mardi 7 juillet 2026

DANGER

 


Sarah Knafo vient de voter contre un texte européen qui pose la première pierre du projet Chat Control, ce dispositif qui permettrait aux autorités de scanner en masse les messages privés échangés sur WhatsApp, Telegram ou n'importe quelle messagerie, sans juge, sans mandat, sans contrôle préalable. 

Le prétexte avancé, la lutte contre la pédocriminalité, une cause qui ne souffre aucune contestation en soi, mais qui sert ici de cheval de Troie à une architecture de surveillance permanente de 450 millions d'Européens.

La méthode mérite d'être regardée de près. Un texte quasiment identique avait déjà été rejeté il y a quelques mois, à une voix près. Plutôt que d'accepter ce refus démocratique, Bruxelles revient à la charge avec une version à peine modifiée, en misant sur l'épuisement des oppositions et sur la culpabilisation de quiconque s'y opposerait, accusé implicitement de préférer la vie privée à la protection des enfants. 

C'est un chantage moral classique, qui permet d'avancer une mesure liberticide sans jamais avoir à débattre de son efficacité réelle ni de ses dérives possibles.

Le vrai problème dépasse largement ce seul texte. Vérification d'identité obligatoire pour mettre fin à l'anonymat en ligne, euro numérique capable de tracer et potentiellement de bloquer des transactions, scan systématique des messageries privées. 

Chaque brique est présentée séparément, avec sa propre justification vertueuse, ingérence étrangère, protection de l'enfance, valeurs européennes. Mises bout à bout, elles dessinent un système où la vie privée devient l'exception et la surveillance la norme.

Un vote contre ce texte n'est pas un vote contre la protection des enfants. C'est un refus de laisser une bonne cause servir de prétexte à la construction, brique par brique, d'une architecture de contrôle qui ne disparaîtra jamais une fois installée

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