mercredi 2 septembre 2026

LINCOLN EN ESCALE

 

Retour sur la terre ferme, l'USS Abraham Lincoln est arrivé à destination : La Thaïlande 

L’escale du navire au port de Laem Chabang, prévue jusqu’à dimanche soir, qui pourrait générer jusqu’à 100 millions de bahts de retombées économiques pour la région, selon le maire de Pattaya — l’équivalent d’environ 2,6 millions d’euros.

Cette "station balnéaire" de Pattaya, où les soldats américains en permission avaient l’habitude de se rendre pendant la guerre du Vietnam, est prête à accueillir les quelques 5 000 membres d’équipage du porte-avions américain Abraham Lincoln, qui depuis plusieurs semaines subissent des problèmes logistiques et structurels du porte avion.

En pleine saison creuse touristique, l'escale du porte-avions est une aubaine pour les commerces locaux.

Une brève escale avant de reprendre le large pour un bon mois pour son retour aux États-Unis...

Ces photos font actuellement le tour du monde : le porte-avions USS Abraham Lincoln entre dans le port de Pattaya, en Thaïlande, la coque striée de rouille, la peinture écaillée et les avions du groupe aérien visiblement fatigués. De quoi surprendre quand on pense à la puissance et au prestige habituellement associés à l'US Navy. Mais avant de crier au scandale, remettons les choses en contexte !

Le Lincoln revient d'un déploiement hors norme : 286 jours en mer depuis son départ de San Diego le 21 novembre dernier, dont 208 jours consécutifs sans la moindre escale portuaire. Re-routé de la mer de Chine méridionale vers le Moyen-Orient pour soutenir des opérations contre l'Iran, il a passé environ 200 jours dans la zone CENTCOM. Un déploiement « classique » de porte-avions dure 6 à 7 mois : celui-ci l'a très largement dépassé.

Et c'est là tout l'essentiel : oui, la rouille et l'usure sont normales dans ce contexte. Un navire de guerre en opération continue, exposé en permanence au sel, aux embruns et aux intempéries, sans passage en cale sèche ni entretien portuaire prolongé pendant près de sept mois, va inévitablement montrer des signes de fatigue en surface. C'est de la corrosion cosmétique liée à l'exploitation intensive, pas un signe de navire hors d'usage, et surtout pas une trace de dommage de combat. 

Mais cette corrosion reste aussi le symptôme visible d'un vrai problème structurel : le report chronique de l'entretien en cale sèche faute de capacité dans les arsenaux et de personnel qualifié, qui pousse la flotte à enchaîner des déploiements toujours plus longs sur des coques privées de leur cycle de maintenance normal.

Cela dit, les spécialistes rappellent aussi qu'une rouille laissée sans traitement peut à terme notamment fragiliser les joints d'étanchéité, d'où l'importance des périodes de maintenance en chantier, justement retardées ces dernières années par des goulots d'étranglement dans les arsenaux américains. 

L'escale à Pattaya, elle, est avant tout une pause méritée : repos et récupération pour les marins et Marines après une mission longue et exigeante, sans exercice militaire conjoint au programme. Car l’équipage aussi a souffert. Des marins ont fait état de pénuries de nourriture et d'eau potable, ainsi que d'une dégradation de la santé mentale à bord ; au moins un militaire aurait été empêché de sauter du navire.



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