La réalité derrière la tuerie à Trappes - Depuis 2012, 271 morts dans des attentats islamistes en France, 7 imputables à l'extrême droite en comptant large.
Entre la tuerie de Mohammed Merah à Toulouse et Montauban, en mars 2012, et l'attaque au couteau de Mulhouse, le 22 février 2025, 271 personnes ont été tuées en France dans des attentats islamistes, selon le décompte de l'AFP.
Sur la même période, un seul homicide a été traité par le parquet national antiterroriste (Pnat) comme un attentat d'ultradroite, celui de Hichem Miraoui, coiffeur tunisien de 46 ans abattu par son voisin à Puget-sur-Argens (Var) le 31 mai 2025.
C'était la première fois que le Pnat se saisissait d'un meurtre de ce type.
La comparaison qui tourne en ce moment, les Français tués par les islamistes d'un côté et les musulmans tués par l'extrême droite de l'autre, ne tient pas, parce que les deux colonnes débordent.
Le 14 juillet 2016 à Nice, une trentaine des 86 morts étaient musulmans d'après le recteur de la grande mosquée de la ville. Imad Ibn Ziaten, le premier militaire abattu par Merah, et Ahmed Merabet, le policier achevé par les frères Kouachi, étaient musulmans eux aussi.
Il faut donc compter par l'idéologie du tueur.
La seule base qui applique la même méthode à tous est celle d'Isabelle Sommier, sociologue à Paris 1 (Presses de Sciences Po, 2021).
Elle recense 418 morts de violences politiques en France entre 1986 et 2020.
Près de 70 % ont été tués par des militants religieux, islamistes à deux cas près, soit environ 290 personnes, et les militants politiques de gauche et de droite en ont tué 53, dont neuf sur dix du fait de l'extrême droite, donc à peu près 48.
290 divisé par 48, ça fait un peu plus de 6.
L'islamisme a tué six fois plus que l'extrême droite, soit environ 240 morts d'écart en trente-cinq ans.
Et ces 48 victimes n'ont pas toutes été visées comme musulmanes, puisque dans les agressions d'extrême droite recensées par la même équipe, presque une sur trois vise des militants de gauche ou antiracistes.
Depuis 2012, en comptant large, je trouve sept morts imputables à l'extrême droite ou à des tueurs racistes : Clément Méric, le rugbyman Federico Martín Aramburú tué à Paris en 2022 par un ancien du GUD, les trois Kurdes abattus rue d'Enghien en décembre 2022, Djamel Bendjaballah, écrasé en voiture en août 2024 dans le Nord par un responsable de la Brigade française patriote, et Hichem Miraoui.
271 contre 7, ça fait à peu près 39 pour 1, et 264 morts d'écart.
Si on ne garde que ce que le parquet antiterroriste a traité comme du terrorisme, on passe à 271 pour 1, puisque pour Bendjaballah la juge d'instruction n'a même pas retenu le mobile raciste.
Aboubakar Cissé, tué dans la mosquée de La Grand-Combe (Gard) en avril 2025, n'entre dans aucune colonne, la procureure de Nîmes ayant décrit un tueur isolé obsédé par l'envie de tuer.
Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, disait encore en novembre 2025 que la menace djihadiste reste la plus lourde, en nombre de projets comme en degré de préparation, et qu'elle augmente depuis trois ans.
Mettre les deux sur le même plan, ça revient à répartir les effectifs de la DGSI (la sécurité intérieure) comme si les deux avaient tué autant.
À ma connaissance, aucune statistique officielle ne compte chaque année les morts par motif politique ou religieux.
Je propose que le Pnat publie chaque année un tableau simple avec le nombre de morts, l'idéologie de l'auteur et la qualification retenue par la justice.
Ça ne coûterait presque rien et ça gênerait tout le monde, la gauche qui verrait l'écart écrit noir sur blanc, la droite qui verrait chaque meurtre raciste compté au lieu d'être rangé dans les faits divers.
Le dernier décompte homogène date de 2021 et sort d'un programme universitaire financé par l'Agence nationale de la recherche. Voir moins














































