vendredi 13 novembre 2020

DEBUNK

 La guerre est ouverte.

Voici ce que prétend l'un des principaux détracteur du documentaire Hold Up.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/covid-19-4-fake-news-majeures-presentes-dans-le-documentaire-complotiste-hold-up_149107?fbclid=IwAR1FdyDFNZLvnACCllsvDuZ3Oup9Rccdj5YsAq5zA_yq5SpsfkTOrFXaO7c

1. "Le virus a particulièrement sévi du 15 mars au 15 avril, période où nous étions tous confinés grâce à une mesure historique censée ne pas faire apparaître cette courbe" (à 8'05'')

Cette phrase énoncée par la voix off est fausse. 


Le but du confinement n’était pas d’éviter toute surmortalité due au Covid-19 (il était bien trop tard pour cela), mais de diminuer le nombre de personnes infectées et donc l’ampleur de cette surmortalité. En fait, la plupart des décès survenus pendant le confinement sont issus d’infections ayant eu lieu plusieurs semaines avant le confinement, car il y a un décalage d’environ 28 jours entre le moment de l’infection et celui du décès causé par le Covid-19. Donc, au contraire, que le maximum de mortalité soit arrivé avant le 15 avril (un moins après le confinement, donc le temps du dit décalage), montre bien que cette mesure a coupé nette la mortalité en évitant de nouvelles infections.

Infos ou Intox : En revanche ce qui est étrange c'est que si l'on connaissait le taux de mortalité avec la Chine, pourquoi alors avoir attendu les 28 jours d'incubation à partir du moment ou l'on a commencé à avoir des cas en croissance, pour prendre des mesures sanitaires ? C'est ce que le documentaire pose aussi en question ! Mais çà Sciences et Avenirs semble l'avoir occulté !

Néanmoins, malgré le confinement, il y a eu une surmortalité cette année à cause du Covid-19 (9 % de plus qu’en 2019, 8 % de plus qu’en 2018, sans compter la deuxième vague), particulièrement chez les personnes âgées de 75 et 84 ans (29,8%). Dans certains départements, la surmortalité pendant les mois de mars et avril a été de 100 à 150 % (Haut-Rhin, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne and Val-d'Oise). Selon le CepiDc (centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm), "le Covid-19 a sans doute été la première cause de mortalité en France lors de la première vague épidémique", avec 40 % des décès au pic d’avril.

Infos ou Intox : sans doute.... donc vous n'en savez rien. Donc vous pratiquez la même approximation que vous dénoncez dans le documentaire !

Bien plus meurtrier que la grippe, aux États-Unis le Covid-19 est la troisième cause de mortalité cette année, après les problèmes cardiovasculaires et le cancer. En France, on n’a pas encore les causes de mortalité pour cette année, mais on peut avoir une idée avec les données de 2016 (dernière année disponible dans la base de données de CepiDc) : sur 12 mois, les causes majeures de mortalité ont été le cancer (168.000), les cardiopathies (77.000) et les AVC (31.000), alors que la grippe et les pneumonies ont causé 14.000 décès. La première vague de Covid-19 a causé 29.000 décès en trois mois (entre mars et juin). Avec environ 10.000 décès par mois, cette maladie serait donc plus meurtrière que les AVC (2.500 décès par mois) et les cardiopathies (6.400 décès par mois), seulement derrière le cancer (14.000 décès par mois). Et sans le confinement, le Covid-19 serait sans doute la première cause de mortalité, car cette mesure a permis de réduire le nombre de reproductions du virus R de 3 à 0,7, épargnant plus de 60.000 vies entre mars et avril (à l’hôpital, sans compter les vies sauvés dans les Ehpad).

Infos ou Intox : Dans cette démonstration, disparaît totalement ce que dénonce le documentaire, c'est à dire les classifications qui ne déterminent pas les morts "DE" Covid ou "AVEC" Covid. Pas de statistique de comorbidité non plus. Donc Sciences et Avenirs met tous dans le même panier.


