François Mitterrand sur les retraites:
— Darius Rochebin (@DariusRochebin) August 17, 2026
«Le danger n’est pas pour aujourd’hui, il est pour après l’an 2000. Ce sont mes successeurs qui auront à s’en occuper.»
Réécouter ce saisissant extrait et le off d’un ministre désabusé: «Les retraites, c’est le jeu de l’avion. Il manque… pic.twitter.com/GZL1Di7ytZ
François Mitterrand n’a pas seulement géré son époque, il l’a clairement anticipée.
En abaissant l’âge de la retraite à 60 ans, en instaurant la 5ᵉ semaine de congés payés, les 39 heures, en consolidant la protection sociale, il a transformé la vie de millions de Français dans un contexte de chômage de masse et mutations industrielles. Ces décisions non démagogiques répondaient à la réalité sociale, l’espérance de vie ouvrière, l’usure physique, tout en modernisant le pacte républicain. Mais à quels coûts ?
Mais surtout, il a été visionnaire.
Dès 1993, il identifiait avec une lucidité rare le vrai horizon : « Le danger n’est pas pour aujourd’hui, il est pour après l’an 2000. Ce sont mes successeurs qui auront à s’en occuper. »
Il savait que le système par répartition, construit sur une démographie d’après-guerre, allait se heurter au choc du baby-boom et à l’allongement de la durée de vie. Il a refusé de casser le modèle social qu’il venait de consolider, tout en laissant clairement la feuille de route à ceux qui viendraient après.
Or, à partir de 1995, ses successeurs ont majoritairement procrastiné, bricolé ou reculé devant le coût politique. Les réformes nécessaires pour sécuriser le système à long terme ont été reportées, diluées ou imposées dans la précipitation, générant crises sociales et défiance durable.
François Mitterrand a fait le job de son temps et a vu beaucoup plus loin.
Ceux qui lui ont succédé ont trop souvent préféré le confort du court terme à la responsabilité de l’avenir.
Le problème des retraites n’est pas né en 2023. Il a été annoncé en 1993. Et il a été sous-traité pendant trop longtemps.
François Mitterrand avait dit : « Je suis le dernier des grands présidents, après moi il n'y aura plus que des financiers et comptables. » Il faut bien lui reconnaître qu'après Chirac qui lui aussi c'est vu dépasser par les événements, les successeurs ont été de très mauvais comptables.
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