SURREPRÉSENTATION DU CHÔMAGE CHEZ LES ÉTRANGERS :
L'ÉTUDE QUI MET FIN À 40 ANS DE DISCOURS POLITIQUES
Oui, il y a bien une surreprésentation du chômage chez les étrangers vivant en France.
LA RÉALITÉ DES CHIFFRES FACE AUX DISCOURS
La dernière étude de l'Observatoire de l'immigration apporte une nouvelle confirmation de ce que d'autres études avaient déjà montré.
Le taux d'emploi des ressortissants extra-européens est nettement plus faible que celui des Français et des autres Européens (Balkans exceptés).
Alors que, chez les Français, les Portugais, les Allemands et d'autres nationalités européennes, le taux d'emploi varie entre 75 % et 80 % (tableau 2), celui des Comoriens, des Tchétchènes, des Turcs, des Algériens, mais aussi des ressortissants des Balkans, se situe entre 50 % et 60 % (tableau 1)
LE PARADOXE DU NIVEAU D'ÉTUDES
L'étude met également en lumière un paradoxe majeur : le niveau d'études ne suffit pas à combler ce déficit d'accès à l'emploi.
À diplôme égal, les trajectoires restent profondément inégales.
Le constat est particulièrement frappant pour les personnes nées au Maghreb : même titulaires d'un diplôme supérieur (Bac +5), leur taux d'emploi (81 %) demeure statistiquement inférieur à celui d'un Français de naissance disposant d'un simple baccalauréat (82 %).
L'Observatoire souligne, en s'appuyant sur les données de l'OCDE, que ces écarts persistent notamment en raison de différences de compétences adaptatives et linguistiques, qui ne sont pas reflétées par le seul diplôme universitaire.
DEUX MYTHES FONDATEURS À REMETTRE EN QUESTION
Quoi qu'on en pense, ces chiffres conduisent à s'interroger sur deux idées largement défendues depuis plusieurs décennies :
• Le mythe selon lequel les étrangers occuperaient les emplois que les Français ne veulent pas occuper. (J'y reviendrai demain)
• L'idée que l'immigration extra-européenne favoriserait la croissance économique, alors même que les taux de chômage y sont sensiblement plus élevés.
Face à une réalité statistique aussi marquée, il appartient au débat public d'examiner ces données et d'en tirer les conclusions qu'il juge pertinentes. Les politiques migratoires gagnent à s'appuyer sur des éléments factuels et des analyses économiques, plutôt que sur des idées préconçues.
https://observatoire-immigration.fr/immigration-et-emploi-en-france-radiographie-dun-deficit/
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