Hier c'était la rentrée, et on apprenait que 203 (!!) enquêtes pénales sont ouvertes à Paris pour des soupçons de violences, y compris sexuelles, dans le scolaire et le périscolaire.
Le 31 août, le parquet de Paris a rendu publics ces chiffres : 143 dossiers concernent des maternelles, 36 des élémentaires, 24 des crèches. 184 écoles de la capitale sont ou ont été concernées. 47 ont déjà été classées sans suite. 22 signalements sont encore arrivés en juillet et en août.
Depuis le début de l’année, cent trente-deux animateurs ont été suspendus, dont cinquante-deux pour suspicion de violences sexuelles.
Le même jour s’est ouvert, devant le tribunal de Paris, le procès d’un animateur de l’école Vigée-Lebrun, dans le 15ᵉ arrondissement. Il est accusé d’agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de six à neuf ans. Il a reconnu une partie des faits. Le parquet a requis cinq ans d’emprisonnement, dont un an ferme. Le délibéré est fixé au 15 septembre. C’est le quatrième animateur jugé depuis mai. Deux ont été relaxés, à l’école Titon et à l’école Baudin ; le parquet a fait appel. Un seul a été condamné, le 10 juillet : dix-huit mois avec sursis, pour une seule fillette.
Rappelons que l’agression sexuelle commise sur un mineur de moins de quinze ans par une personne ayant autorité est censée être punie de 10 ans d’emprisonnement. Cinq ans dont un an ferme, la plus lourde condamnation à ce jour dans ce dossier, ce n’est déjà qu’une petite fraction.
Face à une affaire d'une telle ampleur, répondre avec, pour l'instant, une seule condamnation, c'est bien reconnaître le décalage énorme entre la justice et le peuple français. Attendons le verdict du 15 septembre : le suspect a fait ses aveux, une non-condamnation à de la prison ferme serait un signal très fort de laxisme judiciaire en matière de protection de l'enfance.
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