On allume l’écran, on sort la carte bleue, on paie 15 €, on clique.
Ni urne, ni isoloir, ni carte de parti : une simple adresse mail suffit pour devenir électeur de gauche.
80000 clics plus tard, soit à peine 0,2 % du corps électoral, Raphaël #Glucksmann (@rglucks1) peut ainsi être sacré «candidat de la gauche».
La démocratie française vient de faire un bond historique: elle a désormais la profondeur politique d’un panier Amazon.
Sur 120000 votants, 88000 n’appartiennent à aucun des trois partis organisateurs.
Place Publique revendique moins de 25000 adhérents, mais son champion récolte plus du triple de suffrages.
Miracle de la multiplication des clics !
Qui sont ces électeurs providentiels ?
On ne sait pas.
Qui a vérifié leur identité, leur appartenance, leur représentativité, leur double participation, leur bi-nationalité, leur simple existence ?
On ne sait pas davantage.
Quelles garanties de transparence ?
Quelle légitimité démocratique tirer de cette kermesse numérique ? Autant confier la rédaction de la Constitution à un sondage Instagram.
Le parti de Jaurès, qui depuis Hidalgo 2022 a confié sa stratégie à une cellule spécialisée dans le suicide assisté, ne pose aucune question.
Pas un doute, pas même un froncement de sourcil.
Il lui remet simplement les clés du siège, la caisse, les structures, les élus, les réseaux et ce qui reste de militants.
Dans l’histoire de la colombophilie, on a connu des pigeons dotés d’un meilleur instinct de conservation face aux coucous.
Et pendant que cette social-démocratie sous perfusion s'auto-congratule ur les plateaux entre deux éditorialistes attendris, quelque chose se joue ailleurs, dans ce qu’on appelle encore le réel.
À Clermont-Ferrand, Jean-Luc #Mélenchon (@JLMelenchon) a rassemblé hier 10000 personnes. Pas des adresses mail : des femmes, des hommes, des corps, des voix.
Bref, cette chose qu’on appelle le peuple.

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