  2. RT-PCR : "l’ARS ne communique pas sur le nombre de cycles" (à 8'54'')

Pour expliquer la deuxième vague de cas de Covid-19 survenue à l’automne en France, le documentaire invoque des manipulations liées aux RT-PCR, les tests nasopharyngés qui permettent de détecter l’ARN du Covid-19 dans le mucus. Une fois prélevé, l’analyse consiste à "zoomer" sur l’échantillon en multipliant les cycles d’amplification. Pour expliquer la différence du nombre de cas détectés en France et en Allemagne, le documentaire avance que "l’Allemagne ne dépasse pas les 25 cycles", tandis qu’en France "l’ARS (Agence régionale de santé) ne communique pas sur le nombre de cycles." 


C’est faux.


En France, la Société française de microbiologie (SFM) explique le nombre de cycles est "généralement compris entre 10 et 45". Chaque laboratoire fixe son propre seuil, selon les recommandations transmises par les industriels qui leur fournit le matériel. Il n’existe pas non plus de seuil fixé en Allemagne, qui fonctionne de façon fédérale avec des Länder. "Sur les 137 départements de la santé allemands [situés dans différents districts], 73% expliquent "rarement" voire ne "jamais" connaître le nombre de cycles pratiqués dans leur région, selon une enquête menée par le quotidien Süddeutsche Zeitung. Il n’existe donc pas de législation différente entre la France et l’Allemagne sur la façon de mener des RT-PCR pour le SARS-CoV-2. Et les laboratoires outre-Rhin ne se limitent pas à 25 cycles. "Dans le district de Zollernalb dans le Bade-Wurtemberg, dans les 20% des cas où une valeur de cycles a été signalée, elle était supérieure à 30. Dans le district de la Bergstrasse, ce pourcentage était de 35% et à Viersen de 63%."

Infos et Intox : Belle contradiction. Dire que c'est faux que l'ARS ne communique pas sur le nombre de cycles et dire après que "les cycles sont généralement compris entre 10 et 45" que "chaques labos fixe son propre seuil" c'est donc confirmer que l'ARS NE PEUT PAS communiquer puisque chaque labos font à leurs sauces. Ce qui est aussi hallucinant c'est que Sciences et Avenirs nous explique qu'il n'y a donc aucune base fixe, et que forcément, chacun fait comme il veut ses tests sur une fourchette de 10 à 45. On a même vu dans un reportage un laborantin qui disait qu'ils étaient sur un cycle de 50.

Le documentaire avance qu’au-delà d’un certain nombre, les analyses par RT-PCR seraient complètement faussées. "Plus on va au-delà des 30 cycles plus on trouvera des traces infinitésimales de tout et n’importe quoi, une ancienne grippe, un virus mort, au-delà de 35 on ne détecte plus rien de viral du Covid", avance Silvano Trotta, un vidéaste conspirationniste proche des milieux d’extrême-droite, simplement présenté comme lanceur d’alerte dans le film.


Ses affirmations sont fausses.


La Société française de microbiologie ne fixe pas de seuil à partir duquel le résultat ne serait plus fiable. L’organisme conseille en revanche de qualifier le résultat en fonction du nombre de cycles et du nombre de gènes identifiés dans des recommandations publiées en septembre 2020. D’une part, jusqu’à 33 cycles, les résultats sont considérés comme "positifs", au-delà de 33 cycles, le résultat passe de "positif" à "positif faible". D’autre part, au-delà de 37 cycles, le résultat devient négatif si seul un gène est repéré. Il est donc tout à fait possible de déterminer si une personne a été infectée par le SARS-CoV-2 au-delà de 25 cycles d’amplification. Un seuil auquel l’Allemagne ne s’arrête pas non plus.

Infos ou Intox : Dire que le documentaire ment sur le manque de fiabilité des tests, et ensuite dire que l'organisme de microbiologie admet un critère de fiabilité selon le nombre de cycle, on appelle çà "jouer sur les mots".

