lundi 27 avril 2026

ITALIE SOUVERAINE ?

 

Silvio Bertoldi a parfaitement raison de s’interroger en publiant cette carte impressionnante des bases et installations militaires américaines en Italie.
Comment un pays peut-il encore prétendre être pleinement souverain lorsqu’il abrite sur son sol une telle densité de bases étrangères : radars NSA, dépôts d’armes nucléaires, commandements OTAN-US, centres d’écoute, polygones de tir et plus d’une centaine de sites au total ? L’Italie n’est pas un cas isolé, mais elle illustre de manière spectaculaire ce qu’est devenue la réalité de nombreux États européens.
Dès l’après-guerre, l’alignement de l’Italie avec l’Occident et son entrée dans l’OTAN en 1949 ont été imposés sans aucun référendum populaire. Le gouvernement de la Démocratie chrétienne et ses successeurs ont maintenu le pouvoir pendant des décennies grâce à une combinaison de financements occultes de la CIA, de la mobilisation du Vatican, du contrôle du vote, de l’intimidation mafieuse dans le Sud, et surtout de la fameuse « Stratégie de la tension », attentats terroristes à faux drapeau et massacres facilités ou organisés par des éléments des services secrets italiens et des groupes néofascistes liés au réseau stay-behind de l’OTAN connu sous le nom de Gladio.
La CIA a toujours fait de l’ingérence systématique là où les États-Unis sont implantés militairement. L’objectif était clair : empêcher le puissant Parti communiste italien d’accéder au pouvoir exécutif, malgré son très fort soutien populaire. La souveraineté italienne n’a jamais été une pure expression de la volonté populaire, mais le résultat d’une interférence systématique, de violences contre les citoyens et d’une manipulation des scrutins démocratiques pour préserver un ordre anticommuniste.
Nous pouvons une nouvelle fois remercier le Général de Gaulle. En 1966, il eut le courage de sortir la France du commandement intégré de l’OTAN et d’exiger le départ des troupes américaines stationnées sur le territoire français. Il affirmait ainsi que la souveraineté n’est pas un vain mot.
Malheureusement, la plupart de ses successeurs ont progressivement vidé cette décision de son esprit. Ils ont réintégré la France dans les structures militaires de l’OTAN et agi trop souvent comme des serviteurs zélés plutôt que comme les gardiens d’une souveraineté nationale exigeante.
Que ce soit en Italie, en Allemagne, en Finlande ou ailleurs, le constat est le même : on a troqué une partie de l’indépendance stratégique contre une prétendue « protection » qui s’accompagne d’une dépendance lourde, visible et coûteuse.
La question posée par Silvio Bertoldi reste posée : à partir de quand un pays cesse-t-il d’être souverain pour devenir une simple plateforme avancée d’une autre puissance ? La carte italienne apporte une réponse évidente.

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