" Plus de 50 économistes appellent à « mettre au frigo » la dette détenue par la banque centrale. C'est la position des insoumis depuis 2020, au nom de la sauvegarde des intérêts de l'État face aux spéculateurs des marchés financiers. Débattons-en. La campagne présidentielle mérite mieux que le chantage à la dette pour obtenir le démantèlement de l'État et des services publics."
Jean Luc Mélenchon
L’article 123 du traité européen interdit le financement monétaire des États.
Une « mise au frigo » de la dette française entrainerait un recours devant la CJUE et l'exclusion probable de la France des futurs programmes de soutien de la BCE.
L’annulation de la dette détenue par la BCE a bien un coût. Mélenchon et sa clique abusent de l’ignorance de leurs électeurs.
D’abord, un fait : les intérêts que l’État paie sur cette dette lui reviennent déjà. Le circuit est simple : l’État paie des intérêts à la Banque de France, la Banque de France dégage des bénéfices et elle reverse un dividende à l’État. L’argent tourne en rond. Cette dette est déjà, économiquement, quasi indolore. L’annuler ne libère donc aucune marge budgétaire réelle : c’est déchirer une reconnaissance de dette qu’on s’est faite à soi-même.
Ensuite, les coûts, eux, sont bien réels :
1) La Banque de France se retrouverait avec des fonds propres massivement négatifs. Conséquence : plus de dividendes versés à l’État pendant des décennies. Ce que vous gagnez d’un côté vous le perdez de l’autre.
2) L’article 123 du traité européen interdit le financement monétaire des États. Une annulation unilatérale serait une violation frontale, avec recours devant la CJUE et exclusion probable de la France des futurs programmes de soutien de la BCE. Le jour où les taux montent, plus personne pour nous couvrir.
3) Le signal envoyé aux marchés serait cataclysmique. La France emprunte environ 300 milliards d’euros chaque année pour se refinancer. Nos créanciers, banques, assureurs, fonds de pension, épargnants via leur assurance-vie, verraient un État qui annule sa dette quand ça l’arrange. Ils prêteraient encore, oui. Mais plus cher. Chaque dixième de point de taux supplémentaire, ce sont des milliards de charge d’intérêts en plus, payés par le contribuable, chaque année, pendant des décennies.
"Comme d'habitude, une campagne mensongère de l'extrême droite sur les réseaux sociaux finit par remonter sans filtre dans l'officialite médiatique. Ici, il s'agit de l'annulation d'une partie de la dette de l'État. Sans réfléchir, ni vérifier, les toutous médiatiques répètent"
Jean Luc Mélenchon en réponse aux commentaires contrariant à son plan. C'est la faute à l'extrême droite ! ! !
Explication technique d'une chef économiste de la direction générale du trésor.
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2020/11/30/annuler-la-dette-detenue-par-la-bce-est-ce-legal-utile-souhaitable
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