vendredi 22 mai 2026

ECHEC

 Cette usine avait été présentée comme le symbole de la "renaissance industrielle", de "la souveraineté retrouvée", une brique de "l'Airbus du solaire" : mise en avant à ChooseFrance, biberonnée à l'argent public (19 M€ au bas mot), elle ne verra pas le jour.

Ils avaient promis 3000 salariés. 

A minima, l'Etat a mis 4 M€. La Région 15M€. A fonds perdus. 

Pourquoi ? 

Parce que les règles de la mondialisation empêchent de favoriser une industrie locale. Plus personne ne respecte ces règles ? Si l'UE. Et la France donc.

En 2023, Carbon était à #ChooseFrance, mis en avant par E. Macron, le ministre de l'écologie et ... les éditorialistes économiques au motif du "renouveau industriel"

Ce n'était qu'un mirage

Voilà le résultat à force de signer des accords de libre-échange (de l'OMC au Mercosur).

Précisions : selon Paul Messad et Richard Loyen, seuls 2,5 M€ de la région auraient été décaissés. Pas les 4M€ de l'Etat ... pour cette phase de préfiguration. 

La Communication politique autour de ce qui n'était qu'un vague projet incertain a été totalement démesurée.

La société française Carbon, en liquidation judiciaire, a annoncé mardi mettre fin au projet de giga-usine de panneaux photovoltaïques qu'elle développait à Fos-sur-Mer, près de Marseille, déplorant notamment le manque de visibilité sur un marché potentiel.

« Aucune visibilité n'existe aujourd'hui »

La gigafactory de Carbon était l'un des deux grands projets d'usines géantes de panneaux photovoltaïques en France, avec celle d'Hambach (Moselle), portée par le groupe HoloSolis. Selon une décision de justice du 13 mai consultée par l'AFP, l'entreprise est en liquidation judiciaire.

Dans un communiqué, Carbon a regretté que les ambitions en matière de marché spécifiquement européen de l'énergie solaire se concrétisent trop lentement, si bien qu'"aucune visibilité n'existe aujourd'hui sur l'émergence d'un tel marché". "Il faudra encore attendre au moins une année, sans garantie que la législation permette in fine la mise en place d'un marché véritablement souverain", a ajouté Carbon.

"L'Europe a décidé de laisser ouverte la porte à tous les pays pour lesquels elle a mis de l'accord de libre-échange, donc la Chine, l'Inde, le Vietnam, etc. Nous, dans ce contexte-là, on considère que ce n'est pas encore mûr", a expliqué à l'AFP son président Pierre-Emmanuel Martin mardi soir.

L'ombre omniprésente de la Chine

Ce projet prévoyait la création de plus de 3 000 emplois directs et une capacité solaire de 5 GW. 

Carbon a été créée en mars 2022 à Lyon, puis a déménagé à Marseille, selon son président. Elle entendait produire et commercialiser à grande échelle les composants entrant dans la fabrication des panneaux solaires (plaquettes de silicium et cellules photovoltaïques) ainsi que ces derniers (soit des modules photovoltaïques).

Le polysilicium nécessaire à la fabrication des cellules, qui est produit à 80 % par la Chine, devait lui être importé d'Europe. Le projet Carbon à Fos comptait sur un budget d'investissement de 1,5 milliard d'euros.

Interrogé par le média local Maritima, le maire de Fos, Philippe Maurizot, a assuré que ce projet, dès le début, l'avait laissé "dubitatif": "On ambitionnait de concurrencer la Chine dans un domaine industriel qu'elle domine depuis plus d'une décennie. Les Chinois détiennent 85 % du marché mondial et possèdent les 10 premiers fournisseurs de panneaux", a-t-il rappelé.


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