vendredi 23 janvier 2026

PAS DE BOL

 La guerre commerciale des empires militaro-industriels n'est pas nouvelle. Combien de fois on a vu des promesses de contrats avec un pays, partir en fumée quand ces même pays décident de se porter finalement chez la concurrence.... Mais le problème de ces pays, c'est que finalement ils n'ont pas de d'indépendance militaire tant ils restent dépendants des maintenances, pièces détachées, équipements, fournitures, consommables, qui resteront propriétés et licences exclusives des fabricants, tout comme l'usage restant sous "conditions".

Raison pour laquelle certains empires tentent de détruire l'autonomie française de s'équiper de façon indépendante mais aussi d'être un important acteur sur le marché. La trahison de certains politiciens sur des abandons de certaines souverainetés militaires démontrent la position de la France qui "dérange" et qu'il faut soumettre.

F35 : l'avion américain qui piège l'Europe

F35, c’est le nom d’un avion de combat furtif – c’est-à-dire très peu détectable par les radars –, et hyperconnecté – tellement, d’ailleurs, que les spécialistes disent que c’est un logiciel volant. Cet avion, construit par les Américains, équipe désormais une partie non négligeable de l’Europe. Les Pays-Bas, l’Italie, la Pologne, le Danemark, la Belgique en sont des clients solides ; l’Allemagne, la Roumanie, la République tchèque ou encore la Grèce en ont commandé par dizaines ces dernières années et sont en cours ou en attente de livraison. On ne mesure pas assez à quel point cet avion constitue un piège pour l’indépendance de l’Europe. Déjà, parce que le F35 nécessite pour fonctionner des mises à jour informatiques fréquentes, qui ne peuvent être faites que par les Etats-Unis. Ensuite parce que les pièces détachées, elles aussi, ne sont produites et livrables que par les Américains. Enfin, parce que l’avion dépend de données de mission essentielles, conçues et actualisées dans un cadre contrôlé par les États-Unis. Bref : tout est fait pour que rien ne puisse se faire sans eux. De sorte que le chef d’État américain a aujourd’hui et pour les décennies à venir la possibilité d’interférer dans l’utilisation d’une large partie de la flotte européenne. Et quel chef d’État ! On parle de Donald Trump qui, par sa brutalité, et son America First décomplexé, démontre en permanence à l’Europe qu’elle a décidément eu tort de s’en remettre tout entière à une dépendance militaire vis-à-vis de son puissant allié. Mais c’est ainsi : l’Europe a une drôle de définition de l’électrochoc. Après le premier mandat de Trump, après l’humiliation de Zelensky dans le bureau ovale ; après les menaces sur le Groenland… A chaque fois, l’Europe jure ses grands dieux : elle a compris, elle va changer. Et à chaque fois, elle reprend le cours des choses dont elle déplore les effets. L’Europe fait des déclarations, mais tel un drogué qui jure que c’est la dernière fois, le sevrage n’arrive pas. Concrètement, sortir de la dépendance stratégique cela voudrait dire : concentrer la dépense sur un investissement militaire européen de grande ampleur. Et en attendant que celui-ci voit le jour : accepter d’être moins bien équipés durant quelques années sur certains matériels. Lesquels ? Combien de temps ? Comment penser une stratégie de long terme ? Comment faire face ensemble aux pressions des Etats-Unis qui font tout pour que nos gouvernements s’équipent avec du matériel américain ? Ce sont les questions auxquelles une entité politique fonctionnelle devrait répondre… Sur ce dossier, la France qui plaide depuis des décennies pour une indépendance militaire, était dans le vrai. Mais sa voix est aujourd’hui affaiblie par des années de déclassement. C’est une voix en sourdine, dans une Europe qui fait semblant, mais qui ne se réveille pas.

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