mercredi 19 août 2026

BLUFF ?

 Trump a annoncé que les États-Unis quittent l'OTAN parce que les nations européennes ont refusé de rejoindre sa guerre contre l'Iran. 

En avril 2026, Trump a déclaré qu'il envisageait « absolutely » un retrait américain de l'OTAN. Il expliquait notamment sa colère par le refus de plusieurs alliés européens de soutenir les opérations américaines concernant l'Iran. Reuters rapportait alors qu'il disait être « absolument » en train d'envisager le retrait.

Donc :

  • Il n'a pas annoncé : « Les États-Unis quittent l'OTAN. »
  • Il a dit qu'il envisageait sérieusement de le faire.
  • Aucune procédure de retrait n'a abouti.
  • Les États-Unis sont toujours membres de l'OTAN en août 2026.

Et ce n'est pas uniquement une déclaration rhétorique sans conséquence : l'administration Trump a effectivement étudié différents scénarios concernant la présence américaine en Europe et le retrait éventuel de l'Alliance.

Mais juridiquement, il y a un gros obstacle

C'est probablement le point le plus important.

Le Congrès américain a précisément verrouillé la possibilité d'un retrait présidentiel unilatéral.

La loi fédérale 22 USC §1928f, actuellement en vigueur, dispose que le président ne peut pas retirer les États-Unis du traité de l'Atlantique Nord sans l'accord des deux tiers des sénateurs présents ou sans une loi du Congrès. Elle impose également une procédure de consultation et une notification au Congrès au moins 180 jours avant une telle action.

Cela résulte notamment de dispositions introduites après les premières menaces de Trump contre l'OTAN durant son premier mandat.

Le Congressional Research Service rappelait encore en juillet 2026 que cette disposition constitue une limitation directe au pouvoir présidentiel de retrait. 

Trump pourrait ne pas sortir formellement de l'OTAN tout en réduisant fortement l'engagement américain.

C'est une distinction fondamentale.

Il pourrait par exemple :

  • réduire les troupes américaines stationnées en Europe ;
  • réduire les exercices et les capacités mises à disposition de l'OTAN ;
  • limiter le renseignement ou la logistique fournis aux Européens ;
  • demander aux Européens d'assumer davantage de capacités militaires ;
  • remettre en cause politiquement la garantie de l'article 5.

Et tout cela peut affaiblir considérablement l'OTAN sans qu'un retrait juridique américain n'ait lieu.

C'est d'ailleurs pourquoi le sommet de l'OTAN d'Ankara de juillet 2026 a consacré une partie importante de ses discussions aux critiques de Trump et à la crédibilité de l'engagement américain.

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