mardi 12 décembre 2023

LE CANARD

 Je sais pourquoi je n'ai jamais cru en l'indépendant du Canard.....

Nouvelle plainte, ventes en baisse, pertes… le Canard Enchaîné en eaux troubles

L’hebdomadaire satirique déjà sous le coup d’une plainte pour abus de biens sociaux déposée par l’un de ses journalistes, va être visé par une seconde pour faux. Il traverse une mauvaise passe commerciale.

https://www.linforme.com/medias-culture/article/nouvelle-plainte-ventes-en-baisse-pertes-le-canard-enchaine-en-eaux-troubles_1268.html


Un blog avait déjà soulevé certains problèmes de fonds du Canard https://www.precisement.org/blog/Le-Canard-est-mal-barre.html


[ Mise à jour au 12/09/2022 : signe que nous avions 100% raison en écrivant ce qui suit en 2019, un article du Monde du 8 septembre 2022 pointe le manque criant de sang neuf à la tête de la rédaction du Canard et le conflit générationnel interne révélés par l’affaire Escarro [1].

Mise à jour au 24 /11/2020 :

  • le Canard Enchaîné du 18 novembre publie les comptes 2019 (simplifiés) de la SAS Les Editions Maréchal - "Le Canard Enchaîné". Le résultat négatif est dû à des charges exceptionnelles de 1,4 million d’euros dûes à la faillite de Presstalis, ex-NMPP, la société de diffusion de la presse parisienne
  • et surtout, il annonce son prochain passage en ligne — que nous préconisions ici — : « Bientôt, le Canard plongera vraiment dans le monde du numérique. » Il était temps !]

Le Canard Enchaîné est une institution de la presse française. A plus d’un titre :

  • lancé le 10 septembre 1915, c’est un des plus vieux titres de presse français vivant [2]
  • il est très rentable (pour un organe de presse) et possède assez de réserves financières pour vivre pendant plus de cinq ans sans aucune recette.

Le risque

Le Canard refuse de passer en ligne. C’est une position bien ancrée chez eux. Le comble de ce refus est qu’en fait, le Canard enchaîné a bien une appli, mais réservée aux clients hors UE et Suisse !

Du point de vue de certains veilleurs, s’il ne passe pas en numérique, le Canard Enchaîné va mourir insensiblement, très lentement mais très sûrement en une dizaine d’années [3]. Pourquoi ? Parce que :

Le remède

Pourtant, le Canard pourrait parfaitement être rentable en ligne :

  • son prix est (très) bon marché : 60 euros TTC par an l’abonnement (Mediapart est à 132 euros). Il pourrait donc financer son passage en ligne soit avec ses réserves financières soit par une augmentation du prix de son abonnement
  • Mediapart, lancé en 2008 et qui a atteint son point mort dès 2011, en a fait la démonstration avec ses excellents résultats financiers 2017 : la spécialisation/les niches permettent aux pure players de s’en sortir [6]
  • à part la Lettre A et Mediapart, le Canard n’a plus d’autre concurrent sur le segment des "affaires". Marianne n’est plus vraiment un concurrent sur ce segment.

Emmanuel Barthe
veilleur presse

PS : attention, mettons-nous bien d’accord, je n’ai pas écrit que toute la presse pure player est par définition rentable. Loin de là : des initiatives originales (comme les défunts explicite.info et Owni) et de qualité ont de grandes difficultés [7]. La presse, quand elle n’exploite pas certains filons en nombre très limité — comme les affaires politico-économico-financières ou les "people" — a besoin d’investisseurs prêts à la soutenir contre vents et marées, qu’ils agissent par conviction, par intérêt ou par souci d’influence [8].



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire