L'Histoire que l'on vous enseigne à l'école est la version simplifiée, édulcorée, voir orientée selon ce que l'on veut que les futurs générations voient dans une perspective subjective. Seuls les curieux, les alertes de l'esprit s'interresseront un jour à se cultiver un peu plus dans le détail, et comprendre que justement, les détails de l'histoire donnent une perspective parfois plus complexe, une compréhension plus générale que rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ils remettront du contexte, là ou certains veulent y mettre de l'idéologie. Ils comprendront que le passé est une leçon politique, sociologique, économique pour éviter de faire les mêmes erreurs, au delà de ceux qui se servent de quelques distorsions pour assouvir et asseoir leurs idéologies en ne prenant que des morceaux de l'histoire, occultant volontiers quelques parts et sections de celle ci, qui nuiraient à la crédibilité de leurs démonstrations d'instrumentalisations de l'histoire.
L'irruption des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale doit-elle être considérée comme une croisade contre la barbarie nazie, la lutte du Bien contre le Mal ? Jacques Pauwels, historien canadien, brise le mythe. À ses yeux, les Américains étaient, en effet, loin d'être in intéressés par les ressources économiques et la dimension géostratégique des régions qu'ils allaient libérer. Ils débarquèrent donc avec une idéologie, des vues politiques, une conception des rapports sociaux à préserver et, bien entendu, avec l'idée qu'il fallait assurer les intérêt de leurs entreprises et du capitalisme américain. La crainte de l'expansion communiste et le désir d'en limiter les effets ne furent évidemment pas étrangers à cette philosophie interventionniste. Ce livre brise l'image d'Épinal du libérateur américain venant mourir sur les plages de Normandie dans un but uniquement philanthropique. Une contre-histoire de la Deuxième Guerre mondiale qui modifie radicalement notre vision du XXe
siècle et offre un nouveau regard sur l'époque actuelle.
Jacques R. Pauwels (né à Gand, Belgique, en 1946) vit depuis 35 ans au Canada. Docteur en
sciences politiques et en histoire, il a enseigné ces matières à l'Université de Toronto.
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