vendredi 28 août 2026

DANS LE VISEUR

 

Trente ans que cet homme nous explique comment bien vivre.

Trente ans qu’il occupe l’antenne publique pour nous parler d’environnement, de modestie, de vivre-ensemble et d’humilité, pendant que sa propre existence contredit chaque mot.

Une candidate de son jeu veut s’acheter un fourgon diesel pour travailler. Il la recadre en direct, moqueur, sur le ton de celui qui sauve la planète. Quelques semaines plus tard on le retrouve en avion pour un match, en tribune au Qatar, sur un yacht ou dans sa villa de Saint-Tropez estimée à dix millions d’euros, piscine comprise. Il collectionne les Louboutin, roule en Porsche de collection et en Tesla avec chauffeur. Le même qui a déclaré sans complexe qu’il gagne très bien sa vie et qu’il n’a pas à s’en cacher.

Le mécanisme est simple. Il a bâti une fortune colossale sur le service public. Contrats de production juteux, parts dans Banijay valorisées en dizaines de millions, cachets annuels estimés entre sept cent cinquante mille et un million d’euros, plus la radio. L’argent des Français finance l’homme qui leur enseigne la vertu. Pendant ce temps il signe des tribunes contre le Rassemblement national, menace de quitter le pays si le Front national arrive au pouvoir, et utilise son micro pour faire passer des leçons de morale que personne n’ose contester sur le plateau. Le service public lui offre la caisse de résonance. Lui offre le confort. Lui offre l’impunité morale.

La conséquence est civilisationnelle. On a laissé s’installer une caste qui prêche la frugalité depuis ses villas, la solidarité depuis ses comptes en banque et le vivre-ensemble depuis ses listes noires d’artistes. Nagui n’est pas une exception. Il est le prototype réussi. Celui qui a compris qu’il suffisait de parler le langage de la gauche bien-pensante pour continuer à s’enrichir sur le dos de ceux qu’on moralise. Le wokisme n’est pas une idéologie. C’est un costume de scène. Derrière le costume, il y a toujours le même type qui prend l’avion, qui compte ses millions et qui vous regarde de haut quand vous voulez juste bosser.

Il restera le symbole parfait de ce que trente ans de télévision publique nous ont imposé : la leçon permanente d’un homme qui ne s’applique rien.

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