Lorsqu'en Europe on parle des juifs, les médias font souvent l'absence de distinguer les deux diasporas originales dans le judaïsme contemporain. L'appartenance à la branche séfarade ou ashkénazes, ce qui dans certaines familles restent fondamentale de préserver cette appartenance pour les descendances. D'ou parfois un conflit séculaire mais modéré entre ces deux formations.
Origines historiques
- Les Juifs séfarades (de Sefarad, nom hébreu de l'Espagne) sont les descendants des communautés juives établies dans la péninsule Ibérique jusqu'à leur expulsion d'Espagne en 1492 et du Portugal en 1497. Ils se sont ensuite installés en Afrique du Nord, dans l'Empire ottoman, aux Pays-Bas, en Italie et ailleurs.
- Les Juifs ashkénazes (de Ashkenaz, nom hébreu médiéval de l'Allemagne) se sont développés principalement dans les régions de langue allemande, puis en Europe centrale et orientale (Pologne, Lituanie, Ukraine, Russie, etc.).
Une même religion, des traditions différentes
Ils suivent les mêmes fondements du judaïsme :
- la Torah ;
- le Talmud ;
- les principales fêtes religieuses.
En revanche, ils présentent des différences dans :
- la prononciation de l'hébreu ;
- certaines coutumes religieuses (minhagim) ;
- la liturgie ;
- la cuisine traditionnelle ;
- la musique religieuse.
Par exemple, pendant la fête de Pessa'h :
- les Ashkénazes évitent traditionnellement les légumineuses (kitniyot) ;
- la plupart des Séfarades les autorisent.
Langues historiques
- Les Séfarades parlaient traditionnellement le judéo-espagnol (ladino).
- Les Ashkénazes parlaient le yiddish, langue germanique enrichie d'hébreu et de langues slaves.
Relations entre les deux groupes
Historiquement, les relations ont été variables :
- Pendant des siècles, les deux groupes vivaient souvent dans des régions différentes et avaient peu de contacts.
- Dans les grandes villes méditerranéennes (Salonique, Istanbul, Jérusalem), ils coexistaient généralement de manière pacifique, chacun conservant ses institutions religieuses.
- Les mariages entre Séfarades et Ashkénazes étaient relativement rares jusqu'au XXᵉ siècle, essentiellement pour des raisons culturelles et familiales plutôt que religieuses.
Aujourd'hui, ces mariages sont beaucoup plus fréquents, notamment en Israël, en France et aux États-Unis.
En Israël
L'immigration massive après 1948 a rapproché les différentes communautés.
Au début de l'État d'Israël, des tensions ont existé :
- de nombreux dirigeants étaient d'origine ashkénaze ;
- certains Juifs originaires d'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient (souvent regroupés administrativement avec les Séfarades, bien que beaucoup soient plus précisément des Juifs mizrahim) ont dénoncé des discriminations en matière de logement, d'emploi ou d'éducation.
Ces inégalités ont diminué au fil des décennies, même si certains écarts socio-économiques persistent selon les études.
D'un point de vue génétique
Les recherches en génétique des populations montrent que les Juifs ashkénazes et séfarades partagent une part importante d'ascendance issue des anciennes populations du Levant. Au cours des siècles, chacun des deux groupes s'est également métissé avec les populations des régions où il vivait (Europe pour les Ashkénazes ; péninsule Ibérique, Afrique du Nord et Moyen-Orient pour les Séfarades). Les études concluent généralement à une origine commune importante, tout en mettant en évidence des différences liées à ces histoires migratoires distinctes.