Marc ENDEWELD (févr. 09, 2026) : https://marcendeweld.substack.com/p/entre-paris-et-geneve-les-multiples?fbclid=IwY2xjawP4TexleHRuA2FlbQIxMABicmlkETE4bEtpcWFqWEkxSzM4SWJRc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHnn5Z7j0vov4ipLyDNC4f8W7eIos8R6ubUtoGvW0j6hZPrdCigGtyQg1TuWp_aem_alWIPpPV3fwgsBZ-x7KtmA
- Entre Paris et Genève, les multiples facettes de Jeffrey Epstein. En 2013 le PDG d'Hermès a reçu le pédocriminel, un ami d'Ariane de Rothschild. Conseiller, confident, maître chanteur, agent ou criminel financier : les manières d'Epstein dans le monde des affaires -
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C’est une rencontre qu’Axel Dumas, PDG d’Hermès, doit regretter. Et que le groupe de luxe aimerait beaucoup faire oublier. À la toute fin mars 2013, le dirigeant de ce fleuron du luxe français, a reçu Jeffrey Epstein, en compagnie de Woody Allen, dans les ateliers Hermès de Pantin (Seine-Saint-Denis). Parmi les millions de documents diffusés publiquement par le département de la justice américain depuis plusieurs semaines, on trouve ainsi plusieurs photos attestant de la rencontre dans des mails échangés les 28 et 29 mars 2013. On y voit les trois hommes souriants. Lors de cette visite privilégiée des ateliers du groupe de luxe, est également présente Bali Barret, la directrice artistique adjointe de « l’univers féminin » d’Hermès.
Cette rencontre a lieu cinq ans après la condamnation de l’Américain à 18 mois de prison pour sollicitation de prostitution auprès d’une personne mineure. Dès 2008, l’homme d’affaires ami des puissants est donc fiché à vie comme délinquant sexuel. Ce qui ne dérange aucunement Woody Allen, son ami, et ne semble pas freiner beaucoup le patron du groupe de luxe qui reçoit alors les deux hommes.
La semaine dernière, j’ai donc contacté Anne Méaux, patronne d’Image 7, qui s’occupe de la communication d’Hermès et de celle de son dirigeant, pour savoir ce qu’ils avaient à dire sur la présence du PDG dans les Epstein files. La communicante me répond dans un premier temps que si « Jeffrey Epstein a tenté à plusieurs reprises d’approcher le gérant d’Hermès », ce dernier « a décliné les deux invitations ».
- Escapade parisienne avec Woody Allen -
Ce n’est que lorsque je lui réponds qu’il existe des photos attestant d’une rencontre entre les deux hommes qu’Anne Méaux me confirme la visite dans les ateliers Hermès tout en essayant de la minimiser. Elle me précise ainsi que cette visite avait été initialement prévue pour Woody Allen et qu’Axel Dumas « ne connaissait donc pas » Jeffrey Epstein qui accompagnait son ami. Dans un mail de Jeffrey Epstein du 21 novembre 2013, on apprend en effet que c’est Soon-Yi Previn, la femme du cinéaste, qui a organisé la visite des ateliers auprès d’Hermès.
Lors de cette escapade parisienne, Epstein a passé une bonne partie de son temps avec Allen et sa famille, allant jusqu’à mettre à leur disposition son jet le dimanche 30 mars pour un voyage vers une seconde destination. A-t-il profité de ses amis pour pouvoir rencontrer le PDG d’Hermès ? Ce dernier était-il une « cible » ? La visite des ateliers d’Hermès par le pédocriminel est loin d’être une rencontre accidentelle. Dès février 2013, Jeffrey Epstein a l’intention de voir Axel Dumas à Paris. C’est ce qui transparaît dans cette note écrite par l’assistante du pédocriminel, dans laquelle le nom du PDG d’Hermès apparaît au milieu de plusieurs amis proches de Jeffrey Epstein à Paris, dont Jack Lang et sa fille Caroline, mais également « Daniel » (Siad) et « Jean-Luc » (Brunel) :
Le 20 novembre 2013, Jeffrey Epstein a finalement l’occasion de revoir Axel Dumas à Paris, lors d’une performance de l’artiste et comédienne Tilda Swinton au musée de la mode à Paris. Entre gens du beau monde, ce genre de rencontres est commune. Mais le lendemain même, l’Américain contacte le secrétariat du patron d’Hermès. Si ce dernier fait répondre par son assistante qu’il ne pourra le recevoir prochainement du fait de son emploi du temps, un call est manifestement fixé quatre jours plus tard ainsi qu’une visite d’un des magasins d’Hermès, toujours en présence de Woody Allen (voir mail ci-dessous).
