Les émeutes françaises montrent que des décennies d' »immigration colonisatrice » de masse pourraient mener à un « effondrement », déclare l’ex directeur de la DGSE
Après les émeutes massives de la semaine dernière qui ont choqué la France et le monde entier, l’ancien chef de la puissante agence de renseignement française DGSE déclare que la cause première de la situation tragique de son pays est avant tout « l’idéologie dominante, qui a justifié et même glorifié l’immigration colonisatrice massive qui a eu lieu au cours du dernier demi-siècle ».
Des pompiers utilisent un tuyau d’arrosage sur une voiture brûlée à Nanterre, près de Paris, France, samedi 1er juillet 2023. Le président français Emmanuel Macron a exhorté vendredi les parents à garder les adolescents à la maison et a proposé des restrictions sur les médias sociaux afin d’étouffer les émeutes qui se répandent à travers la France suite à la fusillade mortelle d’un conducteur de 17 ans par la police. (AP Photo/Lewis Joly)
Pierre Brochand a été à la tête du service de contre-espionnage de la DGSE de 2002 à 2008. Depuis 2019, il a appelé à plusieurs reprises à un changement radical de la politique d’immigration de son pays face à ce qu’il considère comme une menace imminente de guerre civile.
Lors d’une discussion sur l’immigration sur la station de radio publique France Culture en avril dernier, Brochand a lancé un avertissement qui a trouvé sa pleine expression dans la semaine d’émeutes violentes et de pillages qui s’est emparée de la France après la fusillade d’un adolescent d’origine algérienne le 27 juin :
« Si nous ne faisons rien ou si nous faisons peu, nous allons nous diriger soit vers une implosion progressive de la confiance sociale en France, c’est-à-dire vers une société où la qualité de vie va s’effondrer et où il sera de moins en moins agréable de vivre, soit, par explosions successives, vers des affrontements qui feront de la France un pays où l’on ne pourra plus vivre du tout ».
Or, dans un entretien publié le 6 juillet sur le site du quotidien Le Figaro, Brochand expose, selon les termes du Figaro, « le cocktail mortel entre une société d’individus fondée sur l’ouverture et la démocratie et l’arrivée de diasporas entières aux origines culturelles totalement différentes ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’analyse de l’ancien chef du contre-espionnage contraste fortement avec celle du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, présentée à l’Assemblée nationale le 5 juillet dernier. Selon lui, les émeutes des jours précédents ne sont pas liées à l’immigration puisque « seulement » 10 % des émeutiers étaient des étrangers.
Aux yeux de Darmanin, les jeunes non-blancs qui ont semé le désordre dans les rues de France pendant plusieurs jours, invoquant souvent le Coran et le nom d’Allah, n’ont aucun lien avec l’immigration puisqu’ils sont citoyens français. Le ministre français s’est toutefois contredit en déclarant que l’âge moyen des émeutiers était de 17 ans, qu’ils étaient nés sous la présidence de Jacques Chirac et qu’il était de toute façon trop tard pour contrôler l’immigration.
Malheureusement, cette situation illustre parfaitement le constat pessimiste que faisait Brochand en avril dernier sur France Culture, lorsqu’il déclarait qu’il ne pensait pas que la classe politique française ait actuellement assez de courage pour faire ce qui est nécessaire afin d’éviter le pire des scénarios : celui de la confrontation.
Pierre Brochand a été directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2002 à 2008, ainsi qu’ambassadeur de France en Hongrie et en Israël.
« Fermer les frontières au nom du principe de précaution – à la polonaise – n’a jamais été sérieusement envisagé dans notre pays », a déclaré Brochand au Figaro après les récentes émeutes qui ont fait plus de 700 blessés parmi les forces de l’ordre, quelque 4 000 arrestations et dévasté de nombreuses villes. Pour Brochand, la raison est un mélange d’humanisme et d’intérêts économiques, c’est-à-dire le besoin d’importer de la main-d’œuvre bon marché.
