Bien avant l'effondrement du pont de Gêne, Marco Ponti un professeur d'économie, s'était attaqué à l'entreprise privée qui gérait la structure, soulevant deux préoccupations fondamentales. D'un, il avait constater que l'entreprise Autostrade per l'Italia, engrangeait des bénéfices anormaux par rapport aux frais d'entretiens et de maintenances qu'elle se devait d'assumer pour les plus de 4000 km d'autoroute à péage et le pont de Gêne dont elle avait la concession. Et de deux, Autostrade per l'Italia avait certainement influencé le gouvernement italien pour alléger toutes les réglementations auxquelles elle était assujetti par défaut. Bref, Marco Ponti met le doigt sur encore une fois de plus, les dérives d'une gestion privée sur des infrastructures urbaines dont elle a tiré du profit, sans respecter ses engagements.
Autre problème de taille. Marco Ponti, qui faisait parti d'un groupe de conseillés et d'experts qui agissait pour le compte du gouvernement, a été contraint de démissionner d'une part, par action des propriétaire de Autostrate, et menacer d'autre part, par ces mêmes propriétaires d'un procès s'il continuait a émettre des "fausses allégations". Ponti, n'ayant à l'époque, eut aucun soutient du fait que les propriétaires d'Autostrate, n'était autre que la puissante famille Benetton, la même famille italienne célèbre pour ses pulls en laine et son empire mondial du vêtement.
Aujourd'hui, Marco Ponti fait parti de ces témoins qui ont permis de mettre vingt-et-une personnes, dont neuf employés d’Autostrade et trois fonctionnaires du ministère de l’Infrastructure et des Transports, dans le collimateur d'une enquête criminelle. Les autorités trient des années d'échanges de courriers électroniques et de documents, ainsi que le contenu de quelques dizaines de téléphones mobiles, pour tenter de déterminer qui est à blâmer.
Mais au-delà d’une éventuelle négligence, l’affaire a révélé ce que les critiques considèrent comme des défaillances systémiques profondes de la manière dont l’Italie a privatisé les routes. Autostrade a réalisé d'énormes profits et acquis tellement de pouvoir que l'État est devenu un régulateur en grande partie passif a son encontre. L'effondrement du pont est devenu un sujet politique explosif en Italie du fait que, même si pour l'instant aucunes responsabilités n'a été révélées à l'insu de l'enquête, les Benettons forcent par l'intermédiaire des responsables d'Autostrate a donner satisfaction sur des entretiens et des maintenances effectuées sur ce pont depuis ces trois dernières années. Autostrate ayant a l'heure actuelle, le bénéfice d'une concession de gestions et de maintenance des infrastructures jusqu'en 2038. Une bataille juridique risque de s'engager entre la justice et les Benettons, qui risque de ne pas apporter réellement de réponse avant quelques années.

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