Julian Assange parlait souvent du contrôle de masse comme d’un mécanisme qui ne s’impose pas seulement par la force, mais surtout par la peur et l’opacité.
En résumé, sa thèse centrale était à peu près celle-ci :
La peur comme outil politique
Assange expliquait que les gouvernements peuvent fabriquer ou amplifier des menaces (terrorisme, chaos, ennemis extérieurs) pour pousser les citoyens à accepter des mesures exceptionnelles : surveillance accrue, restrictions de libertés, secret d’État.
Selon lui, quand une population a peur, elle demande elle-même plus de contrôle, croyant y gagner en sécurité.
La surveillance de masse = autoritarisme silencieux
Il insistait sur le fait que la surveillance de masse ne sert pas seulement à “attraper des criminels”, mais à :
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modifier les comportements (autocensure),
-
dissuader la dissidence,
-
créer un rapport de pouvoir asymétrique entre l’État et les citoyens.
Il disait en substance que savoir qu’on peut être observé suffit à discipliner une société, même sans répression visible.
Le secret contre la démocratie
Pour Assange, l’autoritarisme moderne ne ressemble plus à une dictature brutale, mais à un système où :
-
le pouvoir agit dans le secret,
-
les citoyens sont transparents,
-
et les décisions majeures échappent au contrôle public.
C’est pourquoi il voyait la transparence radicale (fuites, journalisme d’investigation) comme une arme défensive :
plus un système est opaque, plus il est vulnérable à l’abus.
La peur justifie l’irréversible
Un point clé chez lui :
les lois adoptées “temporairement” sous la peur ne disparaissent presque jamais.
Chaque crise devient une occasion d’étendre le contrôle, sans retour en arrière.
Citations clés
Surveillance et autoritarisme (la plus célèbre)
« L’objectif n’est pas simplement de connaître la population, mais de la contrôler. »
— Julian Assange, entretien, 2013
Souvent reformulée, mais l’idée revient constamment chez lui :
la surveillance n’est pas neutre, elle est structurellement politique.
Peur, secret et pouvoir
« Quand l’État devient opaque et que le citoyen devient transparent, c’est la tyrannie. »
— Discours, Frontline Club, Londres
Celle-ci est très citée car elle résume sa vision en une phrase :
-
démocratie → citoyens informés, pouvoir visible
-
autoritarisme → citoyens exposés, pouvoir caché
Surveillance et autocensure
« Une société surveillée est une société qui se contrôle elle-même. »
— Cypherpunks: Freedom and the Future of the Internet (2012)
Ici, Assange insiste sur le fait que la répression n’a même plus besoin d’être active :
la simple possibilité d’être observé suffit.
La peur comme justification permanente
« Chaque fois que nous abandonnons une liberté au nom de la sécurité, nous ne la récupérons presque jamais. »
— Conférence, 2014
Ce point est central chez lui :
les crises sont des accélérateurs d’autoritarisme, pas des parenthèses.
Lien avec Michel Foucault
Le Panoptique
Foucault, dans Surveiller et punir, décrit le panoptique :
-
un système où chacun se croit observé en permanence,
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ce qui conduit à une discipline intérieure.
Assange applique ce concept à l’ère numérique :
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métadonnées,
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caméras,
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traçage,
-
plateformes.
Là où Foucault parle d’institutions (prison, école, usine),
Assange parle de réseaux globaux et invisibles.
Foucault : le pouvoir devient efficace quand il est internalisé
Assange : la surveillance numérique est le panoptique à l’échelle planétaire
Lien avec George Orwell
Différence cruciale avec 1984
Orwell imaginait :
-
une surveillance brutale, visible, imposée,
-
un État omniprésent et assumé.
Assange disait (en substance) :
nous avons obtenu la version la plus dangereuse :
une surveillance invisible,
souvent acceptée volontairement,
parfois déléguée à des entreprises privées.
Chez Orwell, la peur est explicite.
Chez Assange, elle est diffuse, permanente, normalisée.
Big Brother n’a plus besoin de parler
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pas besoin de propagande constante, (exacerbation des individualismes, dénaturer le bon sens et la raison, pousser aux extrêmes les émotionnels pour contrôler la masse)
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pas besoin de police partout, (incité l'individu a s'auto-réguler par la dénonciation, l'accusation systématique, dénonçant le non conformisme à l'ordre établit)
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il suffit de collecter, stocker, corréler. (Palantir est aujourd'hui dans ce sens de par son extension dans de multiple domaines tant civils, militaires, administratifs, que vies privées)
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