jeudi 23 juillet 2026

OBLIGER LA PARITÉ

 Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) durcit le ton alors que la part de films réalisés par des femmes est en recul.

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À compter du 1er janvier 2027, le dispositif de "bonus parité", en place depuis 2019, évoluera en un système de bonus... mais aussi de malus. Une première en France, qui permettra non seulement de récompenser les productions qui jouent le jeu en matière d'égalité femmes-hommes, mais aussi de sanctionner financièrement celles qui resteront en dessous des objectifs fixés.

Concrètement, les films, séries, documentaires et œuvres d'animation employant au moins 40 % de femmes aux principaux postes de direction et de création bénéficieront toujours d'une majoration de 10 % des aides du CNC. En revanche, les productions qui n'atteindront pas les seuils minimaux verront leur financement réduit de 10 %.

Le CNC justifie ce changement par les résultats jugés insuffisants du dispositif actuel. En 2025, seules 33,5 % des productions éligibles ont obtenu le bonus, contre 37,3 % en 2024 et 39,9 % en 2023. Plus inquiétant encore, la part des films réalisés par des femmes est tombée à 24 % en 2024, son plus bas niveau depuis la création de cette aide.

L'institution publique, présidée par Gaëtan Bruel, souligne également que les films réalisés par des femmes disposaient, en moyenne, de budgets 44 % inférieurs à ceux mis en scène par des hommes en 2025. Le nouveau système abandonnera le calcul par points au profit d'un mode de fonctionnement plus simple, basé sur un nombre minimal de postes-clés occupés par des femmes.

Pour les longs métrages de fiction, 15 fonctions seront prises en compte. Il faudra que six d'entre elles soient occupées par des femmes pour bénéficier du bonus maximal. Les documentaires seront évalués sur 13 postes, avec également un seuil fixé à six. L'animation fera l'objet de critères spécifiques : 21 postes seront examinés pour les films en 2D (dont neuf devront être occupés par des femmes) et 24 postes pour les productions en 3D (avec un minimum de dix).

Le système de malus sera toutefois mis en place progressivement. Dès 2027, les productions ne seront pénalisées que si elles restent sous un premier seuil minimal : trois postes pour la fiction, cinq pour l'animation et deux pour les documentaires. Ces exigences augmenteront ensuite chaque année jusqu'en 2030, date à laquelle elles atteindront les seuils ouvrant droit au bonus maximal.

Avec cette réforme, le CNC affiche clairement son ambition : parvenir à ce que 40 % des postes de création et d'encadrement des productions françaises soient occupés par des femmes d'ici la fin de la décennie.


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