jeudi 11 décembre 2025

HISTOIRE AVEC UN GRAND H

Louis Bourbon, Duc d'Anjou qui en cas restauration, en tant que Bourbon, pourrait prétendre devenir Louis XX

 Il y a quelques jours, le prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou accordait un entretien au journal 𝐿𝑒 𝑃𝑎𝑟𝑖𝑠𝑖𝑒𝑛 à propos des nouvelles découvertes du docteur Philippe Charlier concernant la mort de Louis XIV, permises par l'analyse d'un fragment de son cœur momifié. Quelques très courts passages de l'article ont été supprimés ou très légèrement modifiés pour plus de fluidité :

𝙇𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙫𝙚𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙢𝙤𝙧𝙩 𝙙𝙚 𝙇𝙤𝙪𝙞𝙨 𝙓𝙄𝙑 𝙫𝙪𝙚𝙨 𝙥𝙖𝙧 𝙨𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙨𝙘𝙚𝙣𝙙𝙖𝙣𝙩
𝐿’𝑎𝑛𝑎𝑙𝑦𝑠𝑒 𝑟𝑒𝑐𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑑’𝑢𝑛 𝑓𝑟𝑎𝑔𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑢 𝑐𝑜𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑟𝑜𝑖 𝑠𝑢𝑔𝑔𝑒𝑟𝑒 𝑞𝑢’𝑖𝑙 𝑛’𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑠𝑢𝑐𝑐𝑜𝑚𝑏𝑒 𝑎 𝑙𝑎 𝑔𝑎𝑛𝑔𝑟𝑒𝑛𝑒. 𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑐ℎ𝑒𝑟𝑐ℎ𝑒 𝑎 𝑟𝑒𝑐𝑢 𝑙’𝑎𝑣𝑎𝑙 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑛 ℎ𝑒𝑟𝑖𝑡𝑖𝑒𝑟, 𝑀𝑜𝑛𝑠𝑒𝑖𝑔𝑛𝑒𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝐷𝑢𝑐 𝑑’𝐴𝑛𝑗𝑜𝑢, 𝑞𝑢𝑖 𝑎 𝑎𝑐𝑐𝑒𝑝𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑒𝑝𝑜𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑎 𝑛𝑜𝑠 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 :
Trois siècles après sa mort, le Roi-Soleil continue de livrer ses secrets : une équipe de chercheurs dirigée par le paléopathologiste Philippe Charlier a récemment publié des travaux contredisant la cause officielle du décès de Louis XIV. L'histoire retenait que le souverain s'était éteint le 1er septembre 1715 des suites d'une gangrène. Mais l'analyse d'un fragment de son cœur momifié suggère un nouveau diagnostic : la chromoblastomycose, une infection fongique rare, c’est-à-dire causée par un champignon.
Bien qu'elle intéresse l'histoire de France et concerne donc tous les Français, cette recherche n'aurait pu être menée sans l'autorisation du prince Louis de Bourbon, chef de la Maison de France et héritier du trône, qui a accepté de répondre à nos questions par écrit.
Le chef de la maison de Bourbon concède s'être interrogé quant à l'idée d'intervenir sur les restes de son aïeul : « Dans ce genre de recherche, on est toujours hésitant. Il faut laisser les morts en paix ». Toutefois, il estime que « les buts de la recherche et de la connaissance doivent aussi primer dès lors qu'aucun sacrilège ne vient entacher la démarche. »
Après s'être assuré auprès de Philippe Charlier de la méthodologie et des objectifs scientifiques de l'étude, le Duc d'Anjou lui donne son accord formel par écrit en 2020. Les deux avaient déjà tissé un lien de confiance autour d'un intérêt commun pour la chapelle des Princes, dans la basilique Saint-Denis, qui renferme des restes de représentants de la famille royales.
« J’avais attiré, à l’époque, en 2008, l'attention de l'administration pour savoir si ces dépouilles recevaient bien tous les égards qui devaient leur être rendus », écrit Louis de Bourbon, évoquant « un problème de conservation » et des « dégradations ». « Le docteur Charlier m'avait montré alors tout l’intérêt qu’il y aurait à étudier ces vestiges » pour en apprendre plus « sur les causes de décès des princes et souverains », raconte l'héritier aussi connu sous le nom de Louis XX.