Le même jour, l’assistante de Jeffrey Epstein écrit dans un mail qui lui est adressé : « J’ai parlé avec Elodie au bureau de M. Dumas. Elle va consulter son emploi du temps et me recontactera plus tard dans la semaine pour convenir d’un moment pour discuter ». Ces premiers éléments mettent déjà à mal la version de rendez-vous fermement déclinés.
Mais c’est une discussion bien plus tard entre Steeve Bannon, l’inspirateur de l’extrême droite américaine, et Jeffrey Epstein, qui interroge plus encore. Dans cet échange du 16 juillet 2018, le premier demande au second s’il connaît Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH, concurrent d’Hermès. Epstein répond avoir « de très proches amis mutuels », en citant en particulier Jack Lang. Il ne le cite pas dans son SMS, mais Jeffrey Epstein côtoie également à Paris Jean-Yves Le Fur (cité dans le fameux « black book »), alors propriétaire de la boîte de nuit Le Montana, situé près du Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés, où Epstein a ses habitudes. Producteur et homme de presse (fondateur de DS, Numéro, mais aussi un temps propriétaire de Lui), Le Fur était une personnalité du monde de la mode à Paris et connaissait le grand patron du luxe. Bannon, dans son message suivant, fait référence, non aux mondanités de la mode parisienne mais à la bataille engagée par Bernard Arnault à partir de 2010 pour le contrôle d’Hermès et aux difficultés qu’il a rencontrées dans cette entreprise. Et Epstein de répondre, d’une manière équivoque : « Axel Dumas, à la tête d’Hermès, avait un meilleur conseiller
».
Cet échange de SMS entre Bannon est attesté par d’autres documents, notamment le EFTA00782489 dans lequel on comprend que la personne qui répond à Steeve Bannon (en bleu sur la capture d’écran) est bien Jeffrey Epstein.
- Le projet d’un dîner chez Ariane de Rothschild -
Aujourd’hui, chez Hermès, les inquiétudes se portent davantage sur un certain projet de dîner et des échanges datant de janvier 2014 entre Jeffrey Epstein et sa très grande amie française Ariane de Rothschild, patronne du groupe financier Edmond de Rothschild établi à Genève, également une proche d’Axel Dumas.
Le 22 janvier 2014, l’assistante d’Epstein contacte de nouveau le secrétariat du PDG d’Hermès l’informant d’une visite prochaine à Paris de l’Américain et lui proposant une rencontre à trois avec Ariane de Rothschild. Deux jours plus tard, l’assistante d’Axel Dumas répond que ce dernier, loin de décliner, « sera ravi » de rencontrer Jeffrey Epstein en compagnie de leur amie commune, et propose de les rencontrer tous les deux au Sofitel Le Faubourg rue Boissy d’Anglas dans le 8e arrondissement à 17h30 le 30 janvier 2014.
Deux jours plus tard, Epstein change d’avis sur les circonstances du rendez-vous et décide d’inviter Axel Dumas à venir ce même 30 janvier pour un dîner plus décontracté chez Ariane de Rothschild, cette fois-ci sur les coups de 20h30, en compagnie de l’ancien Premier ministre israélien, Ehud Barak. Dans des mails échangés le 27 janvier avec Ariane de Rothschild (voir ci-desous), Jeffrey Epstein propose désormais d’organiser un dîner collectif, « informel », notamment avec le réalisateur de cinéma Michel Hazanavicius, mais aussi avec « Axel Dumas et sa femme1 ». En réponse, son hôte propose d’inviter également l’homme d’affaires Charles Beigbeder et « deux autres PDG quadras ». ........... (lire la suite sur le lien en haut)
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