Punaises de lit dans un lycée de Paris : après une inspection, 14 classes déclarées infestées
Après une inspection complète jeudi dans la soirée et le calfeutrage des salles de classe infestées, le proviseur du lycée Elisa-Lemonnier annonce l’ouverture des portes de son établissement ce vendredi matin. Les professeurs refusent de reprendre les cours.
Une « inspection complète » a eu lieu dans la soirée de jeudi. Après que des punaises de lit ont été signalées dans le lycée Elisa-Lemonnier mercredi soir, dans le XIIe arrondissement de Paris, la direction a fait intervenir une société en charge des détections de ces nuisibles. Bilan : « six salles de classe sont infestées au premier étage, huit au second, aucune au rez-de-chaussée », a indiqué le proviseur dans un courriel envoyé aux personnels de l’établissement, que le Parisien a pu consulter.
Une première détection canine avait eu lieu dans la matinée jeudi et avait permis d’identifier « plusieurs points d’infestation, au CDI mais aussi dans plusieurs salles de travail », expliquait une enseignante hier. Ce lycée polyvalent possède notamment des salles d’enseignement esthétique à destination de ses élèves de BTS.
L’inspection complète dans la soirée confirme, qu’en plus des salles de classe, « huit bureaux sont touchés, le CDI, la salle des professeurs d’esthétique, un vestiaire élève, deux locaux qui servent à ranger le matériel de nettoyage des agents, le local magasinier, la salle à manger des agents, une réserve mode », détaille le chef d’établissement dans son courriel, qui précise que « plus de 60 salles de classe » ne sont pas touchées. Par conséquent, le lycée « ouvre ses portes » ce vendredi matin, annonce-t-il.
La veille, les enseignants avaient fait valoir leur droit de retrait et les 1 200 élèves avaient déserté le lycée. Pour permettre la reprise des cours et éviter une propagation des punaises de lit, les salles infestées « ont été calfeutrées » et sont interdites d’accès jusqu’à ce que le traitement complet de l’établissement soit terminé, assure le proviseur.
La loge a déjà été traitée jeudi après-midi, indique-t-il, et l’ensemble du bâtiment le sera « dans la soirée de lundi ». Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, confirmait jeudi dans nos colonnes que « des opérations de désinfection ont été effectuées », au moyen « de vapeur et de chaleur et non pas avec des insecticides ». Quant aux dossiers et livres, « ils seront traités par le froid » et ramenés au bout de quelques jours, précise de son côté le proviseur. Un deuxième traitement doit avoir lieu dix jours après le premier, puis un troisième « encore douze jours plus tard pour éviter toute réapparition », décrit le chef d’établissement dans son mail.
Les enseignants déterminés à ne pas reprendre les cours
Malgré ces annonces, les enseignants refusent de reprendre les cours ce vendredi. « Nous sommes déterminés à ne pas aller en cours ce jour et de tenter d’exercer encore notre droit de retrait », assure l’un d’eux au Parisien. Certains s’inquiètent du traitement du matériel. Un vestiaire de la section esthétique où sont stockées près de 80 valises d’élèves fait partie des salles infestées. « Comment le lycée peut traiter les valises et nous également ? », s’interroge une professeure, dans une lettre adressée au proviseur.
« Nous ne reprendrons pas les cours tant qu’il y aura des nuisibles dans le lycée », protestait jeudi Delphine Castaing, responsable syndicale SNETAA-Force ouvrière. « Nous avons le droit à des conditions de travail décentes », revendique cette professeure de lettres et d’anglais au sein de l’établissement.
Emmanuel Grégoire, le premier adjoint PS de la maire Anne Hidalgo, était présent devant les grilles ce vendredi matin. « Les chefs d’établissement se retrouvent en première ligne sans moyen pour agir », a-t-il déploré, ajoutant que « les profs et élèves du lycée Elisa-Lemonnier n’iront pas en classe ce matin ».
Le rectorat a fait savoir jeudi que « les professeurs qui ont fait valoir leur droit de retrait ont été entendus, mais il n’y a pas de risques majeurs à ce stade. La présence et le suivi de l’inspecteur santé et sécurité de l’académie sont assurés ».
D’autres lycées franciliens touchés
Le lycée parisien Elisa-Lemonnier n’est pas le seul d’Île-de-France à avoir signalé la présence de punaises de lit. Selon le groupe Gauche Communiste Écologiste et Citoyenne du conseil régional d’Île-de-France, le lycée Flora-Tristan à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) est également concerné, certains enseignants y ont exercé leur droit de retrait. « Face à la multiplication des signalements dans la région qui augmente la probabilité de contamination des établissements scolaires et des internats », il demande à Valérie Pécresse « la prise de mesures urgentes ».
« Notre groupe demande à l’exécutif régional que les lycées bénéficient de rallonges budgétaires et de facilités administratives pour permettre les traitements nécessaires dans des délais exceptionnellement courts », écrit la présidente du groupe, Céline Malaisé, dans un communiqué. Le groupe souhaite également la mise en place d’un « service régional dédié pour garantir une intervention en urgence » dans les lycées publics d’Île-de-France.
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