chez des proches de LFI et d'EELV. Elle analyse notamment les déclarations de Jean-Luc Mélenchon depuis le 7 octobre 2023 : refus de qualifier le Hamas de groupe terroriste, attaques contre Élisabeth Borne et Yaël Braun-Pivet, absence à la marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023, et affirmation que l'antisémitisme serait « résiduel ».

    Et les données plus récentes de la CNCDH sont particulièrement intéressantes pour votre comparaison : son rapport 2025 constate une hausse des préjugés antisémites chez les sympathisants LFI, jusqu'à un niveau comparable à celui observé chez les sympathisants RN dans certaines mesures.

    Cela ne signifie évidemment pas que les électeurs LFI sont antisémites. C'est une mesure statistique des préjugés dans une population politique.

    2. On peut également documenter des comportements radicaux

    Il faut ici distinguer LFI comme parti électoral et les mouvances militantes situées à sa gauche ou dans son environnement.

    Il existe en France des groupes antifascistes radicaux dont les pratiques ont fait l'objet de décisions judiciaires.

    Par exemple, le Conseil d'État a confirmé la dissolution de certains groupements pour des faits liés à la violence politique, aux appels à la haine ou à la discrimination. En 2026, il a encore examiné la dissolution de la Jeune Garde antifasciste, en relevant notamment ses actions visant à exclure les mouvements d'extrême droite de l'espace public.

    Il faut toutefois être précis : antifascisme radical ≠ automatiquement antisémitisme.

    Le Conseil d'État a d'ailleurs fait cette distinction dans une affaire concernant un groupement pro-palestinien : son discours prônant la disparition d'Israël était extrêmement virulent, mais le juge a considéré que l'antisionisme militant ne constituait pas, en lui-même, un propos antisémite. La dissolution reposait notamment sur l'absence de modération de commentaires haineux.

    C'est une distinction essentielle.


    3. Et pour le « totalitarisme idéologique » ?

    Là, je serais encore plus prudent.

    On peut parfaitement analyser certains courants de l'ultragauche à partir de critères historiquement utilisés pour caractériser des idéologies totalitaires :

    • conception antagoniste de la société : « peuple contre oligarchie », « dominés contre dominants » ;
    • désignation d'ennemis politiques considérés comme intrinsèquement illégitimes ;
    • volonté d'exclusion politique de certaines catégories ;
    • justification éventuelle de la violence politique ;
    • primauté du collectif sur les libertés individuelles ;
    • remise en cause de certaines institutions libérales ;
    • conception révolutionnaire de la transformation sociale ;
    • contrôle idéologique du discours au sein du groupe ;
    • distinction entre les opinions considérées comme légitimes et celles considérées comme intrinsèquement « fascistes ».

    Mais cela ne suffit pas à qualifier un mouvement de totalitaire.

    Pour employer ce terme sérieusement, il faudrait rechercher des éléments beaucoup plus forts : volonté explicite de supprimer le pluralisme politique, monopole idéologique, destruction des contre-pouvoirs, parti unique ou domination politique exclusive, contrôle coercitif de la société, etc.


    4. C'est justement là que votre comparaison avec l'AfD devient intéressante

    On peut construire une grille parfaitement symétrique :

    CritèreAfD / extrême droiteUltragauche française
    Discours antisémites documentésOuiOui
    Personnalités ayant tenu des propos problématiquesOuiOui
    Relativisation/minimisation de l'antisémitismeDocumentée chez certainsDocumentée chez certains
    Relations avec des groupes radicauxOuiOui
    Discours anti-démocratiquesCertains courantsCertains courants
    Violence politique / intimidationDocumentée dans certains réseauxDocumentée dans certains réseaux
    Volonté de supprimer le pluralismeÀ établir au cas par casÀ établir au cas par cas
    « Parti néonazi » / « parti totalitaire »Formulation trop généraleFormulation trop générale

    Et surtout, la comparaison doit être faite sur les actes et les textes, pas sur l'étiquette politique.

    5. Un point particulièrement important

    Il serait donc parfaitement légitime de répondre à quelqu'un qui dit :

    « L'antisémitisme et les tendances radicales de l'AfD sont parfaitement documentés »

    par :

    « D'accord. Appliquons exactement la même méthode à l'extrême gauche française : responsables, déclarations, groupes, liens organisationnels, antisémitisme, rapports aux institutions démocratiques et justification de la violence. »

    Ce n'est pas une manière de relativiser l'AfD. C'est précisément une manière de tester la cohérence du raisonnement.

    Et les sources institutionnelles permettent effectivement de faire cette comparaison sans avoir besoin de partir d'articles militants de droite ou de gauche.