Selon Le Canard enchaîné, les ministères de la Santé et des Armées travailleraient à un manuel destiné aux soignants civils dans l’hypothèse d’un « engagement majeur » de la France.
Objectif : former le personnel hospitalier à une compétence qu’il n’exerce plus depuis des décennies, la prise en charge du polytraumatisé de guerre.
La France y figure en « nation arrière » d’un conflit à l’Est, dans le cadre de l’OTAN. Les hôpitaux civils accueilleraient des blessés dits « de seconde main » déjà stabilisés en zone avant, pour leur réparation et leur réhabilitation, physique et psychique.
Le guide décrirait aussi une « polycrise » : pénuries de matières premières, cyberattaques, terrorisme, désinformation, établissements de santé eux-mêmes susceptibles d’être visés.
En cas de saturation, le texte aborderait la priorisation de certaines ressources, voire leur réservation à certaines catégories de patients, avec une baisse assumée des standards de soin pour tous les malades.
Mon analyse 👇
Qu’un ministère organise le rationnement des soins par simple circulaire, sans loi ni débat, aurait dû faire scandale dans un pays où l’égalité d’accès aux soins tient lieu de pacte social depuis 1945.
Si personne ne s’en émeut, c’est que dix-huit mois d’« économie de guerre », de « haute intensité », de « menace russe », de « course à l’armement » et de guides de survie ont fait le boulot..
Non pas convaincre, mais habituer, jusqu’à supprimer la capacité de s’étonner. Le seuil de l’acceptable s’est déplacé par doses trop faibles pour alerter.
Et quand le document sortira, il ne choquera personne. On en discutera les modalités. Jamais le principe.
C’est méthodique.
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