Selon Brochand, les changements qui ont conduit à la décomposition actuelle de la société française se sont produits dans les années 1970, lorsque la France est passée d’un État national moderne à une société d’individus.
Parallèlement à l’immigration de travailleurs, la France a commencé à connaître ce qui est devenu de plus en plus une immigration de peuplement (Brochand utilise le terme français « immigration de peuplement », qui peut également être traduit par « immigration colonisatrice »). Le passage à une société d’individus a créé ce qu’il appelle un effet de ciseaux. Ainsi, aux yeux de Brochand, la partition interne est la tendance naturelle des sociétés multiculturelles d’Europe occidentale.
Ce n’est pas nouveau, Pierre Brochand a déclaré qu’il se souvenait que lorsqu’il était ambassadeur de France en Hongrie dans les années 1989-93, juste après la chute du communisme dans cette partie de l’Europe, il entendait souvent ses interlocuteurs hongrois dire : « Nous avons la chance de voir directement les dégâts que l’immigration non européenne cause dans votre pays et nous ne voulons certainement pas vous imiter ».
« Aux yeux de tous, nous sommes désormais l’homme malade du continent, du Conseil de sécurité, du G7 et du G20 », déplore l’ancien chef du contre-espionnage français, alors que la France est bien le pays qui compte la plus forte proportion d’habitants issus de l’immigration extra-européenne, et que les chiffres de l’immigration battent de nouveaux records historiques sous la présidence d’Emmanuel Macron.
D’autres, comme dans l’Italie voisine où l’immigration de masse a commencé au début des années 2010 lorsque le gouvernement de droite de Berlusconi a été renversé avec l’aide de Bruxelles, Berlin et Paris, savent très bien que ce qui se passe aujourd’hui en France se produira probablement dans leur pays dans une décennie ou deux si rien n’est fait.
Une illustration de cette appréhension peut être trouvée, par exemple, dans un article publié le 5 juillet par le quotidien conservateur italien Il Giornale et intitulé : « Les racines du mal français et la peur qui plane sur l’Italie ».
Entre-temps, une grande majorité de Français s’oppose fermement à ce qui apparaît de plus en plus comme une dangereuse expérience d’ingénierie sociale menée par les élites libérales, ce qu’Éric Zemmour a appelé un pacte Ribbentrop-Molotov entre les libéraux occidentaux et l’Islam contre l’homme français blanc, hétérosexuel et catholique. En effet, 74 % des Français pensent aujourd’hui qu’il y a trop d’immigrés dans leur pays et 62 % voudraient que la France désobéisse aux traités et à la législation de l’UE pour mettre un terme à l’immigration.
Ce dernier point est important, notamment à la lumière de l’arrêt rendu il y a quelques jours par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre la Suisse, qui étend le droit au regroupement familial même aux réfugiés qui n’ont obtenu qu’un permis de séjour temporaire et non l’asile. N’oublions pas que les Etats membres de l’UE ont l’obligation, conformément aux traités de l’UE, de respecter les arrêts de la CEDH.
« Quand les diasporas gonflent démesurément – avec au moins 5 millions d’arrivées supplémentaires depuis 2005 – atteignant une masse critique qui les rend confusément conscientes de leur force irrésistible, quand les compromis et les concessions unilatérales deviennent des aveux de faiblesse appelant à la transgression, quand ces contre-sociétés ont l’audace de s’ériger en souverainetés concurrentes dans le même espace « un et indivisible », eh bien, le couvercle de la cocotte-minute saute, dès que l’occasion s’en présente », explique Brochand dans l’entretien qu’il a accordé au Figaro le 6 juillet.
« Il faut d’abord rappeler que les émeutes isolées sont monnaie courante depuis 40 ans, dans tous les coins du pays, sous l’étiquette technocratique de ‘violences urbaines' », poursuit l’ancien directeur de la DGSE, notant que les choses ont évolué « au point que plus personne n’y prête attention, comme si elles faisaient partie du paysage ».
