mercredi 30 avril 2025

RENE GIRARD

 Pourquoi la Silicon Valley et la Maison-Blanche redécouvrent René Girard


Un philosophe français discret, mort en 2015, éclaire aujourd’hui la Silicon Valley… et même la Maison-Blanche. Son nom ? René Girard. Ancien professeur de philosophie à Stanford, il inspire des figures comme Peter Thiel, l’un des principaux investisseurs de la Silicon Valley, et notamment de Facebook et d’Instagram, et JD Vance, l’actuel vice-président américain. Le Figaro a récemment mis en lumière cette influence. Il est surtout connu pour sa théorie du désir mimétique, qu’il a développée dans plusieurs livres majeurs, comme Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La violence et le sacré (1972), et Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978). Mais pour bien comprendre l’influence de ce philosophe français sur la Silicon Valley et la Maison Blanche, il faut garder à l’esprit que René Girard a formulé deux grandes intuitions.
➡️Premièrement : le désir mimétique. Selon René Girard, nous ne désirons pas spontanément : nous imitons le désir des autres. Pourquoi rêver d’une Tesla, d’un voyage à Bali ou d’un loft à Paris ? Mais parce que d’autres les désirent. Sur les réseaux sociaux, ce mécanisme est démultiplié : Facebook, Instagram ou TikTok nourrissent cette imitation permanente. Le mimétisme est devenu un moteur économique. ➡️Deuxièmement : le mécanisme du bouc émissaire. Quand trop de rivalités éclatent, la société cherche à éviter l’explosion. Depuis toujours, elle le fait en désignant un coupable unique : un individu ou un groupe sur lequel on reporte toute la faute. Cette mise à l’écart apaise temporairement les tensions. Mais avec l’Évangile, explique Girard, ce mécanisme est dévoilé : Jésus est sacrifié mais reconnu innocent. À partir de là, dit-il plus personne ne peut croire naïvement que sacrifier une victime résout les conflits. Résultat : nos sociétés modernes doivent vivre avec une tension grandissante… mais sans solution simple pour l’apaiser. JD Vance, le vice-président américain a été profondément marqué par cette idée. Face à la montée des tensions sociales, il y voit une nécessité : restaurer des repères collectifs solides, via la foi, la famille et la tradition. Peter Thiel, l’un des gourous de la tech, lui, pousse l’analyse plus loin : selon lui, nous avançons vers une “Apocalypse silencieuse”. Ce qui signifie qu’en multipliant les désirs mimétiques via les réseaux sociaux, et en ayant perdu nos anciens mécanismes d’apaisement, les tensions s’accumulent partout dans le monde sans qu’on les voie vraiment éclater. Tout semble calme en surface, mais sous l’apparente normalité, frustrations, jalousies et rivalités montent lentement. Jusqu’au jour où une crise mineure peut déclencher une réaction brutale, inattendue et collective. Et donc, comprendre René Girard aujourd’hui, c’est comprendre que : • Nos réseaux sociaux nourrissent la rivalité et la frustration, • Nos sociétés cherchent encore inconsciemment des boucs émissaires modernes, • Notre économie numérique prospère sur l’imitation du désir. Lire Girard ou le relire, c’est donc lire une clé discrète mais très puissante du XXIe siècle.. Article figaro (lefigaro.fr/vox/monde/pete)

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