vendredi 28 mars 2025

ETAT DES LIEUX

 

Guerre en Ukraine : la société occidentale défigurée

Vladimir Golstein est un universitaire américain. Catastrophé par la dégradation du débat public dans tout l’Occident depuis 2014 à propos de la Russie, il est sans illusion sur Donald Trump. Mais il lui reconnaît le mérite « d’avoir commencé à diagnostiquer la pourriture qui a totalement défiguré la société occidentale ».

Nous publions ci-dessous avec son autorisation le texte qui exprime cette position.

Régis de Castelnau

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https://www.vududroit.com/2025/03/guerre-en-ukraine-la-societe-occidentale-defiguree/?fbclid=IwY2xjawJTdQ9leHRuA2FlbQIxMQABHTSjlDt0FsYd2UsTv-U0_TSpQ53i0mQ3hWGAZCDzRgf04vPngwFWHuEQ0A_aem_9dC21G4KaSQN1QwdKDTNng

L’Ukraine est évidemment bien plus que l’Ukraine. Et c’est bien plus qu’une guerre entre deux pays d’Europe de l’Est.

Toute cette affaire a totalement pénétré et perverti la politique occidentale au cours des onze dernières années, en fait depuis l’annexion de la Crimée en 2014.

Une propagande et une désinformation sans fin en ce qui concerne les informations sur la guerre. Une représentation biaisée incessante de la situation. Un lavage de cerveau permanent du public occidental. Une dégradation du débat public, une diabolisation, une simplification extrême, une projection des torts sur l’autre camp. Tout y est passé. Les clichés les plus éculés ont déferlé, et rien n’a pu les arrêter.

Mais tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg. Toute la machine politique des États-Unis s’est articulée autour de cette question, depuis que l’ultra-corrompue et cynique Hillary a commencé à expliquer sa défaite spectaculaire par une ingérence russe.

Tout à coup, la vilaine tête du maccarthysme s’est relevée et s’est mise à nous fixer d’un regard pétrifiant, celui de Méduse. Les politiciens ont commencé à avoir peur de dire ce qu’ils pensaient. Les universitaires ont été réduits au silence par l’intimidation, tout comme les journalistes, les personnalités publiques, les intellectuels. Chacun a ressenti le besoin de masquer sa cupidité, sa faiblesse ou son ignorance derrière le drapeau ukrainien.

Puis est venu le spectacle des mises en accusation, de la commission Mueller, des audiences interminables du Congrès. Le syndrome du dérangement anti-Trump. Est-ce que quelqu’un observait et analysait-il la situation ? Quelqu’un posait-il des questions ? Quelqu’un protestait-il ? Pas vraiment.

Lorsque les gens en Ukraine se sont tus, la raison était claire. Ils étaient intimidés, agressés physiquement, réduits au silence, voire tués par des néo-nazis devenus littéralement incontrôlables, brûlant des gens, les attachant à des poteaux, les battant, et ainsi de suite.

Mais pourquoi les faiseurs d’opinion occidentaux se sont-ils alignés et ont-ils suivi ce non-sens pendant onze ans, et continuent-ils de le faire, du moins en Europe de l’Ouest ?

En tant qu’universitaire et intellectuel, je suis censé l’expliquer, mais je ne peux pas. Je ne peux pas vraiment comprendre pourquoi des personnes pourtant sensées ont soudainement commencé à agir avec lâcheté, stupidité, ignorance militante, arrogance moralisatrice et posture vertueuse. Ce n’était pas la peur comme en Ukraine. La cupidité ? D’accord, cela explique le complexe militaro-industriel. Mais pour le reste de la population ? Peur d’être licencié ? Harcelé ? Réduit au silence ? Peur d’être différent, peur du rejet social ?

Tout cela est bien triste. Bien sûr, l’histoire a cette capacité de remettre chaque chose à sa place. Tôt ou tard, la vérité sur cette symbiose malsaine entre l’aile la plus libérale des Démocrates et l’aile la plus néo-nazie de la société ukrainienne sera étudiée et révélée. Mais en attendant, je suis heureux que Trump, avec le pouvoir qui lui est conféré, ait défié ce mur de mensonges. Sans lui, cela aurait pris beaucoup plus de temps. Alors oui, il est arbitraire, capricieux, myope ou ce que vous voulez. Mais au moins, il a percé cette immense bulle, ou du moins, il a commencé à diagnostiquer la pourriture qui a totalement défiguré la société occidentale.

Vladimir Golstein

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