Si vous êtes un modérateur d'un organisme quelconque, un professionnel de la divulgation et de la propagande aidé par la censure, un diffuseur de contenus dogmatiques ou un fact checker professionnalisé, venir aux USA, pour vous, c'est mort. Et attention, avec les américains, et des sociétés comme Palantir, ils peuvent tous savoir sur ce que vous publiez ou dites sur des médias et réseaux sociaux, surtout si vos identifiants et profils sont très clairement engagés.
Les États-Unis tracent une nouvelle ligne rouge concernant la censure institutionnelle qui ne passera plus!!!Il y a des décisions diplomatiques qui sonnent comme des coups de tonnerre.
Celle que vient de prendre le Département d’État américain appartient à cette catégorie.
Les États-Unis ont décidé de refuser l’entrée sur leur territoire à toute personne, professionnelle, experte, cadre d’entreprise ou responsable public, élus et autres impliquée de près ou de loin dans des actions assimilées à la censure de contenus protégés par le Premier Amendement.
Une mesure sans précédent, ciblée, assumée, et qui en dit long sur l’évolution de la bataille mondiale autour de la liberté d’expression.
Ce qui pourrait passer pour un simple ajustement administratif est en réalité un signal politique d’une intensité rare.
Les États-Unis préviennent que désormais la liberté d’expression n’est plus négociable.
Et, surtout que les acteurs étrangers qui participent à étouffer le débat public ne sont plus les bienvenus sur le sol américain.
Dans les médias américains, notamment dans The Guardian, la mesure a été largement interprétée comme un avertissement adressé aux armées de « fact-checkeurs militants », aux structures de modération idéologisées, mais surtout, et c’est là l’essentiel, aux gouvernements étrangers dont les politiques cherchent à contrôler, normaliser ou discipliner la parole en ligne.
Et parmi eux, l’Union européenne arrive clairement en tête.
L’Europe, laboratoire mondial de la régulation du discours
Depuis dix ans, la Commission européenne s’est engagée dans une stratégie de régulation du numérique dont la logique, malgré les discours officiels, tend vers un resserrement systématique du cadre d’expression.
En façade, il s’agit de « protéger les citoyens », de « lutter contre la désinformation », de « préserver la démocratie ».
Dans les faits, la technostructure européenne a créé un environnement où les plateformes sont juridiquement incitées à supprimer en amont tout contenu susceptible de lui attirer des sanctions.
Prenons le Digital Services Act (DSA).
Présenté comme un outil de transparence, il devient progressivement un dispositif de mise sous tutelle des grandes plateformes.
Contraintes de filtrer, de détecter, d’anticiper, elles s’autocensurent à une vitesse qui surprend même les juristes européens.
Le simple risque de sanction conduit les entreprises à éliminer tout contenu ambigu, polémique, dissident, bref, vivant.
Ajoutons à cela le projet de règlement dit ChatControl / CSAR, qui vise à analyser automatiquement les messages, y compris chiffrés.
Que l’objectif affiché de combattre les abus sexuels sur mineurs , soit moralement indiscutable ne change rien au constat, l’Union européenne normalise l’idée que la surveillance préventive du discours doit devenir la norme.
Dans plusieurs États membres, on va même au-delà.
La France plaide pour des dispositifs de blocage en temps réel de contenus « manipulatoires » ;
l’Allemagne renforce les mécanismes de plainte contre les discours « haineux » ;
d’autres gouvernements veulent des pouvoirs élargis de retrait immédiat, sans débat contradictoire.
Partout, la tentation est la même, internaliser la police de la parole.
Dans ce contexte, la décision américaine prend un relief saisissant.
Washington répond fermement stop à la contamination autoritaire.
Pour les États-Unis, où la liberté d’expression est un pilier constitutionnel sacralisé, les tendances européennes apparaissent comme une pente glissante dangereuse.
Et ce n’est pas seulement une question philosophique, c’est une question stratégique.
Les grandes plateformes sont américaines.
Les normes européennes tentent de redéfinir la manière dont elles doivent gérer, filtrer, hiérarchiser ou supprimer le contenu visible dans le monde entier.
Autrement dit, l’UE tente d’exporter sa vision de la parole contrôlée dans l’espace public global.
La réponse américaine consiste donc à dresser une barrière d’entrée diplomatique.
Un message simple, presque brutal :
“Si vous participez à un dispositif institutionnel qui vise à censurer des opinions protégées par la Constitution américaine, vous n’êtes plus les bienvenus chez nous.”
Ce n’est pas un geste symbolique.
C’est une sanction politique , une forme d’ostracisme moderne.
Contrairement à ce que certains pensent, cette mesure ne vise pas prioritairement les modérateurs juniors ou les salariés des plateformes.
Le signal réel vise les architectes, les promoteurs et les responsables politiques qui, en Europe, théorisent et renforcent année après année l’arsenal réglementaire destiné à conditionner la parole publique.
Un avertissement pour Bruxelles et les capitales européennes
Ce que les États-Unis disent à demi-mot, mais clairement, c’est ceci , l’Europe franchit une frontière qu’ils refusent de suivre.
Là où Bruxelles voit de la « sécurisation de l’espace informationnel », Washington voit du contrôle étatique du discours politique.
Là où l’UE invoque la nécessité de lutter contre la manipulation, les États-Unis rappellent que la liberté d’expression implique, par définition, un risque, une pluralité, une cacophonie parfois dérangeante.
Cette décision américaine est donc un miroir tendu à l’Europe.
Un rappel à l’ordre démocratique.
Et, d’une certaine manière, une invitation à réexaminer la direction prise.
Car le risque, désormais visible, est que l’UE devienne le premier espace politique non démocratique assumant la surveillance préventive de la parole, un modèle que d’autres régimes, illibéraux ou autoritaires, ne manqueront pas d’imiter, voire de justifier en citant les lois européennes.
Alors quel sera l’avenir pour la liberté d’expression en Europe ?
La question n’est plus théorique.
La confrontation entre les deux visions, américaine et européenne, est désormais frontale.
Un continent mise sur la liberté absolue, quitte à en assumer les excès.
L’autre mise sur la régulation préventive, quitte à en assumer les dérives.
La décision des États-Unis ne résout pas cette tension, mais elle en change la nature, elle internationalise le débat.
Elle transforme la régulation européenne en enjeu diplomatique.
Et elle prévient les responsables européens qu’ils ne peuvent pas, indéfiniment, prétendre défendre la démocratie tout en aménageant les outils techniques d’un contrôle permanent du discours.
Les démocraties ne meurent pas d’un coup.
Elles s’érodent par glissements successifs.
Les États-Unis, cette fois, ont choisi de dire stop.
À l’Europe, maintenant, de décider si elle entend entendre l’avertissement, ou l’ignorer.
Louis Charrier
Sources: https://www.theguardian.com/us-news/2025/dec/05/trump-administration-us-visa-crackdown?fbclid=IwY2xjawOi8UtleHRuA2FlbQIxMABicmlkETE0ZWJaNWZTOXJUWU9mNkwzc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHrkVh7CqJDHSMhFzWUu2eze-00WUk9nBy5m9cmYVfWBeyws8AEu1E8tSQZ7T_aem_6DSH6BIOl-MchYv_vn7b3Q

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