Il faut annuler la partie de la dette détenue par la Banque centrale européenne en la mettant au frigo. C'est une dette à nous-mêmes puisque nous sommes membres de l'Euro !
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) August 27, 2026
Si je suis élu, je trouverai des alliés pour réaliser cette proposition. Nous ferons ainsi baisser les… pic.twitter.com/Z2Iww54apQ
FRANCE : MÉLENCHON PERSISTE SUR LA DETTE — ET CETTE FOIS IL PREND LES ÉTATS-UNIS EN EXEMPLE.
« Les États-Unis rachètent leur propre dette ! Pourquoi ne pas faire pareil ? » Excellent. Sauf qu’ils font précisément…L’INVERSE DE CE QU’IL PROPOSE. Le Trésor américain rachète bien des obligations. Mais savez-vous ce qu’il fait ensuite ? IL EN ÉMET D’AUTRES. Le Treasury américain le dit lui-même : les buybacks ne doivent « pas affecter significativement l’endettement net puisque de nouvelles émissions remplacent les titres rachetés ». Voilà donc le système américain : vieille obligation → rachat → retrait du titre puis : nouvelle obligation → marché → nouvel investisseur. Ce n’est pas : DETTE → CONGÉLATEUR → ABRACADABRA → PLUS DE DETTE. Les buybacks de Bessent servent principalement à : améliorer la liquidité, gérer les maturités, faciliter le fonctionnement du marché. Et Washington continue simultanément à emprunter des centaines de milliards. Donc utiliser les États-Unis pour justifier l’annulation de la dette BCE est un magnifique contresens. Puis Mélenchon dit : « C’EST UNE DETTE À NOUS-MÊMES. » Là encore, raccourci. L’Eurosystème détient certes de la dette publique. Mais la BCE n’est pas le compte courant du gouvernement français. Elle possède : un bilan, des passifs, des réserves bancaires rémunérées, des règles de partage des profits et pertes,et surtout une indépendance juridique vis-à-vis des États. La BCE elle-même a déjà tranché : ANNULER LES DETTES SOUVERAINES DÉTENUES PAR L’EUROSYSTÈME “N’EST PAS UNE OPTION”. Parce que cela contreviendrait aux traités et compromettrait la crédibilité de la politique monétaire. Enfin Mélenchon promet : « NOUS FERONS AINSI BAISSER LES TAUX D’INTÉRÊT. » C’est précisément le point qu’il ne peut pas décréter. Un taux souverain est aussi le prix de : la crédibilité, la solvabilité, l’inflation attendue, la liquidité et la prime de risque politique. Si vous réduisez artificiellement le stock affiché de dette mais que les investisseurs commencent à se demander quelle créance sera « mise au frigo » la prochaine fois…LE TAUX PEUT PARFAITEMENT MONTER AU LIEU DE BAISSER. Même les rachats américains de Bessent, pourtant infiniment moins radicaux, sont actuellement accusés par Druckenmiller de détériorer la crédibilité du marché Treasury. Donc résumons. LES USA RACHÈTENT ET REFINANCENT. MÉLENCHON VEUT RACHETER ET NE PLUS REFINANCER UNE PARTIE DE LA DETTE. Ce n’est pas une nuance. C’EST TOUT LE SUJET. Et il a raison sur un point : ne caricaturons pas sa proposition. Il suffit de la comparer exactement à ce que font les États-Unis. ELLE SE CARICATURE TRÈS BIEN TOUTE SEULE.
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