vendredi 20 janvier 2023

L'ILLUSION NE MARCHE PLUS

 Parce que le vent tourne, parce que les associations et mouvements anti raciste ne font plus illusions, parce que la réalité remonte trop à la surface, il faut de nouveau faire culpabiliser l'opinion d'un racisme qui n'en est pas un. Parce que les actes répétés, les comportements intrinsèques, les conflits et désœuvrements culturels, les manques et pertes d'identités, comme les manques d'éducations, font que la communauté maghrébine est en face d'une monté de ressentiments envers eux, leurs congénères, même ceux qui sont français, émérites, honnêtes et droits. Parce qu'à terme, cette communauté n'à pas su faire les choix qui s'imposent, entre occidentalisation, modernisme, progressisme, et un conservatisme traditionnel et religieux très ancrés à la contradiction des valeurs et principes occidentales.


(…) Cette stigmatisation des Arabes, il ne la supporte plus. A l’échine courbée de sa jeunesse, il préfère l’offensive. Il prépare un film, où tous les Maghrébins et autres quitteraient la France. Il résume le pitch : «Quand tu allumes les chaînes d’info, dès qu’il fait froid, c’est la faute des Arabes. Dès que les verts gagnent une élection, c’est le vert de l’islam. Vous savez quoi, on va se barrer tous, allez ciao, et on va voir, vu que c’est nous le problème, si ça va régler la question des mal-logés, de la vie chère, des Gafa qu’on n’impose pas.» En attendant ce projet, dont le comédien «de gauche» peaufine l’écriture avec l’islamologue libéral Rachid Benzine, son dernier rôle est aussi une quête d’identité. (…)

Ado, au contraire de ses camarades aisés de l’école privée où il est envoyé, Ramzy Bedia ne part pas en vacances au ski, n’a pas de maison de campagne en Normandie. Il sent chaque jour leur différence, a l’impression d’être invisible. Il s’en est inspiré pour son premier film, très intime, en tant que réalisateur, Hibou (2016), injustement boudé (8000 entrées). Lui qui ne connaissait (presque) que le succès a subi frontalement l’échec, comme si les spectateurs ne voulaient pas qu’il sorte de son archétype de grand échalas bébête enchaînant les blagues, sorte de Gaston Lagaffe version moderne.

Libé

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