mercredi 25 octobre 2023

DISCRETEMENT

 

Comment les (gentilles) entreprises européennes continuent à acheter des matériaux critiques aux méchants russes !

C’est compliqué la souveraineté.

C’est compliqué l’indépendance.

C’est encore plus dur l’autonomie.

Cela demande beaucoup de créativité, d’efforts, de force et de courage.

Cela demande de gravir les sommets les plus hauts par les faces les plus rudes et les plus difficiles.

En se lançant dans une mondialisation à corps perdus, nous avons perdus nos capacités, nos usines, nos industries, des pans entiers, des écosystèmes comme l’on dit pompeusement aujourd’hui.

Nous sanctionnons ceux qui ne nous conviennent pas et ne nous plaisent pas, et pourtant, d’une manière fort hypocrite nous continuons à travailler avec eux.

Alors, oui, ils hurlent, crachent et vitupèrent.

Ils couinent et revendiquent la haine du méchant russe et la nécessité de ruiner et de détruire la Russie.

Pourtant, en douce, ils achètent aux Russes ce dont nous avons vraiment besoin et ce qui nous est indispensable.

Voilà ce que nous dit cette enquête du site Disclose (source ici).

« Malgré l’invasion de l’Ukraine, les entreprises européennes sont autorisées à acheter des matériaux « critiques » comme le titane, l’aluminium ou le nickel à la Russie. Plus de 13 milliards d’euros de ces métaux ont été importés en Europe depuis 2022. Des géants de l’aéronautique tels qu’Airbus et Safran en profitent, au risque d’alimenter la machine de guerre du Kremlin et d’enrichir des oligarques pourtant sous sanctions financières.

Afin de fabriquer ses avions de ligne long et moyen courrier, ses appareils de fret ou ses hélicoptères, l’avionneur a besoin de minéraux ou de métaux spécifiques regroupés sous le nom de « matières premières critiques ». Parmi ceux-là, on trouve le titane, un métal à la fois léger et très résistant, dont l’un de ses principaux fournisseurs est la Russie. La guerre en Ukraine ne semble pas avoir changé la donne. Bien au contraire. Entre le 24 février 2022, date de début du conflit, et le 14 mars 2023, Airbus a acheté pour 22,8 millions de dollars de titane russe, selon des données douanières inédites analysées par Disclose et Investigate Europe (IE). C’est quatre fois plus qu’au cours des 13 mois précédents. »

Si l’on regarde du côté du très europhile site internet Euractiv.fr cette même information donne lieu à un titre d’anthologie de politiquement et diplomatiquement correct européen dont seuls les hommes de Bruxelles savent nous gratifier, jugez-en plutôt.

Stockages stratégiques de métaux critiques : l’impensé européen

Un « impensé » européen, quelle belle terminologie.

« La décision de la Chine vendredi (20 octobre) de limiter les exportations de graphite ouvre un nouveau débat autour de la création de stocks stratégiques de matières premières critiques. Un sujet dont l’UE peine à s’emparer.

L’urgence de l’extraction et de la transformation des matières premières critiques sur le sol européen s’impose, alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de pays tiers, en premier lieu la Chine qui contrôle une large majorité des chaînes de valeur.

Les matières premières critiques — qui incluent le lithium, le bismuth, le nickel ou encore la bauxite — sont nécessaires à toute transition verte et numérique. On les retrouve dans les panneaux solaires, les éoliennes, les véhicules électriques et les batteries. »

Au fur et à mesure que la course à la décarbonisation progresse partout dans le monde — et ce pour des décennies à venir — la demande pour ces métaux ne cesse d’exploser. Un rapport de la Banque mondiale datant de 2020 prévoit que la demande en cobalt, en graphite et en lithium sera multipliée par six d’ici 2050. »

Et oui.

Nous voulons dominer tout le monde.

Nous voulons faire la guerre à tous.

Nous voulons soumettre chacun à notre leadership, pardon au « nouvel ordre mondial ».

Mais… nous n’en avons pas les moyens car nous sommes dans un monde interdépendant.

Stockages stratégiques de métaux critiques : l’impensé européen

Tous nos objectifs rentrent désormais en contradiction les uns avec les autres.

Au bout du compte, nous allons nous effondrer sous le poids de nos propres complexités, sous nos contradictions, sous nos ambitions démesurées de puissance… même si nous sommes forcément les gentils alors que les autres sont forcément les méchants.

Charles SANNAT

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