Les autorités américaines, via U.S. Customs and Border Protection (CBP), ont publié en décembre 2025 une proposition officielle visant à élargir les données que les voyageurs doivent fournir lorsqu’ils sollicitent une autorisation ESTA. Cette proposition figure dans le Federal Register — le journal officiel du gouvernement fédéral — et elle est ouverte à consultation publique jusqu’à début février 2026.
Important : au moment où l’on parle, ces nouvelles règles ne sont pas encore entrées en vigueur. Elles peuvent être modifiées, retardées ou même abandonnées en fonction des commentaires reçus et des décisions finales.
Expansions de collecte de données
CBP propose de demander à tous les voyageurs utilisant le programme d’exemption de visa (environ 14 millions de personnes par an) :
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Les identifiants de leurs comptes sur les réseaux sociaux des 5 dernières années (jusqu’ici facultatifs).
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Leurs numéros de téléphone des 5 dernières années.
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Leurs adresses e-mail des 10 dernières années.
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Des informations détaillées sur la famille (noms, dates et lieux de naissance, etc.).
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Données biométriques étendues « lorsque cela est faisable », comme des photos biométriques, empreintes digitales, éventuellement ADN et scans de l’iris selon certains documents internes.
Application mobile obligatoire
La proposition prévoit également de supprimer l’application web classique ESTA et de forcer tous les voyageurs à utiliser une application mobile officielle — potentiellement avec géolocalisation et selfie obligatoire — pour soumettre leurs informations.
Contexte politique et sécurité
Ces propositions s’inscrivent dans une logique plus large de renforcement des contrôles frontaliers décidée par l’administration américaine — notamment en réponse à des préoccupations de sécurité nationale. Elles font suite à un ordre exécutif signé début 2025 appelant à une surveillance accrue des voyageurs étrangers et à une collection plus importante de données personnelles.
Réactions et controverses
Critiques principales
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Associations professionnelles du voyage — comme la Global Business Travel Association — avertissent que ces nouvelles exigences pourraient décourager les visiteurs internationaux, notamment les voyageurs d’affaires, ce qui nuirait à l’économie américaine et augmenterait les coûts de voyage.
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Défenseurs de la vie privée s’inquiètent que la collecte étendue de données (réseaux sociaux, emails, biométrie) pose des risques pour la vie privée, la liberté d’expression et la protection des données personnelles.
Soutiens
Les responsables gouvernementaux présentant la proposition justifient ces mesures comme nécessaires pour prévenir les fraudes, renforcer l’identification des voyageurs et anticiper les menaces avant qu’un passager ne monte à bord d’un avion pour les États-Unis.
Où ça en est maintenant
La période de consultation publique a officiellement pris fin début février 2026, et les autorités doivent maintenant examiner les commentaires reçus avant de décider :
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quelles exigences seront retenues,
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comment elles seront mises en œuvre,
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et à quelle date elles entreront en vigueur.
Rien n’est encore juridiquement obligatoire pour voyager à ce stade, même si certaines pratiques (comme demander des infos de réseaux sociaux ou selfie) pourraient devenir courantes selon la version finale adoptée.
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