Mort de Quentin Deranque, tragédie et diversion
Dans ce monde globalisé, même si on part à 15 000 km, on n’est jamais très loin de son pays. L’espace numérique permet de suivre ce qui s’y passe quasiment en temps réel. Avec la France, force est de constater que ce qui frappe, c’est d’abord et avant tout la bêtise politique qui règne dans notre malheureux pays. Un pouvoir aux abois, dirigé par un psychopathe poursuit son travail de destruction qui le conduit à une situation qui va bientôt ressembler à celle de la Russie des années 90. Détesté par une population qui rêve de le chasser mais ne bouge pas une oreille, il est soutenu par des « élites » administratives, judiciaires, policières, médiatiques, et même militaires, corrompues jusqu’à l’os. Une classe politique imbécile prépare fébrilement une élection présidentielle d’ores et déjà truquée et qui permettra de ne rien changer. Le gang qui surplombe le « bloc éllitaire » ne peut en aucun cas se permettre la moindre alternance. Parce que quelle qu’elle soit, aussi mineure soit-elle, elle serait vécue comme une libération, et ouvrirait la voie à une exigence de reddition des comptes dangereuse pour ceux qui après avoir choisi Macron, l’ont soutenu bec et ongles, lui et son système.
Un invraisemblable scandale mondial vient d’éclater dévoilant clairement un monde occidental qui ajoute à une corruption déjà insupportable de ses élites, une dépravation parfaitement ignoble. Et dans cette course à l’infamie, on apprend que la France est plus que largement dans le peloton de tête. Le scandale Epstein raconte deux choses. D’abord l’ignominie que montre le dévoilement, et ensuite le niveau de panique qui touche les élites. L’ahurissante opération de diversion, tentant de faire croire que l’on est en présence d’une opération de déstabilisation russe, témoigne de la panique du système. Et de l’incroyable mépris dans lequel ces gens tiennent les Français persuadés qu’ils sont (ou pas) qu’ils peuvent souscrire à un mensonge aussi stupide. Alors on fait donner les plus grotesques des folliculaires qui se précipitent sur les plateaux pour y enfiler leurs imbécillités. On sacrifie quelques boucs émissaires commodes en se disant, qu’un peu de viande avariée pourrait peut-être calmer une meute qui commence à grogner.
Mais finalement, peut-être auront-ils quelques raisons de ne pas trop s’inquiéter. Après huit jours de révélations, de polémiques, de gêne, de mensonges, voilà que la classe politique offre au forcené l’Élysée une diversion en forme de porte de sortie de son fort Alamo. Une bagarre politique comme la France en a toujours connu, opposant de jeunes imbéciles d’extrême-gauche ignorants de l’Histoire et avides de sensations, à de jeunes imbéciles d’extrême droite tout aussi ignorants et tout aussi avides. Cette fois-ci le sort est tombé sur un jeune homme d’extrême droite comme il était tombé sur Clément Méric appartenant à l’extrême gauche il y a 13 ans. Cette tragédie, raconte la jeunesse, l’inculture et l’inconséquence de ceux qui se prétendent ridiculement « combattants antifascistes », en prétendant construire des murs contre la « bête immonde ». Elle raconte aussi la jeunesse, l’inculture et l’inconséquence de ceux qui en face des premiers, se prétendent « identitaires » et patriotes soucieux de leur défense de leur pays. Finalement, en dehors de leur inculture historique commune, nous avons là le symptôme dégradé, d’une vieille histoire. Et d’ailleurs, les éléments pourtant diffusés au compte-gouttes, font de plus en plus apparaître les faits comme une bagarre à l’ancienne, à la fois violente et classique, entre les deux groupes précités.
Mais cette fois-ci, attention ! La droite a vu l’ouverture. On va pouvoir mettre Mélenchon en difficulté parce qu’avec celui-là pour 2027, on ne sait jamais. Surtout que conscient de sa dimension politique considérable, il a été le seul de toute la classe politique à aborder de front la question de « l’affaire Epstein ». On notera d’ailleurs le pieux silence du RN. La combine habituelle de sa disqualification judiciaire, même si elle mijote déjà dans les petites marmites des magistrats amis, ne sera peut-être pas aussi facile que celle que l’on vient d’appliquer à Marine Le Pen. Alors va pour les amalgames, une petite interview d’Emmanuel Macron à Haziza, le représentant journalistique du Likoud en France, pour prétendre aux dérapages antisémites de LFI. Sans pouvoir bien sûr en citer aucun. Quelques articles bien sentis dans la presse bourgeoise pour dénoncer les risques de guerre civile que Jean-Luc Mélenchon fait courir à la France. Il faut dire que s’acoquiner avec un imbécile du calibre de Raphaël Arnault, ce petit bourgeois urbain qui porte son soi-disant « antifascisme » comme un signe extérieur de richesse, et en faire un député est quand même un exploit. Et le pitre va rapidement commencer à ressembler au sparadrap du capitaine Haddock. Le fascisme, le vrai, a bien existé et a trouvé en face de lui de vrais antifascistes. Ceux d’aujourd’hui font du théâtre.
Chez les droitards plus ou moins extrêmes, et plus ou moins obtus, on monte sur ses grands chevaux, en transformant le pauvre Quentin en martyr, sans oublier de rappeler sa foi catholique. Avec cette particularité curieuse que les groupuscules à la manœuvre ont repris scrupuleusement à leur compte la rhétorique de l’extrême droite israélienne. Parce qu’effectivement on peut se demander par exemple quels objectifs poursuit le groupement « Nemesis » soi-disant féministe identitaire en allant s’opposer à des conférences sur la Palestine dans des enceintes universitaires. Et tous ces petits groupes manifestent ardemment le souhait que cette mort tragique soit enfin l’étincelle qui mette le feu à la plaine. En mode Calvo Sotelo, ce parlementaire de la droite espagnole dont l’assassinat par des socialistes fut utilisé pour déclencher le putsch de Franco.
Tout ceci n’est pas sérieux et même détestable. Mais malheureusement, et c’est probablement le but, on assiste à une énorme opération de diversion politique. Peu importe qu’elle soit volontaire pour le pouvoir, et involontaire pour une partie de la basse-cour, force est de constater que l’affaire Epstein, et le dévoilement de l’énorme corruption du système français sont passés sous la table.
C’est tellement plus intéressant de s’abîmer dans des disputes dignes de « la guerre des boutons », plutôt que de mener les véritables combats politiques qu’appelle la situation dans laquelle le système Macron et son gang ont mis notre malheureux pays.
Le spectacle de cette France sortie de l’Histoire, est encore plus difficile vu de l’étranger.
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