Selon Brochand, entre 100 000 et 200 000 personnes auraient participé aux violences urbaines, créant une situation bien plus dangereuse qu’en 2005, lorsque des émeutes similaires avaient eu lieu dans les banlieues françaises. Rien de comparable ne s’était produit depuis la Révolution française de 1789, note Brochand, et, cette fois, même des villes de province ont été touchées par les troubles aux côtés des centres des grandes villes, contrairement à ce qui s’est passé il y a 18 ans, lorsque la plupart des émeutes se sont limitées aux quartiers dits sensibles.
« Je décrirais la catastrophe actuelle comme un soulèvement ou une révolte contre l’État national français, de la part d’une partie importante de la jeunesse d’origine extra-européenne présente sur son territoire », déclare Brochand.
« En tirerons-nous les leçons qui s’imposent, alors que le pronostic vital du pays est en jeu ? Envisagera-t-on d’autres remèdes qu’un énième « plan banlieue » ? Les choses étant ce qu’elles sont, j’en doute », conclut-il sur une note pessimiste.
Les propos du colonel Brochand font écho à ceux tenus par le colonel de gendarmerie Philippe Cholous sur la chaîne d’information française CNews le 2 juillet dernier :
« Il faut analyser cette situation non pas en fonction de ce qui se passe aujourd’hui, qui est terrible, mais en fonction de ce qui pourrait se passer si cela dégénérait. Il y a évidemment la colère des banlieues, mais je pense qu’il y a aussi la colère des classes moyennes, des braves gens, des travailleurs français. Il y a aussi beaucoup de ressentiment de la part des forces de l’ordre, qui sont très souvent abandonnées par les politiques. (…) Le niveau d’exaspération et de ressentiment, le niveau de violence, et surtout le fait qu’il y ait dans certains quartiers une véritable haine de la France, avec des armes qui circulent, font que le potentiel est explosif. Et ce n’est pas parce qu’il y a moins de véhicules brûlés ou de commerces attaqués que le risque potentiel diminue ».
Il convient de noter qu’après une semaine de chaos, le gouvernement français n’a pas renoncé à son projet de légaliser le séjour de centaines de milliers d’immigrés clandestins qui travaillent dans des secteurs en manque de main-d’œuvre, ce qui va considérablement renforcer le facteur d’attraction de l’immigration clandestine vers l’Europe, comme chaque légalisation de ce type dans un grand pays européen l’a fait par le passé.
Selon un sondage publié le 7 juillet pour la chaîne de télévision CNEWS sur les dirigeants politiques auxquels les Français font le plus confiance pour trouver des solutions à la situation actuelle de leur pays, et pour lequel les personnes interrogées devaient donner leur premier et leur deuxième choix, 32 % ont déclaré ne faire confiance à aucun dirigeant, 27 % à Marine Le Pen, 22 % au président de son parti, Jordan Bardella, et seulement 20 % au président Emmanuel Macron, et 13 % à Éric Zemmour, qui est décrit comme étant plus à droite que Marine Le Pen.
Le ministre de l’intérieur de Macron, Gérald Darmanin, n’arrive qu’en cinquième position, car seuls 12 % des personnes interrogées lui font confiance, tandis que 11 % seulement désignent le Premier ministre Elizabeth Borne comme leur premier ou deuxième choix de personne susceptible d’apporter des solutions à la crise en cours. Il est intéressant de noter que le leader du parti de centre-droit Les Républicains, Éric Ciotti, avec seulement 6 % des Français qui lui font confiance pour apporter des solutions, est devancé par les leaders d’extrême-gauche Jean-Luc Mélenchon (9 %) et Fabien Roussel (8 %).
Traduction de Remix News par Aube Digitale
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