vendredi 3 juillet 2026

DECOMPOSER

 

Nantes, été 2026. Comme chaque année, les habitants découvrent les nouvelles œuvres d'art financées par la mairie sur leurs places publiques.

Cette année : un tas de sable.

Ce tas de sable doit être arrosé tous les jours pour maintenir sa forme artistique. Pendant l'été. Dans une ville qui était en restriction d'eau potable la semaine dernière sous 42 degrés.

Vous ne rêvez pas. C'est une commande publique. Votre argent.

Il y a une logique implacable dans tout ça. La même mairie qui vous demande de ne pas arroser votre jardin, de ne pas remplir votre piscine, d'économiser l'eau pendant la canicule, arrose quotidiennement un tas de sable au nom de l'art contemporain.

On ne saura probablement jamais combien ça coûte. Les commandes publiques d'art contemporain sont notoirement opaques sur leurs budgets. Ce qu'on sait, c'est que ces décisions sont prises par un entre-soi culturel qui n'a jamais à rendre de comptes à ceux qui paient.

L'art contemporain financé par le contribuable a une caractéristique unique : plus il est incompréhensible, plus il est cher, et moins on a le droit de le critiquer sans être taxé d'inculture.

Le tas de sable de Nantes, arrosé pendant la restriction d'eau, résume mieux qu'un long discours l'état de la relation entre nos élites culturelles et les gens ordinaires qui financent leurs lubies.

Et si l'art contemporain n'était qu'un outil de blanchiment d'argent public ?

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