9 mai : « journée de l'Europe » commémorant la « déclaration Schuman » du 9 mai 1950 à l'origine de la création de la CEE, ancêtre de l’UE
Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, publiait une déclaration co-écrite avec son principal conseiller Jean Monnet, dans laquelle il proposait de mettre en commun les productions française et allemande de charbon et d'acier.
Cette déclaration déboucha sur la création, en 1951, de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), puis sur celle, en 1957, de la Communauté économique européenne (CEE). Elle est donc considérée comme l’acte fondateur de la construction européenne.
En vérité, c’est indéniable aujourd’hui, cette « naissance de l’Europe » fut le début de la mort des Nations !
Et le parcours des hommes qui ont créé la CEE est édifiant !
Voyez plutôt…
Robert Schuman, né allemand puisque la Moselle était alors allemande, d’un père allemand et d’une mère luxembourgeoise, n’était devenu français qu’en 1919. Cette même année, il se fit élire député et le resta pendant 30 ans. Se sentant plus européen que français, il était naturellement européiste, convaincu que la paix ne pourrait s’installer en Europe qu’à la faveur de la construction d’un organisme fédéral au sein duquel les pays européens mutualiseraient leur politique économique (une économie libérale, évidemment…). En juin 1940, sous-secrétaire d'État aux Réfugiés dans le gouvernement Reynaud, il fut avec le maréchal Pétain un des principaux partisans de l'armistice. Le 10 juillet 1940, à Vichy, il fit partie des parlementaires qui lui accordèrent les pleins pouvoirs. À la Libération, en 1944, il fut déchu de ses droits civiques. Il écrivit au général de Gaulle pour le supplier de les lui rendre, ce que ce dernier fit grâce à l’intervention de quelques résistants gaullistes qui avaient connu Schuman avant-guerre. Il put ainsi continuer sa carrière politique comme député en 1945 puis président du Conseil et ministre des Affaires étrangères en 1947.
Jean Monnet, de son côté, était fils de commerçant et commerçant lui-même. Très tôt, il considéra lui aussi que le meilleur moyen d’installer la paix était de mondialiser les échanges commerciaux. Dès 1904, il partit vivre à Londres, où il devint négociateur en cognac. Pendant la Première Guerre mondiale et dans les années 1920, il vécut à New York et devint haut fonctionnaire à la Société des nations, puis banquier. Il passa ensuite l’entièreté de la Seconde Guerre mondiale à Washington comme collaborateur du président Roosevelt, dont il entretint la méfiance à l’égard du général de Gaulle, au point qu’en 1944, à la Libération, les Américains ont tenté - heureusement en vain - de faire de la France un territoire administré par leurs soins, à la manière du Japon ! Il était convaincu que les États-Unis étaient l’avenir de la planète et que les pays européens devaient se placer sous leur protection, pour ne pas dire sous leur autorité. En 1945, une fois la guerre finie, il revint vivre en France après plus de 40 ans à avoir vécu à Londres, New York et Washington et devint le plus proche collaborateur de Schuman.
Afin de bâtir cette Europe qu’ils appelaient de leurs vœux, ces deux hommes travaillèrent étroitement avec Walter Hallstein, un ancien soldat de la Wehrmacht parti après la guerre aux États-Unis, où il fut incorporé, comme beaucoup d’autres anciens nazis, à des groupes de travail américains lors desquels ils transmirent à l’administration américaine toutes les connaissances scientifiques et économiques qu’ils avaient accumulées en travaillant au sein du IIIe Reich.
Schuman, Monnet et Hallstein furent surnommés « les pères de l’Europe » et sont aujourd’hui encore vantés comme tels par l’UE et par tous les européistes… qui se gardent bien de rappeler leur passé, tout en ayant le toupet de clamer sur tous les toits que la création de la CEE est l’œuvre de résistants soucieux d’éviter le retour de l’extrême droite et de la guerre sur le continent européen !
Les décennies qui suivirent la création de la CECA de la CEE, journalistes et hommes politiques ont enjolivé tout cela et mis sous le tapis les éléments gênants, qui n’apparaissent pas davantage dans les manuels scolaires, où l’on décrit la construction européenne d’une manière très édulcorée.
