Scandale aux USA dans le milieu de la presse ou une grande purge a lieu actuellement dans les effectifs du grand titre "The Washington Post" qui avec d'autres concurrents est une presse de premier plan aux USA. Mais contrairement à la France, cette presse généraliste n'est pas subventionnée et dépend donc de propriétaires privés (indépendant, groupe, groupe média), étant par conséquent dépendant d'activités commerciales (publicité).
Hors la multiplication des supports d'informations numériques ont comme en France, considérablement entamés les chiffres d'affaires de ces organismes. Devenant dépendants de groupes financiers, ont croit souvent que ces "patrons" font cela par pure sauvetage de la liberté de la presse et de la pluralité des médias. Sauf qu'une activité commerciale ne peut pas être occultée, même si pour ces groupes, c'est une façon de posséder un outil de communications pour faire de l'influence d'opinion.
La santé financière du Washington Post est actuellement très fragile et en crise profonde, marquée par des pertes importantes, une chute des abonnements et des coupes drastiques dans les effectifs.
- Pertes financières récentes :
- En 2023 : pertes d'environ 77 millions de dollars.
- En 2024 : pertes d'environ 100 millions de dollars (en augmentation d'environ 30 % par rapport à 2023), selon des rapports du Wall Street Journal et d'autres sources.
- Ces pertes sont dues à une baisse des revenus publicitaires (passés de 190 millions $ en 2023 à 174 millions $ en 2024), une chute des abonnements numériques et une diminution massive du trafic web (par exemple, les visiteurs uniques ont fortement baissé depuis les pics de 2020-2021).
- Évolution des abonnements :
- Pic historique autour de 3 millions d'abonnés numériques en 2020.
- Chute significative depuis : environ 2,5 millions en 2023, et une perte supplémentaire de centaines de milliers (notamment ~250 000 après la non-endossement de Kamala Harris en 2024).
- La circulation imprimée est tombée sous les 100 000 exemplaires quotidiens payants en 2025 (première fois en 55 ans), avec ~160 000 le dimanche.
- Mesures drastiques en 2025-2026 :
- Début 2025 : licenciements de ~4 % du personnel (moins de 100 postes, surtout côté business).
- Février 2026 : annonces de coupes massives affectant environ un tiers des effectifs (plus de 300 personnes licenciées). Cela inclut la suppression quasi-totale des sections Sports et Books, une réduction forte de la couverture locale (Metro), internationale et d'autres départements. Le but affiché est de recentrer sur la politique, le national, les affaires, la santé et la technologie pour tenter de retrouver la rentabilité.
- Ces décisions sont pilotées par le propriétaire Jeff Bezos (via le publisher Will Lewis), qui pousse depuis plusieurs années pour stopper les pertes. Bezos a investi massivement après son achat en 2013, permettant une croissance et des profits temporaires (surtout sous Trump 1), mais tolère de moins en moins des pertes de cette ampleur.
- Contexte global :
- Le Washington Post reste détenu par Jeff Bezos (via Nash Holdings), ce qui lui donne une certaine stabilité financière (Bezos peut absorber les pertes, estimées comme négligeables pour sa fortune), mais la stratégie semble passer d'une croissance ambitieuse à une gestion de déclin via des coupes coûts.
- Des critiques internes et externes pointent une perte de confiance des lecteurs (après des choix éditoriaux controversés), une concurrence accrue (NYT en croissance, médias numériques) et l'impact de l'IA sur le trafic search.
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