 


3. "On a interdit les autopsies à cause d'une instruction de l'OMS" (39'16'')

Ces propos de Violaine Guérin, endocrinologue et gynécologue, sont faux.


L'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'a jamais interdit les autopsies, et n'en a d'ailleurs pas le pouvoir, puisqu'elle ne peut guère qu'émettre de recommandations. En revanche, elle a appelé les médecins légistes à la prudence, dans la mesure où les corps manipulés peuvent continuer à être contagieux. "Si un patient atteint de Covid-19 est mort pendant la période infectieuse, les poumons et d'autres organes peuvent encore contenir des virus vivants, et une protection respiratoire supplémentaire est nécessaire lors des procédures qui génèrent des aérosols de petites particules (par exemple, utilisation de scies électriques et lavage des intestins)", précise l'organisation dans des recommandations du 18 mars 2020. Loin d'interdire les autopsies, l'OMS recommande simplement le port du masque chirurgical, d'une blouse protectrice, de gants, manches longues et d'une visière.

Infos ou Intox : Sciences et Avenirs joue encore sur la "théorie" avec de la "rhétorique" ou l'on interdit pas, MAIS recommande. Ce qui veut dire que si en France, l'ARS pose un véto sur les directeurs d'hôpitaux pour appliquer scrupuleusement les normes sanitaires pandémiques, c'est à dire, l'isolement des corps pour empêcher toutes propagations, de fait, les autopsies ne sont pas autoriser, ou selon des protocoles qui sont en général dépendant d'autorisations administratives qui évidemment, ne sont pas autorisées ou uniquement par des services épidémiologiques acrédités. C'est une interprétation évidemment malhonnête.

"Le ministère italien avait interdit les autopsies", témoigne alors le médecin italien Luigi Cavanna interrogé dans Hold-up. En vérité, une circulaire du Ministero della Salute (ministère de la Santé italien) a seulement déconseillé les autopsies Covid-19 début mai 2020, précisant ensuite qu'ils pouvaient être menées à la discrétion des équipes médicales et en prenant des précautions particulières, incluant l'usage de salles de confinement biologique. Luigi Cavanna affirme ensuite que l'examen des morts a permis d'identifier des décès par thromboses (caillots) et non par insuffisance respiratoire chez plusieurs malades. Contrairement à ce qu'insinue le long métrage, ce n'est pas une preuve que ces malades ont faussement été attribués au Covid-19, dont on sait au contraire que les problèmes de coagulation sont un des symptômes. "Les autopsies nous ont ainsi donné la base pour traiter précocement les malades du Covid-19 avec des médicaments anti-coagulants", conclut-il. Et ça, c'est vrai.

Infos ou Intox : Sciences et Avenir fait de la simplification, un outil d'usage surtout en ce moment, pour couper court a tous ceux qui aimeraient en savoir plus, dans le détail, dans la statistique, dans l'analyse de faits. On interdit pas, donc c'est faux de dire qu'on interdit. Mais l'interprétation suggestive de "déconseiller" veut bien dire que vous pouvez prendre la liberté de le faire, mais il n'est pas souhaitable "sous entendu qu'on ne veut pas" que cela soit possiblement pratiqué.

 


4. "Jusqu’à maintenant, les virus venant du monde animal ont du mal à se transmettre d’Homme à Homme" (entre 1h39' et 1h50')

L’affirmation est répétée deux fois à quelques minutes d’intervalle (entre 1h39 et 1h50) comme une vérité scientifique qui rendrait hautement improbable l’émergence naturelle d’un virus aussi contagieux que le SARS-CoV-2.


Sauf qu’il s’agit d’une grossière contre vérité.