𝑪𝒐𝒏𝒕𝒓𝒐𝒗𝒆𝒓𝒔𝒆 𝒂𝒖𝒕𝒐𝒖𝒓 𝒅𝒖 𝒄𝒓𝒂𝒏𝒆 𝒅'𝑯𝒆𝒏𝒓𝒊 𝑰𝑽
La même année, dans le grenier d'un retraité de Chartres, deux journalistes mettent la main sur ce qu'ils pensent être... la tête d'Henri IV. Elle proviendrait de la basilique de Saint-Denis, où les révolutionnaires ont profané les tombeaux royaux en 1793. « Il fallait reconstituer son itinéraire et prouver son identité. C'est d'ailleurs ce que j'ai exigé avant d'en recevoir le don de la part du dernier dépositaire privé » explique Louis de Bourbon. En 2010, Philippe Charlier et une vingtaine de scientifiques affirment qu'il s'agit bien de celle d'Henri IV. « C'est en sachant qu'elle était authentique que j'ai commencé les démarches pour la redéposer, le moment venu, dans le tombeau du roi à la nécropole royale de Saint-Denis, où elle a vocation à revenir. » Pour l'instant, la tête demeure dans un coffre dont Louis de Bourbon détient la clé. Les résultats de l'analyse sont controversées, ce qui n'a pas dissuadé Louis de Bourbon de faire de nouveau confiance à Philippe Charlier.
« La question de la tête d'Henri IV a donné une nouvelle dynamique à ses travaux qui, pour moi, sont très importants car il s'agit d'aspects peu connus de mes aïeux, raconte-t-il. Si l'héritage dynastique m'importe, celui, plus charnel, plus intime, de leur vie et de leur mort, ne me laisse pas insensible, bien au contraire, comme vous pouvez le comprendre. Il s'agit d'une affaire de famille. » Sur la question des restes de Louis XIV, jure le descendant des rois de France, « il n'y a pas matière à polémique. »
𝑼𝒏 𝒄𝒐𝒆𝒖𝒓 𝒂 𝒍'𝒉𝒊𝒔𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆 𝒓𝒐𝒄𝒂𝒎𝒃𝒐𝒍𝒆𝒔𝒒𝒖𝒆
L'histoire du cœur momifié de Louis XIV est pourtant tout aussi rocambolesque. Alors qu'il reposait dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis, à Paris (4e), lui aussi fut profané en 1793 par les révolutionnaires. Le métal du reliquaire fut partiellement fondu. Quant au cœur lui-même, il fut acquis et râpé par le peintre Alexandre Pau de Saint-Martin pour être utilisé comme pigment dans la réalisation d'une de ses œuvres.
Des fragments subsistaient, mesurant entre 1 et 6 cm. Il n'a fallu qu'une quantité infime, environ 50 mg, l'équivalent d'une miette de pain, pour analyser les protéines et détecter le mal qui a rongé le souverain. Des conclusions qui ont rendu Louis de Bourbon « admiratif » du travail mais l'ont aussi « un peu » surpris « puisque cette question du champignon ayant entraîné une septicémie n'était pas connue. »
« Je demandais chaque fois que c'était possible les résultats au docteur Charlier » raconte Louis de Bourbon. Si la science peut éclairer, pour lui, « cela ne change pas l'histoire. » « La mort est un fait historique et c'est celui qui compte, ne serait-ce que parce qu'elle ouvre la succession, estime-t-il. La cause exacte ou médicale n'est qu'un élément supplémentaire pour mieux connaître les derniers instants du souverain. Mieux les imaginer, par exemple pour savoir s'il a souffert ou s'il a pu s'éteindre doucement. »
— D'après Gaël Lombart, 𝐿𝑒 𝑃𝑎𝑟𝑖𝑠𝑖𝑒𝑛, 8 décembre 2025, p. 12.

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