Magnifique vidéo qui résume assez bien le programme économique de LFI et qui contre tous les arguments qui iraient à notre encontre.
— Jean Thomas 🇫🇷 (@jeantomas19) July 29, 2026
Bref, cette vidéo explique pourquoi plusieurs économistes, de tous les pays, soutiennent le programme économique de LFI.pic.twitter.com/vi95W3nDxf
La vidéo est de la propagande pure et simple pour le programme économique de LFI/Mélenchon.
Elle part des plaintes réelles sur le coût de la vie (« la fin du mois c’est l’enfer », factures impossibles), montre les « riches » qui fuient avec leur coffre-fort, fait tomber de l’argent du ciel, oppose PME et grands groupes, invente un « Fonds de Solidarité Inter-Entreprises », promet une augmentation générale des salaires des fonctionnaires, et conclut sur « + d’équité, + de justice, – de questions ». C’est un storytelling émotionnel classique : les problèmes sont réels, la solution est magique, les critiques sont ridicules.
Arguments principaux de la vidéo (tels qu’on les voit)
- Le système actuel écrase les gens ordinaires pendant que les riches s’enfuient avec l’argent.
- Il faut redistribuer massivement (argent qui tombe du ciel, échelle 1 → 20).
- Les grandes entreprises doivent « solidariser » avec les PME via un fonds dédié pour que tout le monde s’en sorte.
- Augmenter les salaires des fonctionnaires est la solution évidente.
- Résultat : plus d’équité et de justice, et les objections disparaissent.
C’est présenté comme validé par « plusieurs économistes de tous les pays ». C’est faux ou très trompeur : les économistes qui soutiennent ce type de programme (hausse massive des dépenses publiques, impôts confiscatoires, contrôles et fonds de solidarité forcés) sont très minoritaires et généralement hors du mainstream empirique.
Évaluation économique (sans filtre)
Ce n’est pas de l’économie, c’est de la comptabilité magique + du wishful thinking.
- Redistribution et impôts élevés La France a déjà l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés de l’OCDE et une dépense publique autour de 57 % du PIB. Continuer dans cette direction ne « libère » pas de l’argent : ça déplace de l’existant et réduit les incitations à investir, à embaucher et à rester en France. Les fuites de capitaux et de talents ne sont pas une invention de droite ; elles sont documentées à chaque vague d’ISF, de taxe sur les super-dividendes ou de hausse de l’impôt sur les sociétés. L’argent qui « tombe du ciel » doit bien venir de quelqu’un. Si ce quelqu’un part ou investit moins, le gâteau rétrécit.
- Fonds de Solidarité Inter-Entreprises Forcer les grands groupes à financer les PME via un mécanisme étatique, c’est de la planification déguisée. Ça distord les prix, réduit la rentabilité des entreprises compétitives et crée un nouveau levier de clientélisme politique. Les grandes entreprises ne sont pas des vaches à lait inépuisables : elles réagissent en relevant leurs prix, en délocalisant, en automatisant plus vite ou en réduisant les embauches. Le coût se retrouve in fine sur le consommateur ou sur l’emploi.
- Augmentation générale des salaires des fonctionnaires C’est populaire, mais c’est financé par l’impôt ou la dette. Sans gains de productivité dans le service public (qui sont structurellement faibles), ça alimente l’inflation ou le déficit. La France a déjà un emploi public très élevé. Augmenter les rémunérations sans condition de performance ou de réforme du statut, c’est purement redistributif et non productif.
- Compétitivité et réalité internationale La vidéo ignore complètement le coût du travail, la fiscalité du capital, la complexité réglementaire et la concurrence asiatique. Baisser le coût du travail (charges, rigidités) attire des investissements et crée des emplois ; taxer davantage et imposer des fonds de solidarité fait l’inverse. Les pays qui ont réussi à reconstruire leur industrie (Allemagne post-Schröder, pays nordiques après leurs crises, Europe de l’Est) ont fait l’opposé de ce que propose LFI.
Les expériences historiques proches (France 1981, Venezuela, Argentine périodique, Grèce pré-ajustement) montrent toujours le même enchaînement : euphorie redistributive → déficits → pression sur la monnaie ou la dette → ajustement forcé ou stagnation. Les « économistes qui soutiennent » ce programme sont généralement des keynésiens de la demande pure ou des post-keynésiens qui minimisent les effets d’offre et les anticipations.
Évaluation sociale
À court terme, une partie de la population (bas revenus, fonctionnaires, bénéficiaires de transferts) peut se sentir mieux. Le discours « nous contre les riches » renforce le sentiment d’appartenance et de justice. C’est politiquement efficace.
À moyen-long terme, c’est plus sombre :
- Moins de croissance = moins d’emplois et de mobilité sociale.
- Polarisation accrue (ceux qui produisent vs ceux qui redistribuent).
- Dépendance croissante à l’État, avec les effets connus sur l’initiative individuelle et la cohésion.
- Les PME et les indépendants, souvent présentés comme les « petits », se retrouvent pris entre les hausses de charges et les obligations de solidarité.
L’inégalité de patrimoine est réelle en France et le coût de la vie pèse lourdement sur les classes populaires et moyennes. Mais la solution n’est pas de faire croire qu’on peut extraire indéfiniment des riches et des grandes entreprises sans conséquences. La vraie question est : comment augmenter le gâteau (productivité, investissement, innovation) tout en protégeant les plus fragiles. La vidéo ne répond pas à ça. Elle vend de l’équité émotionnelle contre de la réalité économique.
En résumé : arguments rhétoriquement efficaces, économiquement naïfs ou mensongers, socialement séduisants à court terme et risqués à long terme. C’est du populisme de gauche classique, pas un programme de croissance soutenable.
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