lundi 31 août 2026

SURENCHERE

 « Ils me pendront ».



Ces mots sont attribués à Vladimir Poutine alors qu'il évoquait le risque de mettre fin à la guerre sans contrôler totalement le Donbass.

Selon The Economist, Vladimir Poutine se retrouverait aujourd’hui dans une impasse. Incapable d’obtenir les résultats militaires espérés malgré des pertes considérables (estimation 1,2 millions de morts et blessés dans les rangs de l'armée régulière, sans compter les civils), mais également incapable de mettre fin à la guerre sans donner l’impression d’avoir échoué. 

Pour le Kremlin, terminer le conflit sans avoir conquis l’ensemble du Donbass pourrait désormais représenter une menace existentielle pour le régime. Derrière cette phrase évoquée se dessinerait alors la peur fondamentale de tout dictateur : non pas seulement l’ennemi extérieur, mais son propre peuple lorsque celui-ci cesse d’accepter les sacrifices imposés par le pouvoir.

Poutine pourrait donc choisir une nouvelle fuite en avant avec intensification des frappes contre l’Ukraine, une escalade hybride de plus en plus frontale avec l'Europe et l'envoi de 300 000 à 400 000 soldats supplémentaires en Ukraine sans mobilisation officiellement annoncée.

Plus Poutine craint qu'une défaite ou un compromis ne fragilise son pouvoir, plus il est incité à poursuivre et intensifier une guerre qui alimente précisément le mécontentement qu’il redoute. Une spirale infernale dans laquelle la Russie s'est engagée toute seule, sans que personne ne l'y ait poussée.

« Ils me pendront », peut-être n'est-ce qu'une question de temps.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire