Il est souvent cocasse de se dire que beaucoup de français qui pensent que le RN, ex FN est un parti créer par des anciens SS, sont en partie les mêmes qui ont mit Mitterrand au pouvoir en 81....
Le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu président de la République, sous l’étiquette socialiste. L’aboutissement d’une déjà longue carrière politique, au parcours sinueux, fait de manœuvres et d’opportunisme...
Issu d’une famille de la bourgeoisie catholique, le jeune Mitterrand était dans les années 1930 un libéral-conservateur qui fréquentait les milieux de l’Action française (parti royaliste) et de la Cagoule (organisation nationaliste terroriste) et manifestait contre les métèques, comme on peut le voir sur la ci-jointe. Il faisait des études de droit pour devenir avocat, mais n’exerça jamais cette profession : à peine son diplôme en poche, en 1939, à 23 ans, que la Seconde Guerre mondiale éclatait. Le sergent-chef Mitterrand passa les huit mois de « drôle de guerre » sur la ligne Maginot, dans la Meuse. Quand les troupes allemandes entrèrent finalement en France en mai 1940, il combattit mais fut très vite fait prisonnier et conduit en Allemagne avec des milliers d’autres soldats français.
En décembre 1941, François Mitterrand parvint à s'évader après plusieurs tentatives infructueuses et se rendit à… Vichy, où siégeait le gouvernement collaborationniste du maréchal Pétain, un personnage qu’il admirait et dont il partageait les idées. Y retrouvant plusieurs de ses amis cagoulards, il fut embauché au service de documentation d’une association d’anciens combattants, puis il intégra une instance chargée du reclassement des prisonniers rapatriés d’Allemagne. Il rencontra à plusieurs reprises le maréchal Pétain, dont l’une fut immortalisée par la photo ci-jointe qui ne fut rendue publique qu’en 1994 ! Il reçut des mains du même maréchal Pétain la plus haute décoration du régime de Vichy, la Francisque, en mars 1943. Entre-temps, à l’été 1942, il avait commencé, avec d’autres fonctionnaires de Vichy tout comme lui maréchalistes mais hostiles aux nazis, à entrer en dissidence et à organiser la fabrication de faux papiers pour favoriser des évasions. Au printemps 1943, devenus gênants pour Pierre Laval, le chef du gouvernement, ils quittaient Vichy et entraient dans la Résistance en créant un réseau de prisonniers de guerre. Entre le général de Gaulle et le général Giraud, Mitterrand préférait le second, comme lui fervent maréchaliste et qui avait aussi la préférence des Américains. Mais De Gaulle s’imposa comme l’unique chef de la Résistance et Mitterrand dut composer avec lui. En novembre 1943, il se rendit à Alger avec quelques amis pour rencontrer le Général et lui demander la direction d’un réseau de résistance, mais De Gaulle, craignant qu’il ne soit un agent double, refusa et lui proposa de s’engager dans le corps expéditionnaire en Italie ou chez les parachutistes qui se préparaient à participer au débarquement en Normandie. Mitterrand rejeta les deux propositions et dut donc se contenter d’intégrer le Bureau central de renseignements et d'action, rassemblant des gens chargés de se renseigner sur l’ennemi et de tenir De Gaulle informé de tout.

À la Libération, en août 1944, lorsque De Gaulle forma un gouvernement provisoire dont le ministre des Prisonniers et des Anciens combattants était le chef résistant Henri Frénay, Mitterrand, qui en était un proche, en intégra le cabinet. Ensemble, ils participèrent à la création de l’UDSR (Union démocratique et socialiste de la Résistance), un parti politique classé au centre et opposé à la fois au général de Gaulle et aux communistes. Mitterrand participa à tous les gouvernements de la IVe République (ministre des Anciens combattants, de l’Information, puis des Outre-mer). En 1953, il prit la tête de l’UDSR et infléchit le parti vers le centre gauche et la promotion de la construction européenne, devenant par la même occasion ministre de l’Europe, avant d’être ministre de l’Intérieur (1954-1955) puis de la Justice (1956-1957).
En mai 1958, lors de la nomination du général de Gaulle pour résoudre la crise algérienne, Mitterrand bascula dans l’opposition après douze ans dans la majorité et dans les ministères. Hostile aux nouvelles institutions proposées par De Gaulle, il vota contre l’instauration de la Ve République en septembre 1958 et contre l’instauration de l’élection du président de la République au suffrage universel direct en octobre 1962. Malgré tout, il se fit désigner candidat de l’union des gauches pour l’élection présidentielle de 1965, lors de laquelle il atteignit le second tour, mettant De Gaulle « en ballottage ». Fort de ce succès, il s’imagina premier opposant au Général et à l’éclatement des évènements de Mai 68, réclama sa démission et se proclama leader de la gauche.
En 1971, il manœuvra pour prendre la tête du Parti socialiste et forma l’année suivante une alliance avec les communistes et les radicaux qui lui permit d’être de nouveau le candidat unique de la gauche à la présidentielle de 1974, battu de justesse par Giscard, contre lequel il prit sa revanche sept ans plus tard, ce 10 mai 1981.
Devenu président de la République, François Mitterrand conduisit d’abord une politique de gauche, respectant le programme qu’il avait présenté aux Français, mais opéra en 1983 un tournant libéral, européiste et atlantiste qui le vit faire peu ou prou la même politique que Giscard. Il y ajouta, par pur opportunisme électoraliste, une touche de multiculturalisme et de laxisme judiciaire.
Il ouvrit les vannes de l’immigration arabo-musulmane, favorisa le succès médiatique de Jean-Marie Le Pen et donc sa progression électorale afin d’affaiblir Giscard et Chirac, contribua au renforcement du pouvoir de la Commission européenne sous les conseils de Delors, laissa faire la généralisation du port du voile dans les établissements scolaires et dans les quartiers et donc l’avènement du communautarisme, accepta la réunification de l’Allemagne sans aucun contre-poids, suivit les États-Unis dans la guerre du Golfe et participa à la conception du traité de Maastricht qui consacra la fin de l’indépendance de la France et de la souveraineté du peuple français.
Une vie entière faite de choix opportunistes dans le seul but de faire carrière et d’assouvir une ambition personnelle… Une imposture caractérisée et pourtant pudiquement tue aujourd’hui encore par la plupart des commentateurs de la vie politique…