Extrait du rapport de l'OCDE de 2024 sur les changements et les compétences qu'apporteront l'IA dans le marché de l'emplois
L’adoption de l’intelligence artificielle (IA) par les entreprises modifie la façon dont les travailleurs effectuent
leurs tâches et l’organisation du travail. Cette réorganisation des tâches entraînera une évolution de la
demande de compétences.
Par exemple, les entreprises demanderont davantage de travailleurs
possédant des compétences en IA, c’est-à-dire des travailleurs ayant les connaissances et les
compétences nécessaires pour développer et entretenir activement des modèles d’IA. Toutefois, malgré
l’intérêt récent de la population et des recherches en politique pour les salariés ayant des compétences
en IA, ceux-ci ne représentent qu’une part infime de l’emploi global.
La plupart des salariés qui travailleront avec l’IA n’auront probablement pas besoin de compétences en
IA, ni même de connaissances sur le fonctionnement des systèmes d’IA.
Relativement peu d’études se
sont penchées sur la manière dont l’IA modifiera les compétences exigées de ces salariés. Ce rapport
fournit des estimations représentatives de l’évolution de la demande de compétences pour les professions
exposées à l’IA, mais qui ne présentent pas ou n’ont pas besoin de compétences en IA, en utilisant les
offres d’emploi en ligne dans 10 pays de l’OCDE au cours de la dernière décennie.
Les compétences les plus demandées dans les professions fortement exposées à l’IA sont la gestion, les
techniques commerciales et les compétences sociales.
La gestion et les techniques commerciales
comprennent des compétences telles que la gestion de projet, la budgétisation et la comptabilité,
l’administration, le travail de bureau et l’assistance à la clientèle. En moyenne, dans les 10 pays de l’OCDE
faisant partie de l’échantillon, 72 % des postes vacants dans les professions à forte exposition à l’IA exigent
au moins une compétence en gestion et 67 % au moins une compétence en techniques commerciales.
Les compétences sociales, émotionnelles et numériques sont également très demandées, plus de 50 %
des postes vacants dans les professions à forte exposition exigeant au moins une compétence de ces
groupes.
Les professions à forte exposition représentent un tiers de toutes les offres d’emploi dans les
pays de l’OCDE faisant partie de l’échantillon.
La part des postes vacants exigeant au moins une compétence de chacun de ces groupes a augmenté
de plus de cinq points de pourcentage parmi les professions à forte exposition au cours de la période
analysée.
Parmi ces professions très exposées, la part des postes vacants exigeant au moins une
compétence cognitive, émotionnelle ou numérique a augmenté de huit points de pourcentage en moyenne
dans les pays de l’échantillon. Pour les compétences sociales, la demande a augmenté de plus de 6 points
de pourcentage, tandis qu’elle a augmenté de plus de 5 points de pourcentage pour les compétences en
matière de techniques commerciales et de gestion.
Dans le même temps, le rapport montre que la demande de ces compétences pourrait diminuer dans les
établissements plus exposés à l’IA. En utilisant un échantillon d’établissements qui identifie mieux l’effet
causal de l’exposition à l’IA, on constate une baisse de la demande de compétences cognitives et
numériques, ainsi que de compétences en techniques commerciales et en gestion des ressources dans
les établissements les plus exposés à l’IA.
Dans une moindre mesure, les compétences émotionnelles et
de communication ont également fait l’objet d’une baisse de la demande. L’ampleur de ces variations de
la demande est faible, et il convient de les replacer dans le contexte d’une demande croissante pour ces
compétences en général. Toutefois, si l’adoption de l’IA s’intensifie, ces résultats peuvent présager de
l’évolution de la demande de compétences liée à l’IA.
Le rapport fournit également des éléments indiquant que l’adoption de l’IA peut accroître la demande de
certaines compétences possédés par les ouvriers, éventuellement par le biais d’un effet de productivité
qui se traduit par une demande accrue et se répercute sur d’autres travailleurs de l’entreprise. Par
exemple, le rapport constate qu’une plus grande exposition des établissements à l’IA est associée à une
demande accrue de compétences liées à la production et à la technologie, ainsi qu’à des compétences
physiques.
https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2024/04/artificial-intelligence-and-the-changing-demand-for-skills-in-the-labour-market_861a23ea/88684e36-en.pdf?utm_source=chatgpt.com