Nos dirigeants font en sorte, via les programmes scolaires, de persuader chaque nouvelle génération que la raison pour laquelle la paix perdure en Europe depuis 1945, c’est la CEE puis l’UE. Cela pour nous faire avaler leur politique mondialiste, européiste, libérale, atlantiste et multiculturaliste !
Mais tout cela est faux.
Si nous sommes en paix aujourd’hui, c’est surtout parce que le chancelier allemand Konrad Adenauer, très proche du général de Gaulle, a eu l’intelligence politique de décider d’en finir avec les visées expansionnistes de l’Allemagne, qui duraient depuis un siècle et avaient donné lieu à trois guerres.
La raison pour laquelle nous vivons une paix durable aujourd’hui, c’est parce que l’Allemagne et l’Italie, après la guerre, sont enfin devenues de véritables démocraties et se sont réconciliées avec la France et l’Angleterre. L’amitié entre les peuples : voilà ce qui fait la paix. Et certainement pas la globalisation économique et le règne de l’argent-roi.
L’Union européenne est une énorme escroquerie. Comme disait De Gaulle, c’est un « machin » voulu par les États-Unis pour soumettre les nations européennes à leurs désirs.
Parler de souveraineté européenne est un parfait oxymore. Il ne peut pas y avoir de souveraineté européenne, car il n’y a pas de peuple européen. L’Europe est un continent, rien de plus. En démocratie, la souveraineté appartient au peuple, et ce qui définit un peuple, c’est l’appartenance à un pays, à une Nation. Non, il n’y a pas (et il n’y aura jamais) de peuple européen, pas plus qu’il n’y a de peuple américain, asiatique, africain ou océanien ! C’est d’ailleurs pourquoi, si l’expression « souveraineté européenne » est un oxymore, l’expression « souveraineté nationale » est quant à elle un pléonasme. La souveraineté est forcément nationale, puisque la souveraineté, C’EST la Nation ! La démocratie, c’est le peuple souverain. C’est au peuple, par l’intermédiaire de ceux qu’il élit, de décider du sort du pays, et à personne d’autre. Et certainement pas à une instance supranationale imposée aux peuples par les élites !
La CEE n’a été créée, comme son nom l’indique, que pour des raisons économiques, et a toujours été soumise aux États-Unis, notamment via l’OTAN. C’est ce que De Gaulle a toujours dénoncé et c’est pourquoi il avait retiré la France de l’OTAN en 1966 et entretenait ostensiblement des relations avec l’URSS et la Chine sans se préoccuper de ce qu’en pensaient les Américains. Hélas, après son départ, ses successeurs ont fait le choix de retourner dans le giron américain et, depuis, la France s’est complètement fondue dans l’idéologie mondialiste, européiste, libérale, atlantiste et multiculturaliste. Elle a même réintégré l’OTAN (sur décision de Sarkozy) !
Mais déjà, dès après la Première Guerre mondiale, sous l’influence de Jean Monnet (déjà lui !), les dirigeants français successifs avaient abandonné les idéaux républicains et cédé à la globalisation et au libéralisme que les Américains appelaient de leurs vœux, imposant au peuple français une politique dont il ne voulait majoritairement pas.
Comme on peut le voir, le passage du général de Gaulle à la tête de l’État (mai 1958-avril 1969) n’a donc finalement été qu’une parenthèse républicaine dans le régime libéral, technocratique et mondialiste dans lequel nous sommes englués depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Et, la parenthèse De Gaulle exceptée, il n’y a plus vraiment de République en tant que telle en France depuis Clemenceau, soit depuis plus d’un siècle, car il n’y a pas de véritable République sans souveraineté du peuple, or, le peuple est continuellement bafoué et son opinion ignorée depuis des décennies maintenant…
L’amitié entre les peuples, oui ! La coopération entre pays européens, oui ! La confiscation des souverainetés nationales par une poignée de technocrates non-élus plaçant l’économie (libérale, de surcroît) avant la politique et expliquant, via des directives, aux dirigeants comment ils doivent gouverner leur pays, non !
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