Pour s’en convaincre, il suffit de songer à Ebola qui vient des chauve-souris, au VIH/Sida qui nous a été transmis par les grands singes, à la variole qui a été éradiquée en 1978 par la vaccination mais provenait initialement de rongeurs… ou plus simplement aux quatre coronavirus communs (OC43, 229E, NL63, HKU1) qui circulent largement chaque année dans le monde, depuis 130 ans (OC43), 200 ans (229E), 800 ans (NL63). Ces virus ont émergé chez l’Homme à partir de la chauve-souris et de bovins à des époques sans laboratoire pour trafiquer des virus. Et ils se transmettent toujours très bien ! Ce postulat faux sert à crédibiliser ce qui est le cœur du documentaire : le virus a été fabriqué en laboratoire et la crise a été préparée en amont et alimentée par certains puissants de ce monde : Bill Gates, Anthony Fauci, Jacques Attali…


En effet, ces 20 dernières années, les alertes sur le risque d’une pandémie mondiale potentiellement catastrophique se font de plus en plus nombreuses. Sras en 2003, Grippe H1N1 en 2009, Ebola en 2014, Zika en 2015… la menace d’un virus émergent plus difficile à contrôler que ces derniers planent depuis 20 ans. L’Organisation mondiale de la santé a même un terme pour cela : la maladie X. Anthony Fauci disait encore en 2017 qu’un jour "il y aura une épidémie surprise". Bill Gates, lors d’une conférence TedX, déclarait lui, qu’aujourd’hui, le plus grand risque de catastrophe mondiale était plus probablement un virus qu’une guerre. Et en octobre 2019, un exercice de simulation d’une pandémie mondiale avait même été organisé par l’OMS.  Pour Pierre Barnérias, c’est la preuve que ce qui est arrivé au monde cette année était préparé. Gageons qu’il serait peut-être plus logique d’admettre que les alertes des scientifiques ont été nombreuses, largement relayées, et trop partiellement prises en compte comme on le voit aujourd’hui. En commentaire de différents extraits de personnes alertant sur un risque pandémique avéré scientifiquement, le documentaire dit ceci : "Cela donne à des Hommes de science une assurance déconcertante, pour ne pas dire troublante". Ceux qui savaient et qui alertent depuis des années sont maintenant jugés responsables de la catastrophe sur la base de faux postulats.

Infos ou Intox : Merci à Sciences et Avenirs de confirmer que dans cette pratique de transmission, on peut très bien y glisser un virus fabriqué ou non, et le faire passer pour une souche d'origine animal. En revanche, Sciences et Avenirs ne mentionne pas que dans le cas du Sras, un brevet Covid1 existe. Alors à moins que la nature est fait un plagiat pour en développer un dans un organisme animal...... je dis çà, je ne dis rien ! Car si en effet il circule une information fausse comme quoi Pasteur serait à l'origine du dit virus, il n'en est pas moins qu'un dépôt de brevet a été fait, relatif à une nouvelle souche de coronavirus associé au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), issue d'un prélèvement répertorié sous le n° 031589 et prélevé à Hanoi (Vietnam) https://patents.google.com/patent/EP1694829B1/fr 

La lecture de la littérature brevet, tout comme celle des publications scientifiques, permet de s’apercevoir que l’utilisation de ces molécules est explorée depuis plus d’une décennie, (démonstration avec l'institut Pasteur qui déclare "En 2002, un premier coronavirus SARS-CoV-1 a émergé en Chine, responsable d’une épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère" sur son site officiel https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/sraset leur utilisation aujourd’hui en tant que traitement antiviral ne serait pas une nouveauté. Donc extraire l'idée d'un "complot" impossible et illusoire alors qu'on nous sert des théories depuis des années sur les risques d'une pandémie par la bouche de gens qui en trouverait un intérêt politique et idéologique certain, c'est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle et insulte l'intelligence du lecteur. Surtout lorsqu'on conclut par "Ceux qui savaient et qui alertaient depuis des années sont maintenant jugés responsables de la catastrophe sur la base de faux postulats." est un non sens dans la mesure ou dans l'histoire, on a des exemples de "complots" qui sont construit par et autour de gens qui avaient la même mesure d'alerter sur des événements, pour en réalité préparer l'opinion de l'avènement de leurs desseins.  


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